En Europe, l'investissement hôtelier se ralentit
mercredi 22 février 2012 16:38
La crise de l'euro a freiné le développement de l'investissement hôtelier. Alors que l'année 2011 avait démarré avec un premier semestre en hausse de 80 %, elle se termine avec un montant d'investissement de 6,8 milliards d'euros, en hausse de 3,5 % par rapport à 2010. Le second semestre a connu une chute de 31 % par rapport à la même période en 2010.
Sur les 5 pays étudiés (Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne et France), l'Hexagone reste avec 68 % du total de son portefeuille hôtelier échangé en 2011 l'un des marchés les plus dynamiques d'Europe. Le volume d'investissement y a atteint 1,8 milliard d'euros en 2011. L'activité dans les hôtels a par ailleurs progressé, tant au niveau des taux d'occupation - en hausse de 1,3 point - que du prix moyen (5,8 %), produisant par effet mécanique un RevPAR en hausse de 5,8 %. Le Royaume-Uni réalise la moitié des investissements (49 %) avec un volume atteignant 3,3 milliards d'euros, en hausse de 13 %. L'étude BNP Paribas signale deux ventes notables à Londres, celle du W Hotel cédé pour 233 M€, et le Holiday Inn Mayfair (181 M€). Par ailleurs, l'année 2011 affiche un taux de croissance moins fort que les années précédente avec un RevPAR en hausse de 3,5 %, due à une baisse sur la fin de l'année des prix moyens. La capitale britannique occupe toujours une position stratégique et moteur sur le marché britannique avec un taux d'occupation moyen annuel de 84,4 %.
Munich à la fête Le marché en Allemagne en 2011 s'est beaucoup essoufflé au cours du second semestre avec seulement 283 M€ d'investissements contre 625 M€ pour le premier semestre. En revanche, l'activité hôtelière progresse avec une hausse de RevPAR de 4,3 % en 2011. Munich, dopée par l'organisation de nombreux congrès, est la ville qui progresse le plus outre-Rhin avec 75,1 % de taux d'occupation sur l'année.
En Espagne, l'investissement est en baisse de 6 % par rapport à 2010. Parmi les transactions les plus importantes, l'étude relève la vente de l'hôtel Palace à Barcelone pour 68 M€, et l'hôtel Hespéria à Madrid pour 80 M€. L'activité hôtelière remonte (+ 8,9 % de RevPAR) mais n'a pas rattrapé les niveaux d'avant 2008-2009 avec une chute de 22 % de RevPAR. L'Italie, enfin, a présenté un marché atone en 2011 avec 117 M€ d'investissement en hôtellerie. Pourtant l'activité hôtelière se porte bien avec une hausse des RevPAR de 3,8 % par rapport à 2010.
| Une année 2012 stable pour Jones Lang LaSalle Hotels | Pour Jones Lang LaSalle Hotels, le montant des transactions en 2012 devrait rester stable à 11 milliards de dollars contre 10,9 milliards de dollars en 2011 sur toute la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique). En 2012, "le Royaume-Uni devrait rester le marché le plus liquide", d'après Yves Marchal, directeur général Europe du Sud de Jones Lang LaSalle Hotels, confirmant sa position de leader en 2011 avec 4 milliards de dollars investis. En France et en Allemagne, le marché devrait rester stable : l'Hexagone ayant réalisé 2,1 milliards de dollars d'investissement en 2011, contre 1 milliard de dollars outre-Rhin, en hausse de 51 %. Pour Jones Lang LaSalle Hotels, "les banques devraient rester les acteurs clés du marché, en encourageant la vente d'hôtels placés sous administrateur judiciaire", mentionnant la mise en vente du portefeuille Marriott, du Hyatt à Birmingham entre autres. |
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