On le savait, Marseille n’est pas une ville comme une autre. Avec les soirées 'Food in the Dark' où l’on dîne les yeux bandés, elle justifie sa réputation. Le concept a été mis en place par Sandra Bigot, “attachée de presse, organisatrice d’événements, chef d’édition” comme elle aime à se décrire. La jeune femme, qui a créé l’agence ScomB, amène un grain de folie à la restauration. “On mange tous les jours les yeux ouverts. Pourquoi, une fois de temps, ne pourrait-on pas apprécier un dîner que l’on ne voit pas.”
Elle insiste : “Manger, boire, échanger, prend un tout autre sens alors qu’on a les yeux bandés. La privation de la vue déstabilise les repères habituels et exacerbe les autres sens. Les papilles frétillent, les narines frémissent, les oreilles sont ouvertes et le toucher devient votre meilleur allié ! L'obscurité favorise aussi les échanges. (…) L’occasion est donnée à tous les curieux à la recherche d’expériences et de sensations nouvelles, de se rencontrer.”
Food in the Dark, qui peut s’envisager dans des lieux insolites, mais aussi dans des restaurants ou des entreprises, s’est, entre autres, déroulée pour la Saint-Valentin, aux Grandes Tables de la Friche de la Belle de mai pour 90 personnes. Sandra Bigot s’amuse de la confusion des convives : “Il est difficile de distinguer un vin blanc d’un vin rouge quand on ne le voit pas, et de reconnaître une soupe de betteraves.” La prochaine soirée aura lieu le 15 mai au Blok, le nouveau restaurant tout foot de Marseille.