Lundi 26 octobre : l’effervescence règne dans les cuisines de l’hôtel Grand Hyatt São Paulo. Vingt-quatre chefs français, soit une vingtaine d’étoiles, se sont retrouvés pour offrir un “dîner des générations France Brésil” d'anthologie. “L’an dernier, nous avions invité l’avant-garde espagnole autour de Ferran Adrià. Cette fois-ci, à l’occasion de l’Année de la France au Brésil, nous rendons hommage aux pères de la gastronomie et à ces chefs français qui vivent au Brésil et ont influencé la cuisine brésilienne”, explique Mariella Lazaretti, directrice du marketing de la revue Prazeres da Mesa, à l’origine de l’événement.
Il y a exactement trente ans, Claude Troisgros et Laurent Suaudeau arrivaient au Brésil et commençaient à marier produits locaux et haute gastronomie. Considérés comme les pionniers d’une nouvelle cuisine franco-brésilienne, ils ont passé plusieurs mois à mettre sur pied ce menu signé par eux-mêmes, dix chefs français installés au Brésil (Alain Poletto, Pascal Valero, Éric Berland, Patrick Ferry, Christian Formon, Emmanuel Bassoleil, Roland Villard, Laurent Hervé, Fabrice Le Nud, Alain Uzan) et douze chefs invités : Sylvain Portay, Mauro Colagreco, Emmanuel Renaut, Marc Meneau (représenté par Aurélien Gransagne), Philippe Jousse, Stéphane Raimbault, Gérald Passédat, Jean Michel Lorain, Laurent Tourondel, Régis Marcon (représenté par Alain Fauconnet ), Christophe Larrat et Christophe Michalak. “La cuisine française, c’est la culture des différences. Ce n’est pas une cuisine sous influence, c’est une cuisine qui influence. Ce menu en est une bonne démonstration”, juge Alain Ducasse, invité d’honneur.
Un diner qui “marquera l’histoire de la gastronomie au Brésil”
Illustrant cette diversité, Laurent Suaudeau a proposé une Côte à la milanaise, jus de jabuticaba et crème de petits pois, Stéphane Raimbault un Capuccino truffé de Saint-Jacques et huîtres au champagne, tandis que Gérald Passédat a voulu montrer que “la cuisine d’instinct et les fondamentaux perdurent dans le temps”, avec un Loup Lucie Passédat. Selon Claude Troisgros, “ce dîner exceptionnel marquera l’histoire de la gastronomie au Brésil”. Au total, 9 amuse-bouches et 15 plats se sont succédé, les 120 convives triés sur le volet ont déboursé 1 900 euros par tête, et les fonds seront reversés à des institutions sociales travaillant autour de la gastronomie.
Jusqu’à vendredi, la Semaine de la Table se poursuit avec des dîners harmonisés, des workshops, des dégustations, des conférences et de nombreux intervenants étrangers (l’Italien Carlo Cracco, l’Espagnol Jordi Roca) et Français (Alain Ducasse, Olivier Roellinger…). 10 000 personnes, venues du Brésil et des pays voisins, devraient assister à la manifestation.