Baisse de la TVA : les restaurateurs privilégient l’emploi à la baisse des prix
samedi 10 octobre 2009 13:13
Voici les résultats d’un sondage Ifop réalisé la semaine dernière pour la mutuelle Médicis auprès de restaurateurs et de clients.
65% des restaurateurs interrogés estiment que leur activité
économique est satisfaisante, jugement légèrement supérieur à celui émis par
l’ensemble des commerçants en mai 2009 (62% - Observatoire des commerces Vague
4). Cependant l’impact de la crise économique reste important : 71% des
professionnels de la restauration ont observé une baisse de la fréquentation
depuis l’automne dernier. 65% d’entre eux constatent également une réduction de
la facture moyenne d’un repas dans leur établissement, tendance plus nettement
marquée en région parisienne (79%).
87% des français se rendent au restaurant mais à différentes
fréquences : 62% des français y vont de temps en temps, 15% régulièrement et
10% souvent. 13% des personnes interrogées déclarent ne jamais aller au
restaurant.
Une mesure
unanimement approuvée par la profession
92% des restaurateurs interrogés considèrent que la baisse
de la TVA à 5.5% est une bonne mesure avec une adhésion plus forte parmi les
restaurateurs qui estiment que leur activité est satisfaisante et qui n’ont pas
observé de baisse de fréquentation. Seuls 7% émettent un avis négatif sur la
baisse de la TVA. L’approbation est plus intense dans le sud est (60% estiment
qu’il s’agit d’une très bonne mesure) et le sud ouest (63%).
Priorité au maintien de
l’emploi
En un trimestre, la baisse de la TVA a permis à 70% des
restaurateurs de maintenir de l’emploi et à 65% d’entre eux de baisser leurs
prix. Côté grand public, plus de la moitié des français (55%) constatent une
baisse des prix dans les restaurants.
Les autres usages ont été appliqués par une minorité de restaurateurs
: 42% des établissements ont ainsi réalisé des investissements, 36% ont
amélioré leurs marges, 32% leur trésorerie et 33% ont embauché.
Le maintien de l’emploi a davantage été mis en œuvre par les
hôtels-restaurants (77%) et les établissements de 10 à 49 salariés (94%). Ce
sont en majorité les établissements de plus de 10 salariés qui ont pu baisser
leurs prix (73% contre 60% dans les restaurants sans salariés).
Répartition des
ressources financières récupérées grâce à la TVA
En moyenne, sur 100 euros :
- 24 euros ont servi à financer le maintien de l’emploi
menacé,
- 22 euros ont été affectés à la baisse des prix,
- 17 euros sont venus renforcer les investissements,
- 12 euros ont servi à l’embauche de nouveaux salariés,
- 9 euros ont été consacrés à l’amélioration des marges,
- 8 euros à celle de la trésorerie,
- 7 euros à celle des salaires
- 1 euro à des usages divers
Cette répartition varie selon le type d’établissement. Les
hôtels-restaurant ont ainsi privilégié le maintien de l’emploi (31€) au
détriment des embauches (7€ contre 13€ dans la restauration traditionnelle) et
de l’augmentation des salaires (4€). Les restaurants sans salariés ont favorisé
la baisse des prix (25€) et les investissements (21€) tandis que les
établissements de plus de 10 salariés ont préféré améliorer leurs marges
(11.5€) et augmenter les salaires (16€).
Des prix déjà au plus
bas pour certains restaurateurs
La principale raison (78%) qui a conduit les restaurateurs à
ne pas baisser leurs prix est le fait qu’ils affichent déjà des prix planchers,
techniquement impossibles de réduire davantage sous peine de mettre en péril
leur établissement. Ce facteur est évoqué davantage en région parisienne (87%)
et dans la restauration traditionnelle (85%).
Un quart d’entre eux
a préféré améliorer la qualité de ses plats
Une baisse des prix
sur 8 plats en moyenne
Lorsqu’elle a été pratiquée, la baisse des prix concerne en
moyenne 8 plats : 43% des restaurateurs
l’ont appliquée sur au moins 7 plats comme cela était convenu dans le Contrat
d’avenir qui officialise la baisse de la TVA à 5.5%.
Un impact limité sur
la fréquentation des restaurants
Seuls 12% des restaurateurs ayant répercuté la baisse de la
TVA sur leurs prix ont observé une hausse de la fréquentation contre 87% qui
constatent un statu quo dans ce domaine. La hausse moyenne de la fréquentation
est importante lorsqu’elle est constatée : 11%. C’est en région parisienne que
l’effet sur la fréquentation est plus nettement ressenti (20%).
La baisse des prix ne
constitue pas un moyen de distinction efficace vis-à-vis de la concurrence
Tel est le retour de 66% des restaurateurs. Moins d’un tiers
(32%) des professionnels ayant baissé leurs prix estiment que la variable prix
permet de se démarquer des concurrents. Le levier de la baisse des prix
apparaît plus performant dans les petits établissements (de 1 à 5 salariés à
38%) et en région parisienne (40%).
Des intentions
d’usage variées dans les mois à venir
Les restaurateurs expriment fortement leur intention
d’affecter les ressources supplémentaires liées à la baisse de la TVA au
maintien de l’emploi (79%). Arrivent ensuite l’amélioration de la trésorerie
(67%), la réalisation d’investissements (64%) et l’augmentation des marges
(59%).
Seuls 20% des restaurateurs déclarent qu’ils vont baisser
leurs prix avec un chiffre plus élevé parmi ceux qui ont déjà pratiqué une
baisse (23%). La situation économique d’un établissement jugée « pas
satisfaisante » encourage davantage à baisser les prix (25% contre 17% quand
l’activité est satisfaisante).
Le maintien de l’emploi reste surtout envisagé par les
structures comprenant de 1 à 5 salariés (84%) et de 6 à 9 salariés (95%).
| Méthodologie de l’enquête |
Sondage réalisé par l’Ifop pour Médicis auprès des deux
échantillons :
Échantillon de 301 restaurateurs représentatif des
entreprises françaises du secteur de la restauration (Hôtels Restaurants ;
Restauration traditionnelle ; Cafeterias et libres services ; Débits de boisson
hors sandwicheries et fast food exerçant
une activité de restauration). Les interviews ont eu lieu sur le lieu de
travail des personnes interrogées du 2 au 5 octobre 2009. La représentativité
de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (taille d’entreprise,
secteur d’activité).
Échantillon de 1004 personnes, représentatif de la
population française âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont eu lieu par
téléphone au domicile des personnes interrogées du 1er au 2 octobre 2009. La
représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas
(sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par région et
catégorie d’agglomération.
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