Qu'est-ce qu'un bon restaurant ?
mardi 25 novembre 2008
Tours Temps fort de la 4e édition du Forum alimentation et culture, les Rencontres François Rabelais de Tours s’interrogeaient, vendredi 21 et samedi 22 novembre, sur la définition du bon restaurant. Le président 2008 ? Régis Marcon, le 3 étoiles de Saint-Bonnet-le-Froid
 Jean-Claude Ribaut, chroniqueur gastronomique au journal Le Monde et Régis Marcon | |  Jean Bardet, Jean-Claude Mariani, Roland Chanliaud, Pascal Ory, Sophie Lauranceau et Jean-François Mesplède. |  Le déjeuner thématique street food à l'hôtel de ville de Tours assuré par les élèves de Blois. ici, le pôle Afrique |
Réunir sur un même plateau des cuisiniers, des restaurateurs, des critiques gastronomiques, des journalistes, des chercheurs, des enseignants pour débattre devant un public et engager un dialogue avec lui, c’est le but de ces rencontres. Professionnels ou amateurs, les débats ont attiré du monde. Outre les tables rondes (‘Du restaurant traditionnel à la street food : l’évolution d’une concept’ ; ‘Le bon restaurant est-il rentable ?’;la place du design dans le bon restaurant, ‘Autour de la sommellerie… carte des vins ?’...), des ateliers valaient aussi pour la qualité des échanges.
S’il y a eu une table ronde qui a fait le plein, c’est bien celle intitulée : ‘Le restaurateur, le guide, le critique : qui fait quoi ?’. Pour débattre, Jean-François Mesplède, directeur du guide Michelin France, deux chefs : Jean Bardet et Roland Chanliaud, Le Jardin des Remparts à Beaune, Jean-Claude Mariani, président de l’Apcig (Association professionnelle des chroniqueurs et informateurs de la gastronomie), Pascal Ory, historien à La Sorbonne, et Sophie Laurenceau, doctorante de l’Université de Tours. Partant du constat qu’au moment où le restaurant apparaissait, le critique et le guide aussi, et que ce n’était pas franchement le fruit du hasard, chacun a donné son opinion. Pour Jean Bardet, les guides sont “un mal nécessaire, mais je leur dois beaucoup”. “C’est une chance pour un cuisinier d’avoir des critiques qui s’intéressent à vous et c’est la solution la plus économique pour se faire connaître. Et comme les guides sont nombreux, cela permet de rééquilibrer les éventuels abus”, a précisé Roland Chanliaud.
Jean-Claude Mariani défend les guides d’auteurs qui justifient leurs choix avec un long commentaire. Jean-François Mesplède lui rétorque que “le guide Michelin n’est pas un guide d’humeur. Un avis doit en conforter un autre pour prendre une décision. 14 repas en deux ans ont été nécessaires pour valider la 3e étoile de Gérald Passédat”.
Dans la salle, ce sont des enseignants qui demandent si le guide ne pourrait pas prendre en compte les relations entre le chef et son équipe. On réclame aussi un pictogramme pour la qualité du service. “Les couverts englobent le service, le cadre, l’ambiance, l’accueil, précise Jean-François Mesplède. Nous avons aussi la grappe qui indique la qualité de service du vin d’un établissement.” Pour Roland Chanliaud, les guides ont la vertu d’être un repère : “On peut être trop optimiste sur sa valeur, les critiques nous aident à nous situer. Après, à nous de savoir si on veut aller vers l’excellence…” Et d’ajouter : “Parce qu’on ressent quelque chose quand on mange, même si le client consulte plusieurs guides, il doit se faire sa propre opinion”. Alors ? Un bon restaurant ?
| C’est quoi, pour vous, un bon restaurant ? | Jean-François Mesplède, directeur du guide Michelin France : “Un bon resto, c’est l’endroit où j’ai pris un moment de plaisir, à quelque niveau gastronomique que ce soit et où j’ai envie de revenir. C’est alors une adresse qu’il est important de recommander à nos lecteurs”.
Sébastien Demorand, journaliste RTL/Le Parisien : “Un bon restaurant est ce qu’on en fait. Tout dépend des attentes du client et de l’adéquation avec le restaurant qu’il a choisi. Si le restaurant répond à la demande de prestation espérée, c’est sûrement un bon restaurant !”
Jean-Claude Mariani, président de l’Apcig : “De la cuisine bistrot ou de la grande cuisine, c’est le restaurant dans lequel je vais trouver du plaisir.”
Jean Bardet : “Le bon restaurant, c’est celui qui sait reconnaître les attentes de ses clients. On devrait pouvoir passer plus de temps avec les clients pour savoir ce qu’ils sont venus chercher.”
Christophe Rohat, L’Astrance à Paris : “C’est un ensemble, quelque chose de global : bien manger, être bien servi, au calme et ne pas se faire matraquer.”
L’Éducation nationale au Forum de l’IEHCA
Pendant le forum de l’Institut européen de l'histoire et des cultures de l'alimentation, un séminaire professionnel réservé aux personnels de l’Éducation nationale était animé par Christian Petitcolas, inspecteur général de l’Education Nationale. L’occasion de faire le point sur les dernières décisions ou les évolutions possibles côté formation. Directeurs d’établissements, inspecteurs, proviseurs, chefs de travaux, professeurs étaient venus en force de toute la France, de Thonon-les-Bains à Hérouville-Saint-Clair en passant par Le Gué à Tresmes. Il a été question de la rénovation de la voie professionnelle (généralisation du baccalauréat professionnel 3 ans. En hôtellerie et restauration, elle ne s’effectuera pas au 1er septembre 2009. Elle est reportée au 1er septembre 2010) et de la rénovation de la voie technologique. L’occasion aussi pour l’inspection générale d’appeler de ses vœux la création d’une (ou plusieurs) école supérieure de l’hôtellerie restauration intégrée à l’université. “Une des rares possibilités semble être de réunir en un ou quelques départements universitaires un nombre suffisant de licences professionnelles pour disposer d’effectifs dont une partie pourrait permettre la conception de masters et de doctorats… estime Christian Petitcolas. Les acquis français, reconnus internationalement en gastronomie et en restauration collective, devraient susciter la recherche universitaire pour accompagner cette activité culturelle et économique d’avenir…”
|
|
|
|
|
|