* Michelin 2009 : L’impatience enfin récompensée
mercredi 22 avril 2009
Monteux (84) En ouvrant Le Saule Pleureur en décembre 2005, Laurent Azoulay affichait beaucoup d’impatience : celle de s’affirmer en tant que patron et d’être reconnu par les guides tels le Michelin.
 Laurent Azoulay. | |  Saint-Jacques juste saisies, couteaux, jus de coquillages au combawa |  Vingt-cinq couverts dans un salle aux tons chocolat et anis. |
À peine plus de trois ans plus tard, Laurent Azoulay, 33 ans, Gardois de naissance, a réussi à mettre ses actes en accord avec ses idées dans chacun de ces domaines. Avec Le Saule Pleureur, il a repris avec succès et confié à son frère Gérald le restaurant Hiély-Lucullus, au cœur d’Avignon, et les deux affaires ont trouvé un très bon rythme de croisière. Son talent créatif, qui puise ses bases dans un parcours qui l’a conduit à côtoyer Alain Ducasse, Jean-André Charial, Pierre Gagnaire et Jacques Chibois, est désormais apprécié bien au-delà de la grande banlieue d’Avignon. Enfin, le guide rouge vient de lui attribuer cette récompense dont il rêvait. “Une telle reconnaissance, c’est une nécessité lorsqu’on est, comme nous, en campagne. Même près d’une ville comme Avignon, cela devrait nous aider à assurer des hivers un peu plus confortables.” Le moral ainsi calé sur le beau fixe, le chef étudie maintenant comment asseoir durablement son entreprise. Des travaux d’aménagement du jardin, une nouvelle terrasse, les conseils d’un designer pour créer une nouvelle ligne de vaisselle, tout en faisant évoluer la décoration de la salle, et enfin aménager quelques chambres et une piscine, figurent dans son carton à projets. “Mais l’essentiel demeure l’assiette ! Je veux demeurer cohérent autour du produit, car le reste n’est qu’un emballage qui l’accompagne sans constituer la priorité pour celui qui vient à ma table.” Une sagesse qui n’efface pas tout. Car même étoilé, Laurent Azoulay est toujours aussi impatient. Et désormais, c’est du côté de son second restaurant qu’il espère que la critique s’attardera.
| En chiffres, bio express et recette | En chiffres Chiffre d’affaires 2008 : 550 000 € Ticket moyen/jour : 90 € Nbre de couverts/jour : 25 Places assises : 25 en salle, 35 en terrasse Effectif : chef + 3 employés + 3 apprentis (cuisine) ; 3 employés + 1 apprenti (salle) Fermeture annuelle : 1re semaine de janvier Repos hebdomadaire : samedi midi, dimanche soir et lundi, sauf du 3 juin au 27 septembre (ouvert tous les jours)
Bio express Mars 1996 : “Encore apprenti, je participe au concours Les rameaux de l’huile d’olive et le remporte. Parmi les récompenses, un stage au Louix XV à Monaco…” Avril 1999 : “J’achève mon service militaire à l’Élysée et au ministère de l’Éducation, et j’intègre la brigade du Restaurant Pierre Gagnaire. Pour moi, cet homme est une icône.” Mai 2000 : “Je rejoins Jacques Chibois. Entré chef de partie, je le quitterai trois ans plus tard avec le titre de sous-chef de cuisine, et les souvenirs de voyages gastronomiques à l’étranger qui m’on permis de rencontrer Anne-Sophie Pic et Marc Haeberlin.” 1er juillet 2003 : “Mon premier poste de chef aux Trésomes à Annecy. Une grande aventure, du restaurant gastronomique au bistrot, il y avait tout à lancer.” 1er décembre 2005 : “J’ouvre Le Saule Pleureur dans cette maison qui, sous la houlette de Michel Philibert, a été étoilée de 1989 à 1995.”
Recette
Saint-Jacques juste saisies, couteaux, jus de coquillages au combawa
Ingrédients pour 4 personnes 20 belles coquilles Saint-Jacques de la baie de Seine • 8 beaux couteaux • 8 coques • 8 moules de bouchot • 8 palourdes • 1 combawa • 15 cl de crème fleurette • 15 cl d’huile d’olive AOC Les Baux-de-Provence • 100 g de petits pois • 4 mini carottes.
Progession • Ouvrir les coquilles Saint-Jacques à l’aide d’une spatule, puis séparer la barde de la noix, et rincer à l’eau claire. Égoutter sur un papier absorbant, et réserver au frigo. • Mettre une chauffante à bouillir bien salé pour cuire les petits pois, puis les mixer avec une pointe de crème afin d’obtenir une mousseline légère. Cuire séparément les mini carottes et refroidir aussitôt. • Rincer tous les coquillages à l’eau claire, ciseler l’échalote, puis faire suer dans une cocotte avec un filet d’huile d’olive et une pointe de beurre demi-sel. Ajouter les coquillages, une brindille de thym frais et une demi-feuille de laurier. Cuire à couvert quelques minutes le temps que tous les coquillages soient ouverts. • Retirer les coquillages dans une plaque, décortiquer et garder la coquille des couteaux où les coquillages seront déposés délicatement. • Passer au chinois fin le jus de coquillages et réduire de moitié afin qu’il se corse légèrement ; verser la crème fleurette, réduire à consistance sirupeuse. Hors du feu, monter au beurre et un filet d’huile d’olive, râper 1/4 du combawa, laisser infuser, puis mixer votre jus. • Dans une poêle antiadhésive, verser un filet d’huile d’olive et le beurre demi-sel. Quand le beurre est noisette, déposer les noix de coquilles Saint-Jacques et colorer 30 s. de chaque côté. Débarrasser sur une assiette de service.
Dressage • Dans une assiette, à l’aide d’un pochoir, étaler la mousseline de petits pois, puis déposer les carottes et les coquillages. • Sur le bas de l’assiette, disposer les noix de coquilles Saint-Jacques, verser autour le jus de coquillages émulsionné, et décorer de quelques feuilles ou fleurs. |
Le Saule Pleureur 145 Chemin de Beauregard 84170 Monteux www.le-saule-pleureur.com Tél. : 04 90 62 01 35 Fax : 04 90 62 10 90
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