Des prix étaient déjà plus élevés que la moyenne, l’hôtellerie de qualité et de caractère, une cave que l’on ne commente plus… Économiquement, cette 2e étoile ne devrait pas bouleverser la trésorerie d’Anne de Bretagne par des investissements inconsidérés. Comme le dit justement Philippe Vételé, “les quinze premières années nous avons remboursé et les quinze dernières nous nous sommes fait plaisir”.
Souvent relégué ces derniers temps au second plan face aux multiples récompenses reçues par la sommelière Michèle Vételé, le chef Philippe Vételé reprend logiquement le devant de la scène. Car cet autodidacte a pris des risques, les a assumé et n’a pas renoncé. Il impose sa cuisine iodée et épurée avec des plats signature comme ce Bar de ligne basse température concassée de sardines, cette Déclinaison d’huîtres désormais immortalisée en mise en bouche ou plus récemment sa Marinière de palourdes, couteaux et poireaux sorbet vinaigrette. “Je ne me suis pas fabriqué un style, cette cuisine me parle. La pêche à pied c’est mon domaine. Et j’aimerais arriver à quelque chose de plus épuré encore”, confie le nouveau président de Tables & Saveurs de Bretagne.
Un cheminement évident et fortement marqué par la 1re étoile qui“ a permis de structurer la cuisine, d’être moins saisonnier, de garder l’équipe…”, comme son second Pascal Hamon, Rodrigue Palvadeau, Patricia Serot, Sabrina Huss et Romain, son fils parti récemment reprendre le bistro à Pornic.
Et comment ne pas évoquer les fameux accords mets et vins travaillés avec Michèle dans le petit carré des officiers. “Notre atelier dans lequel nous allons élaborer nos plats et nos menus bacchus. C’est devenu l’identité de la maison.”