Accor met sur orbite sa Fondation
lundi 19 décembre 2011 11:38
Créée il y a trois ans, la Fondation Accor est restée discrète - une page seulement dans le rapport d'activité 2010 du groupe !). Pourtant, cette facette du groupe est loin d'être neutre. "La Fondation fait partie de l'ADN d'Accor, rappelle le p.-d.g. Denis Hennequin, elle est vecteur d'image et d'attractivité." S'appuyant sur les valeurs de solidarité et d'humanisme, la Fondation cherche aujourd'hui à étendre son action.
 Denis Hennequin, p.-d.g. d'Accor, et Marie-Caroline Bizet, déléguée générale de la Fondation Accor. | |  Laurence Canal est partie en congés solidaires au Bénin en partenariat avec l'association Planète urgences. |  Le sac réalisé par Chi Heng Foundation, association avec laquelle la Fondation Accor a noué un partenariat local en Chine. |
Au bout de trois années d'existence, la Fondation Accor présente un bilan plus que satisfaisant : "nous suivons une centaine de projets - 106 exactement - et nous sommes présents dans 33 pays." Pour sa déléguée générale, Marie-Caroline Bizet, "trois ans ont été nécessaires pour monter en puissance. Avant 2008, il existait, en effet, de nombreuses actions bénévoles dans le groupe. Nous comptions environ 2 000 initiatives mais elles ne faisaient l'objet d'aucun suivi. La création de la Fondation a permis de structurer l'ensemble et de monter les dossiers en format 'projet' avec pour chacun d'entre eux des objectifs, des moyens et un bilan."
Les collaborateurs au coeur du projet La Fondation s'est organisée avec une vraie ambition. "Notre mission, précise Marie-Caroline Bizet, est d'aider des personnes en rupture sociale, en travaillant uniquement avec des associations locales. Pour nous, les collaborateurs sont au coeur du projet. Ce sont eux qui font le lien entre Accor et les populations locales." Chez Accor, 5 000 collaborateurs sont mobilisés. "Comme nous travaillons uniquement localement, nous estimons que ce sont eux les mieux placés pour rentrer en contact avec les associations locales les plus pertinentes. En Chine par exemple, les directeurs d'hôtel ont souhaité travailler avec l'association Chi Heng Foundation. Cet organisme vient en aide aux femmes porteuses du virus du sida en les employant pour fabriquer des sacs 'écologiques' : 20 000 de ces derniers ont été revendus dans les hôtels locaux pour 45 000 €. Le profit de la vente a été reversé aux familles et a permis de financer des bourses pour l'éducation des enfants."
"Supplément d'âme"
La fondation Accor intervient donc dans trois domaines : l'insertion des jeunes et la formation - qui représente la moitié des engagements et des projets -, le développement du savoir-faire local, et enfin les actions d'urgences et humanitaires. "Nous sommes une sorte de plateforme de coordination, explique Marie-Caroline Bizet. Grâce au budget voté par le groupe Accor - 5 M€ bloqués sur cinq ans -, nous validons chaque année la pertinence et la pérennité des actions de chaque association." Un travail de longue haleine avec 106 projets en cours, que suivent les trois salariées de l'association. "Deux fois par an, tous ces projets sont passés au crible et analysés au travers d'un certain nombre de critères permettant d'en valider la fiabilité, la pertinence et le sérieux." Accor fait ainsi la démonstration de son engagement 'vertueux'. Après la mesure de l'empreinte environnementale du groupe, la démarche sociétale - "ce petit supplément d'âme", comme l'appelle Denis Hennequin -, est désormais acquise. Reste à l'évaluer. Un exercice plus périlleux que dans le domaine du développement durable, car il exige des critères davantage qualitatifs que quantitatifs. Mais à l'impossible, nul n'est tenu.
Le congé solidaire est une période de congé mise volontairement par le collaborateur à la disposition d'une organisation humanitaire. Laurence Canal, première collaboratrice du groupe à y avoir participé pour le compte de la Fondation Accor, revient sur son vécu
L'Hôtellerie Restauration : Comment avez-vous eu l'idée de participer à la Fondation Accor ? Laurence Canal : Cela fait longtemps que je réfléchissais à prendre des congés solidaires, mais je ne savais pas comment m'y prendre car c'est un engagement financier important. Quand j'ai su que la Fondation Accor développait une action de ce type en partenariat avec l'association Planète Urgences, et qu'elle recrutait 10 candidats, je me suis portée volontaire
Comment avez-vous été sélectionnée ? J'ai été sélectionnée sur dossier. J'ai présenté un projet de formation consistant à former des jeunes au métier de secrétaire. Je l'ai fait dans le cadre d'un des trois modules proposés par l'association Planète Urgences, consacré au 'transfert de compétences'. Avant de partir au Bénin, J'ai effectué deux jours de training au sein de l'association. Sur place, j'ai été encadrée par des membres de l'organisation et j'ai effectué dix jours de formation auprès d'un public de 10 personnes.
À combien ce voyage 'solidaire' vous est-il revenu ? J'ai payé environ 1 000 € pour ce voyage, ce qui comprend le visa, le transport et l'hôtel. La Fondation Accor a financé, pour sa part, à hauteur de 2 000 € les journées de formation effectuées avant mon départ ainsi que ceux réalisées avec l'association sur place.
Quel bilan tirez-vous de cette expérience ? Un formidable bilan. J'ai gardé des contacts avec certains d'entre eux. De retour sur Paris, j'ai commencé à préparer mon propre projet associatif et je suis également devenue administratrice de la Fondation. Je souhaite aujourd'hui être, au niveau du groupe, un véritable ambassadeur de la Fondation et faire partager mon expérience à d'autres. C'est une aventure extraordinaire.
Propos recueillis par É. de B. |
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Hôtellerie
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