À Antibes, une nouvelle génération de chefs perce dans le paysage mais c’est un ‘ancien’ qui fait l’actualité ! Au «Figuier de Saint-Esprit», qu’il a ouvert en novembre 2007, Christian Morisset, esprit jeune et moustache dalienne, vit sa deuxième vie de chef sur les remparts d’Antibes. Il a transformé cette adresse sans vue mer mais avec délicieux patio orné d’un figuier antique, a inclus une cuisine high-tech (600 000 € pour sa rénovation et celle du restaurant) et s’est rappelé au bon souvenir des clients qui l’avaient connu à 2 étoiles à l’Hôtel Juana, à Juan-les-Pins. En deux saisons, il est revenu à son meilleur et décroche cette année une étoile. Pour ce Poitevin, fils d’ouvrier agricole qui rêvait d’être pâtissier, accomplit son apprentissage à Ruffec, débuta en cuisine en 1978 et assure devoir son premier emploi au service des petites annonces de L’Hôtellerie Restauration, l’aventure de la gastronomie continue.
Dix-sept ans à 2 étoiles
Son parcours ressemble à un beau livre gourmand. Le Mas d’Artigny à Saint-Paul de Vence, La Chèvre d’or à Eze-Village, La Bonne Auberge à Antibes, à la grande époque de Jo Rostang, l’été 1981 au Juana avec Alain Ducasse, puis Le Moulin de Mougins où il devient second de Roger Vergé, le Château d’Esclimont, à Saint-Symphorien-le-Château, de 1985 à 1987, sont ses premières références.
Il apprend que les propriétaires du Juana cherchent un successeur à Alain Ducasse. Il y conserve les deux étoiles gagnées en 1984 par son prédécesseur et les gardera plus de dix-sept ans, jusqu’en mars 2005, date de son départ. Au Figuier, il emploie huit salariés dont son épouse Josiane et, en cuisine, ses fils Jordan et Mathias et son ancien sous-chef Christophe Griss. Une histoire de famille ! “Je suis heureux de cette étoile qui consacre mon retour à la ‘vraie vie’ et de pouvoir cuisiner dans un restaurant à taille humaine où je peux soigner mes clients pour une quarantaine de couverts.” Soignés, en effet, voire bichonnés par cet artisan exigeant à la belle cuisine méditerranéenne.