Benjamin Toursel et son épouse Agathe s’interrogent : à quoi cela sert-il de travailler douze à quinze heures par jour l’été pour, l’hiver, attendre d’hypothétiques clients ? “Deux couverts le midi, quatre le soir, ça ne motive pas”, affirme Benjamin Toursel. Aller ailleurs ? “Nous avons tout créé ici. Nous y croyons encore”, souligne-t-il.
À presque 37 ans, et après quinze ans de vie professionnelle, Benjamin Toursel n’a aucun regret. Et malgré les difficultés, la passion est toujours là, récompensée en 2008 par une étoile Michelin. “On a eu plus de monde. J’ai embauché un cuisinier. Je croyais avoir plus de temps pour réfléchir car il faut évoluer. Mais le cuisinier a dû s’arrêter. Ce n’est pas facile d’attirer un jeune ici. Tout seul, on s’essouffle mais si on embauche cela devient difficile sur le plan financier”, constate Benjamin Toursel.
Se rapprocher d’une grande ville
“Il faudrait nous rapprocher d’une grande ville, d’une région où il y a plus d’entreprises. Nous ne voulons plus passer des hivers à nous morfondre. Il ne faut pas partir pour partir. Il faut un projet, s’en aller sereinement”, dit-il, d’une voix posée. Reste à trouver le lieu pour qu’Agathe ne soit plus seule en salle, seule à la comptabilité, à la cave et que Benjamin puisse commencer “humblement une deuxième carrière”.