Pour l'essentiel, l'activité de la société Thed International repose sur le conseil et le développement hôtelier, l'asset management et l'assistance à la gestion. Présente en France, cette société intervient dans un certain nombre de projets de référence. Si certains d'entre eux sont en phase de réalisation, voire d'achèvement, d'autres peinent à trouver leur cap dans les flots tumultueux des incertitudes conjoncturelles économico-financières mondiales. Face à cette nouvelle donne qui constitue aujourd'hui la toile de fond des investissements hôteliers en 2012, Georges Dahan, président de Thed International et grand professionnel de l'hôtellerie livre un éclairage personnel, pertinent… et impertinent.
Thed International participe aujourd'hui, de près ou de loin, à quelques-uns des projets hôteliers parmi les plus importants lancés en France, que ce soit sous la houlette de villes ou les collectivités locales, mais aussi aux côtés d'investisseurs institutionnels comme Axa, voire de marques reconnues à l'international comme Renaissance, InterContinental et bien d'autres. Or, si quelques projets sont finalisés et envisagent déjà des ouvertures, il n'en va pas de même pour d'autres, qui semblent rester en stand-by.
Plurivocité des problématiques
Pour expliquer sa décision d'accélérer en premier lieu le développement à l'international, le PDG de Thed International avance quatre problématiques qui entravent tout projet de développement hôtelier en France :
• La première relève du coût du foncier : "Cette inflation des prix des terrains rend les projets difficiles à monter et le modèle économique s'en ressent évidemment. Il faut bien compenser par autre chose l'achat trop cher du terrain. Il faudrait mettre en place une table ronde entre l'État, les opérateurs et les collectivités locales pour débattre sur cette question."
• La participation des groupes hôteliers dans les projets pose également problème : "La participation des groupes - quels qu'ils soient - doit être analysée de très près pour éviter les dépassements de budget et supporter un remplissage massif réalisé par les OTA ['online tourism agencies' ou agences de tourisme en ligne, NDLR]. En effet, nous avons des compétences à travers les cabinets de gestion, les asset managers et les conseils en hôtellerie qui peuvent prendre le relais. Pour les gestionnaires, c'est souvent un engagement financier important demandé par les groupes investisseurs, étant donné que les chaines hôtelières ne garantissent plus le résultat et ne mettent plus de contrat de bail."
Le financement par conséquent en souffre également : "La France est en panne de financement. Les investisseurs qui interviennent aujourd'hui dans l'hôtellerie se situent dans trois catégories : les 'family groups' ['groupes familiaux', NDLR] qui se replient sur l'immobilier comme valeur refuge, à condition d'apporter 50 % minimum de fonds propres, les investisseurs étrangers qui investissent quoi qu'il arrive dans des sites exceptionnels comme Paris, et enfin les « gros » investisseurs qui investissent sur des groupes d 'hôtels pour les revendre peu après avec plus-values .
Dernier, et non des moindres, frein aux velléités hexagonales d'investissements hôteliers, la lourdeur des charges du personnel : "En Europe elles sont très élevées au regard de celles des pays émergents. Par exemple, en Asie, le salaire d'un barman varie entre 200 et 500 € par mois alors qu'en France la fourchette est plutôt entre 1500 et 1800 € par mois.
Pour Georges Dahan, cette problématique plurivoque est au centre du débat sur le développement hôtelier en France et ne pas aborder ces graves questions revient à restreindre la mise en place de nouveaux projets. La conjoncture actuelle ne pouvant que lui donner raison, le débat reste ouvert.
| Quelques projets où intervient Thed International |
En cours :
• L'hôtel InterContinental de Marseille, 194 chambres, 15 suites, un restaurant, une brasserie, un lounge bar, des salles de réunion, une piscine et un spa. En cours de finition, il devrait ouvrir début 2013. Thed International intervient sur ce projet aux côtés d'Axa REIM (Real Estate investment Manager) et Cogedim Altarea pour maître d'ouvrage délégué.
• Le Renaissance, à Aix-en-Provence (13), un hôtel 5 étoiles, de 134 chambres. L'hôtel devrait ouvrir fin 2012, début 2013.
Projets en attente :
• Le projet d'hôtel 5 étoiles 112 chambres à Avignon (84), sous la marque Renaissance, groupe Marriott en lieu et place de la prison Sainte Anne. Le permis de construire a été obtenu, mais le projet reste en attente des recours engagés depuis cette date.
• Le projet d'hôtel sur Lyon, avec la marque InterContinental, est en revanche actuellement en stand by.
Projets à l'international :
• Un projet Hilton à N'Djamena (Tchad). Ce projet d'hôtel 5 étoiles construit par le groupe Salim, réalisé en centre-ville comportera deux phases : une pour l'hôtel proprement dit, qui doit être achevé en 2013, et une deuxième phase comprenant commerces et logement. • Le lancement d'un plan de développement intense en Amérique latine, "notamment au Brésil avec en perspective la coupe du monde de football, les Jeux olympiques en 2016… C'est un pays où beaucoup de choses restent à faire à partir du moment où l'on trouve un ou des partenaires locaux", explique Georges Dahan. |