Selon l’arrêté du 9 mai 1995, réglementant l'hygiène des aliments remis directement au consommateur, l’article 7, relatif au personnel, de ce texte apporte les précisions suivantes : “Les responsables des établissements doivent s’assurer que les personnes qui manipulent ou manutentionnent les aliments suivent des instructions précises leur permettant d’appliquer les dispositions du présent arrêté et disposent le cas échéant, selon leur activité, d’une formation renouvelée en matière d’hygiène des aliments.”
Pas en reste, la législation européenne a ajouté son grain de sel dans ce débat puisque le règlement (CE) n° 852/2004 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relatif à l’hygiène des denrées alimentaires consacre une partie de son chapitre XII à la question de la formation : “Les exploitants du secteur alimentaire doivent veiller à ce que les manutentionnaires de denrées alimentaires soient encadrés et disposent d’instructions et/ou d’une formation en matière d’hygiène alimentaire adaptées à leur activité professionnelle.”
Une exigence réglementaire
Il ne s’agit pas d’un niveau de formation (bac professionnel, CAP de cuisinier…) mais d’une formation continue qui sera dispensée lors de stages. Pour répondre à cette exigence réglementaire, les attestations de stage devront être conservées afin d’être présentées aux services officiels lors des inspections.
Le besoin de formation est souvent présent au sein du personnel. Il correspond à une envie de parfaire une culture générale sur l’hygiène : connaître les risques, savoir ce qu’est une cuisine conforme, être informé sur la réglementation européenne… Mais il convient parfois de redéfinir les attentes du personnel ou de le recadrer dans l’intérêt du groupe et des connaissances qu’il doit acquérir. Ce besoin est la meilleur des motivations : il faut savoir le susciter avant de mettre en avant le caractère obligatoire de la formation. Un auditoire demandeur créé souvent un cours interactif et vivant.
La formation : un métier et une déontologie
Il ne s’agit pas simplement de faire ‘subir’ une formation parce que c’est obligatoire ou d’enrôler de force le personnel récalcitrant dans un stage, la formation doit non seulement être effective, elle doit être efficace. Pour cela, les maîtres mots sont : pédagogie et pragmatisme.
• Établir les attentes précises des stagiaires
Un organisme de formation qui débute une action sans établir un diagnostic des attentes du personnel risque le ‘hors sujet’ voire le désaveu d’un auditoire qui a souvent perdu l’habitude des bancs d’école.
• Être pédagogique et non démagogique
Il convient d’illustrer sans bêtifier car l’auditoire est adulte et l’overdose de dessins animés nuit, surtout s’ils sont mal conçus. Tout l’art d’un cours d’hygiène alimentaire est de donner des informations scientifiques ou réglementaires en se mettant à la portée de l’auditoire.
• Rendre le cours interactif
Lors de l’intervention il faut savoir écouter, répondre, laisser la parole, désamorcer des conflits. À cette fin, des pauses, des dialogues, des ‘questions-réponses’ peuvent inciter le stagiaire à s’intéresser, à approfondir, à faire part de soucis ou d’expérience.
• Rendre un cours pragmatique
Même si des connaissances de base sont nécessaires, il faut immédiatement illustrer d’exemples pratiques ses propos. Un organisme de formation devra parler le même langage que le personnel, savoir ce qu’est un ‘piano’, un ‘cul de poule’…
• Laisser une trace, un support pédagogique
Le formateur doit établir un bilan collectant l’essentiel des données auxquelles il fait référence. Il doit le reformater en fonction de chaque groupe en intégrant les précisions apportées. Un stagiaire ne doit jamais rester sur un doute ou une question sans réponse.
Les droits à la formation
Chaque année, l’employeur doit verser à l’organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) dont il dépend (Fafih pour les salariés de la restauration sur place ; Agefos PME pour la vente à emporter ; Agefice pour les patrons non- salariés…) la contribution plan de formation.
Nombres d’employeurs paient, mais n’utilisent pas les droits à la formation de leurs salariés.
• Fafih
Le Fafih collecte les obligations légales et conventionnelles de la formation professionnelle auprès des entreprises de l’hôtellerie-restauration et des activités connexes afin de financer les actions de formation organisées au bénéfice des salariés de ces entreprises. Le Fafih est partenaire des entreprises qui versent leurs contributions légales pour analyser leurs besoins de formation et les aider à bâtir leur plan de formation mais aussi pour financer tout ou partie de ce plan de formation.
Modalités :
La demande de prise en charge est présentée à la délégation régionale du Fafih préalablement à la réalisation du stage (un mois). Les stagiaires doivent être salariés de votre entreprise pendant la formation (hors apprentissage et contrats de professionnalisation). La durée du stage est au minimum d’une journée ; pour les stages de langues, minimum : 30 heures.
Pour les établissements de moins de 20 salariés, les formations relatives à l’hygiène alimentaire se déroulent obligatoirement en ‘inter-entreprises’ (petits groupes de salariés d’entreprises différentes).
• Agefos PME
Si l’entreprise relève de la branche professionnelle de la restauration rapide, Agefos PME est le seul collecteur des contributions au plan de formation 0,40 % (le versement ne doit pas être inférieur à 22,87 € HT) et professionnalisation 0,15 % (votre versement ne doit pas être inférieur à 15,24 € HT).
Numéro vert : 0800 589 589
www.agefos.pme.com
• Agefice
www.agefice.fr
• Le droit individuel à la formation (DIF)
En tant que salarié, chaque année ou tous les 6 ans, vous pouvez bénéficier d’une formation professionnelle.
Le droit individuel à la formation (DIF) est ouvert aux salariés à temps complet ou à temps partiel justifiant au jour de la demande d’une ancienneté dans l’entreprise égale à un an pour un CDI et à quatre mois pour un CDD.
Vous devez obtenir préalablement l’accord de votre employeur.
Chaque année, l’employeur doit informer individuellement chacun des salariés du nombre d’heures de formation acquises au titre du DIF (code du travail art.L.933-2). Vous disposez d’un capital annuel de 20 heures : il est possible d’épargner ces heures sur six ans, dans la limite de 120 heures, au delà de ces 6 ans, tant qu’il n’a pas été utilisé, le DIF reste de toute façon plafonné à 120 heures de formation.