Elle a 32 ans et a déjà beaucoup voyagé. Stéphanie Jenny a pris son temps pour s'installer. Question de “maturité”, assure la souriante jeune femme. Le Picobello est une affaire qui roule. Probablement parce que la maîtresse des lieux évolue dans ce milieu depuis son plus jeune âge : sa mère et ses cousins sont ou étaient restaurateurs, tandis que du côté paternel, on travaille la vigne.
La voie gastronomique était toute tracée et pourtant, elle a d'abord passé son baccalauréat général avant de s'orienter vers un BTS au lycée hôtelier Alexandre-Dumas à Illkirch (67). Après avoir parcouru le monde (Londres, New York, l'Espagne et l'Italie), elle est revenue en France où elle a travaillé dans les plus grandes maisons (Le Crocodile à Strasbourg et les restaurants parisiens de Joël Robuchon…). Après une formation en gestion à l'Afpa, cette Strasbourgeoise pur jus a ouvert son établissement de 50 couverts en octobre 2007. “J’aime la salle, le contact avec le client. J'ai été formée à la cuisine mais ce n'est pas mon truc”, sourit-elle.
Fait maison
C'est donc Olivier Bigler qui officie aux fourneaux pour une cuisine d'inspiration italienne et ensoleillée, mais sans pizza. La carte change 4 fois par an, et les suggestions sont dictées par le marché. Poisson et crustacés y ont notamment la part belle, ainsi que les produits frais “à la demande des clients”. Tout y est fait maison à l’exception des pâtes, dont la logistique et le coût s’avèrent trop lourds pour une entreprise qui ne compte que 3 personnes à temps plein. Centre ville oblige, la clientèle est plutôt ‘business’ le midi (avec un ticket moyen à 14 €). Le soir, les lumières se tamisent pour une ambiance plus intime (ticket moyen : 25 €). La décoration très sobre en rouge, écru et bois foncé, choisie par la patronne et sa mère, s'y prête. L'enseigne a ses habitués, la presse, l'accueil, le site internet, les prix raisonnables et surtout le bouche à oreille ont aidé l'affaire à décoller et à ne pas trop souffrir de la crise.