Pour retrouver les tendances et le bilan de cette 12e édition avec Corinne Ménégaux, directrice du salon, en vidéo : cliquez ici 
« En 2010, la nutrition semble avoir été un peu délaissée par certains acteurs de la restauration rapide au profit d’un marketing basé sur les préoccupations environnementales », commente Audrey Aveaux, directrice de Nutritionnellement. « D’autres acteurs ont heureusement déclenché des démarches nutritionnelles, mais qui ne sont pas encore visibles par les consommateurs. Espérons qu’elles le seront très prochainement et que nutrition et environnement trouveront logiquement une façon de cohabiter à moyen terme ».
Selon l’étude, l’intégration de fruits et légumes se confirme positivement dans le secteur du snacking. Ainsi, 84 % des établissements de restauration rapide en France continuent de proposer des fruits ou équivalents sans sucres ajoutés. Et alors que 84 % de ces établissements inscrivaient des portions de légumes seuls à leur carte (soupes, crudités…) en 2009, ils sont 94 % à le faire en 2010. Autre tendance remarquée : les critères nutritionnels progressent à la fois chez les indépendants et les chaînes. Quels sont-ils ? l’offre gratuite de pain, la présence de laitages nature, la préparation des sandwiches à la demande, l’offre de portions de légumes seuls, et la facilité de composer un menu équilibré avec les formules menus adultes. Néanmoins, certains critères nutritionnels sont insuffisamment pris en compte chez les indépendants et les chaînes : la mise en avant d’une charte nutrition, l’absence de panures et de fritures, au moins 30 % de fruits ou équivalents dans les desserts, etc.
L’offre nutritionnelle est moins exploitée chez les chaînes
Concernant une offre nutritionnellement correcte, les indépendants restent incontestablement plus dynamiques que les chaînes, probablement car celles-ci ont plus de contraintes d’approvisionnement par rapport à leurs volumes. Ainsi, entre 2009 et 2010, la présence de laitages écrémés ou demi-écrémés a progressé de 36 % à 50 % chez les établissements indépendants, alors qu’elle a chuté de 30 % à 14 % chez les établissements de chaînes. De même, entre 2009 et 2010, les établissements indépendants proposant à leur carte au moins 2 produits de la mer différents ont augmenté de 68 % à 75 %, contre une baisse de 30 % à 23 % chez les établissements de chaînes. En revanche, les indépendants restent encore peu conscients des enjeux liés à la communication nutritionnelle, contrairement aux chaînes. En 2010, 63 % des établissements de chaînes indiquent les valeurs nutritionnelles des produits à la portion au sein des restaurants, et 12 % proposent des pictogrammes sur leur carte pour aider les consommateurs dans leurs choix nutritionnels. Par comparaison, les scores sont à 0 % dans les établissements indépendants.
« On constate que la majorité des enseignes de restauration rapide veulent désormais améliorer l’équilibre alimentaire et la santé de leurs convives. Mais pour cela, ils ne doivent pas uniquement miser sur les produits tendance du moment (produits bios, fait maison, « naturels »…), car ils sont souvent gras et sucrés. Le référencement de ces produits en versions plus légères et dans des formats plus adaptés aux besoins nutritionnels des Français serait judicieux », explique Audrey Aveaux. Alors que le Programme National Nutrition Santé recommande la consommation d’au moins 5 fruits et légumes par jour (consommation encore insuffisante : proche de 3,5), et que les Français fréquentent de plus en plus la restauration rapide ; l’implication nutritionnelle des enseignes de restauration rapide reste un véritable enjeu de santé publique.