À l’origine, avant le Bistrot K, il y avait à South Kensington, quartier huppé du centre de Londres, l’Ambassade de l’Île. Ce restaurant, 1 étoile dans le guide Michelin 2009, scellait l’association entre deux Lyonnais : Jean-Michel Aulas, par ailleurs patron de la CEGID et président de l’Olympique lyonnais, et Jean-Christophe Ansanay-Alex, cuisinier confirmé puisque doublement étoilé en son Auberge de l’Île, sur l’Île barbe, dans la région lyonnaise. ‘JMA’ raconte : “Lorsque nous nous sommes rencontrés avec Jean-Christophe, celui-ci m’avait vendu l’idée de réussir un restaurant à Londres avec son projet. Londres, c’est prestigieux et la restauration, c’est passionnant. Lorsque l’on est entrepreneur, on aime bien que les projets aboutissent.” (1)
Mais le ‘bail’ entre les deux associés d’hier a fait long feu. Se retrouvant seul maître à bord par le biais de sa holding personnelle ICMI, Jean-Michel Aulas et son fidèle bras droit Patrick Bertrand, n’ont pas renoncé. “L’idée a donc été de transformer le restaurant étoilé en brasserie de luxe. Je suis persuadé qu’à Londres, il y a la place de faire ce que Costes a fait à Paris.” Depuis novembre 2009 et la réouverture dans une formule revue et corrigée, l’établissement est devenu Bistro K (prononcer ‘Bistroquet’).
Une touche de modernisme
Voilà donc Bistro K, un restaurant et lounge bar lancé au début de l’automne 2009, où dans un décor très moderne avec lumières tamisées et fond musical pour l’ambiance, le chef Armand Sablon, un Anglais déjà présent au piano de l’Ambassade de l’Île, propose une cuisine française revisitée avec une touche de modernisme. “Nous lui avons demandé de faire des plats identifiés”, précise Jean-Michel Aulas qui revendique la paternité du saumon fumé Coupe Tsar ‘JMA’ qui remporte autant de succès que le Filet de bœuf pommes frites et sauce béarnaise, le Filet de loup rôti avec purée de potimarron et jus parisien voire, côté douceur, le chocolat fondant et sa glace vanille.
Dans sa nouvelle configuration, les clients peuvent profiter de 90 couverts en salle, d’une vingtaine au lounge et d’une quinzaine en terrasse dès que les conditions le permettent. Sans oublier un salon privé d’une douzaine de places, très prisé par la clientèle d’affaires de ce quartier de Londres.
“Démontrer la validité de nos choix”
En accueillant non seulement une clientèle de particuliers mais également celle des cocktails (avec une capacité de 200 à 250 personnes), Patrick Bertrand qui veille sur le bon équilibre financier de l’affaire, estime pouvoir tabler sur un chiffre d’affaires oscillant entre 800 000 et 1 million de livres. C’est en tout cas l’ambition affichée.
“Il est primordial de valoriser le concept et son image, mais aussi de démontrer la validité de nos choix, insiste Jean-Michel Aulas. Si dans son concept Bistro K fonctionne bien, nous verrons peut-être à le reproduire en France voire à New York qui est une destination qui me tente. Un projet n’a de valeur que s’il est économiquement viable”, ajoute le patron.
(1) À Lyon, en association avec Paul Bocuse mais par le biais de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas est déjà impliqué dans la brasserie Argenson, à deux pas du stade Gerland où évolue le septuple champion de France de football.