Alain Perillat n’a jamais quitté sa région. Né à Thônes, fils d’enseignante, grand-mère enseignante, frère directeur d’école, il avait une voie toute tracée. Mais il n’aimait pas l’école. Ou plutôt l’école ne l’aimait pas. “À 14 ans, je ne savais pas ce que je voulais faire. J’ai du choisir un métier. Je suis rentré en cuisine par hasard, sans passion. Le déclic s’est produit chez mon 2e patron : Guy Barbin, chef charismatique, qui a su me transmettre sa passion et le goût du métier.” “Un autre chef m’a profondément marqué. J’ai travaillé 7 ans avec Laurent Petit (2 étoiles à Annecy le Vieux). 7 ans d’échanges et de fusion, de collaboration et d’aventures partagées. Laurent Petit m’a donné des responsabilités, m’a appris à gérer du personnel, j’ai vécu l’ascension de l’établissement, la première étoile.” Il est temps alors pour Alain de s’installer. Fin 2001, Delphine et Alain Perillat réalisent leur rêve : un hôtel-restaurant, avec vue époustouflante sur le lac, est à vendre au Bourget-du-Lac. “Nous avons saisi l’opportunité. Au début, je n’osais pas proposer les chambres, tant elles étaient vieillottes. Nous avons repeint la salle, confectionné les nappes et les rideaux, et nous nous sommes lancés, toujours en pratiquant des prix raisonnables.” Sept ans plus tard, tout est rénové et l’étoile vient couronner une carte inventive. “Je pratique une cuisine d’instinct, explique le chef. C’est un peu compliqué pour ceux qui m’entourent. J’attends d’avoir le produit en main et je crée la recette. J’en écris les bases qui seront toujours retravaillées, selon les jours, au dernier moment. C’est déroutant pour ma brigade, mais je fonctionne comme cela. Cette étoile est un grand bonheur, une reconnaissance du travail accompli. Je pense à tous mes patrons qui m’ont tant apporté et forgé mon caractère à ce métier-là. Maintenant, il faut progresser tranquillement, ne pas s’emballer, ni faire flamber les prix, ne rien changer. Je continuerai à accueillir mes clients comme des amis.”
| En chiffres, bio express, la recette |
En chiffres Chiffre d’affaires 2008 :773 180 € (restaurant + chambres) Ticket moyen/jour : 62 € Nbre de couverts/jour : 48 Nbre de places assises : 40 maxi Effectif : 7 employés + 3 apprentis Fermeture annuelle : 6 semaines par an Repos hebdomadaire : mardi et mercredi
Bio express 1988 : obtention du CAP, mon entrée dans la vie active 1993 : obtention du brevet de maîtrise 1994 : rencontre avec Laurent Petit, 7 ans de collaboration 2001 : création d’Atmosphères 2009 : 1 étoile Michelin
La recette
Écrevisses du Léman, strates de queue de Cochon, sorbet tomate
Ingrédients pour 20 personnes 5 kg d’écrevisses • 5 kg de queue de cochon • 2 L de bouillon d’écrevisses • 10 g de kappa • 200 g de farine • 200 g de beurre • 200 g de parmesan • 2 œufs • 500 g de tomate concassée • 25 g de miel • 30 g de stabilisateur anti-cristallisant • 50 g de jus de citron • 50 g d’eau • 500 g de courgette • 500 g de tomate confite • 1 botte de basilic • garniture aromatique • sel poivre
Progression Strates de queue de cochon • Blanchir, puis cuire les queues de cochon dans un bouillon avec la garniture aromatique. En fin de cuisson, les décortiquer, puis les refroidir. • Mouler dans un cadre. À froid, détailler en fine couche. • Gélifier le bouillon d’écrevisses (avec kappa). Remonter les strates, en intercalant queue de cochon et gelée d’écrevisse. Refroidir et détailler des bandes de 7 cm.
Écrevisses du Léman • Cuire les écrevisses châtrées dans un grand bain d’eau bouillante salée. • À la reprise de l’ébullition, stopper la cuisson. Décortiquer les queues.
Sablé de parmesan • Mélanger la farine, le parmesan, le beurre et l’œuf. Sabler. • Reposer la pâte. • Détailler en bandes de 7 cm sur 3 cm. • Cuire à four chaud entre deux plaques de cuisson.
Sorbet de tomate • Mélanger la tomate concassée, le miel, le jus de citron, l’eau et le stabilisateur. Mettre le tout dans un bol paco et surgeler. Pacosser.
Mini Ratatouille • Détailler en brunoise, les courgettes & tomates confites, basilic ciselé. • Assaisonner. |