“On a passé une étape importante, celle du quart de siècle. Cela signifie qu’on a survécu à plusieurs crises”, explique Ariane Daguin. Sa société, D’Artagnan, a vaillamment résisté à la récession de 2009 et a réussi à maintenir son chiffre d’affaires à 50 millions de dollars (36,7 millions d’euros).
Basée à Newark dans le New Jersey près de New York, sa société réalise environ 65 % de son chiffre d’affaires avec les restaurateurs, 25 % avec les magasins et 10 % sur internet. “L’internet est ce qui grandit le plus vite”, explique Ariane Daguin. Mais les trois canaux de distribution sont complémentaires, selon elle: “Cela se fait en plusieurs étapes. Les gens découvrent d’abord un produit au restaurant et viennent ensuite l’acheter en magasin ou sur internet. C’est parce que les chefs ont commencé à mettre le chevreuil sur leurs cartes que les Américains se sont mis à manger du chevreuil.”
Fille d’André Daguin, Ariane était venue à New York faire des études de journalisme à l’université Columbia. Dans la grosse pomme, elle a travaillé à la charcuterie des Trois petits cochons avant de monter D’Artagnan, devenu le premier distributeur de foie gras aux États-Unis. L’entreprise vend aujourd’hui des viandes, pâtés, foie gras, mousses, terrines et truffes. “On est spécialisé, et je veux garder notre niche, dans la protéine d’origine animale et le champignon. On ne va pas commencer à distribuer du fromage pour remplir le camion.”
La diversification de l’offre reste donc limitée. En Juillet 2008, D’Artagnan introduit lors du salon professionnel américain Fancy Food Show une nouvelle gamme de bacon et hot dog fabriqués “de la bonne façon sans conservateur”. À la faveur de la crise, la gamme, plus accessible au client moyen, figure désormais parmi les meilleurs ventes de la société. “On note une certaine évolution. Avant, nos clients restaurateurs étaient essentiellement les restaurants quatre étoiles. Aujourd’hui on compte aussi des petits bistrots.”
Ariane Daguin souhaite élargir son implantation géographique sur le territoire américain. Actuellement, D’Artagnan distribue essentiellement dans le nord-est des États-Unis. Des camions partent toutes les nuits de New York en direction de Washington et de Boston, où des camionnettes viennent à leur rencontre. Elles sillonnent ensuite les villes pour livrer aux restaurants le matin. Sur le même modèle, D’Artagnan a débuté une activité en Floride, grâce à un container envoyé quotidiennement à Miami par avion. “La Floride est un bon endroit pour tester le modèle, car il y a une grande concentration de restaurants. On a commencé cette saison et c’est très prometteur.” Les 25 prochaines années de D’Artagnan s’annoncent bien.
| Les chefs gascons débarquent à New York |
La fête s’annonce gigantesque. Pour célébrer les 25 ans de D’Artagnan, une délégation de 200 gascons sera à New York du 17 au 22 février. “Les copains restaurateurs, et puis les rugbymen, les musiciens, les artistes ont décidé de se joindre aux festivités. Ça a grossi comme ça.” Les 200 bérets arriveront mercredi 17 février dans un Airbus réquisitionné pour l’occasion.
Au programmes des festivités, figurent notamment un lancé de bérets, un dîner pour 80 personnes à la James Beard House, un match de rugby a Central Park et un dîner itinérant des plus grands chefs étoilés des deux côtés de l’Altantique. Chaque plat sera servi dans un restaurant trois étoiles de New York (Daniel, Jean Georges, Per Se, Le Bernardin). Un bus qui carburera à l’armagnac emmènera les convives entre chaque restaurant.
La soirée commencera avec cocktails et hors d’œuvre de Philippe Combet, Richard Poullain, Bernard Ramouneda et Jean-Pierre Xiradakis. Au menu, des plats de Daniel Boulud avec Jean-Marie Gautier, Jean-Georges Vongeritchen avec Michel Trama , Daniel Humm avec les frères Jacques et Laurent Pourcel, Thomas Keller avec Hélène Darroze, Eric Ripert avec Thierry Marx et Philippe Urraca. “C’est exceptionnel. Je suis très fière d’avoir réuni tous ces chefs trois étoiles ensemble”, note Ariane Daguin. |