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jeudi 11 août 2011 10:27 Paris (75) Elle n’a pas encore 40 ans et dirige, depuis plus d’un an, le groupe familial qui comprend le Régina, le Raphaël et la Villa Majestic : trois joyaux parisiens de l’hôtellerie de luxe, sur lesquels Véronique Valcke règne avec conviction et passion.
“Un hôtel, c’est un bien qui vit” À la tête de trois fleurons de l’hôtellerie haut de gamme de la capitale mais d’abord mère de trois petites filles, Véronique Valcke a su garder les pieds sur terre. Lorsqu’elle a dû faire face à la vague de rénovations du Majestic (voir encadré), elle n’a pas hésité à troquer ses escarpins pour des chaussures de chantier, superviser la décoration et choisir les tissus, ainsi que les dalles et carrelages du spa. “Un hôtel c’est à la fois une société de services, une entité propre, une personnalité morale, bref un bien qui vit”, explique cette juriste de formation, spécialisée en droit des affaires. Des études qu’elle a menées en sachant d’emblée qu’elle allait reprendre le flambeau familial. Dès 1998 elle participe à l’introduction au second marché de la SA Hôtel Régina Paris. Elle se prend au jeu et, dans la foulée, rejoint la société anonyme comme responsable de la communication. En 2003, elle accède au poste de directeur général délégué. Un fauteuil qu’elle occupe pendant sept ans, avant de reprendre les rênes du groupe. Miser sur le développement durable “Enfant, je voyais ma mère travailler sans répit”, se souvient Véronique Valcke. Sa mère, Françoise Baverez, a dirigé elle aussi le groupe familial. Avec conviction et passion. Une ligne de conduite que suit sa fille, qui ne compte ni ses heures, ni ses bureaux : “j’en ai un au Régina et un autre au Raphael. Je bouge en fonction de mes rendez-vous. J’ai longtemps fait les trajets en métro entre les deux hôtels. Aujourd’hui, j’ai opté pour la voiture et j’envisage de passer à la voiture électrique.” Car la business woman mise sur le développement durable. Question d’éducation et de génération. Lorsqu’elle a orchestré les travaux du Majestic, elle a voulu que l’hôtel soit respectueux de l’environnement. Résultat : des détecteurs de personnes sont installés dans les chambres, le café est équitable, les laitages sont bio, les lessives peu abrasives et les peignoirs en nid d’abeille “pour ne pas consommer trop d’eau quand on les lave”. Seul maître à bord “Dans une société familiale, la règle est de proposer ses idées, mais de laisser à celui ou celle qui dirige le soin de prendre les décisions”, explique Véronique Valcke. Sa mère avait déjà adopté ce fonctionnement, lorsqu’elle dirigeait le groupe de 1981 à 2010. Véronique Valcke aussi se veut seul maître à bord. Toutefois, elle écoute les conseils, les avis, les commentaires. À commencer par ceux de sa mère, dont l’expérience et le recul lui sont précieux, et ceux du comité de direction, composé des directeurs des trois hôtels, du DRH et du directeur des affaires financières du groupe. “On ne peut pas diriger une société sans bonnes idées, affirme-t-elle. En même temps, je refuse de prendre une décision si celle-ci n’est pas argumentée. Parce que l’on ne travaille plus comme autrefois, en se basant seulement sur la parole donnée. Aujourd’hui, l’hôtellerie fonctionne comme une industrie, avec des contrats de travail, des bilans, des pertes, des profits.” En juin dernier, Véronique Valcke a reçu le prix Trofémina, qui encourage chaque année des femmes de talents. Une récompense qu’elle compare à “une reconnaissance”. Modeste, elle estime avoir obtenu ce trophée “parce que je dirige avec les bonnes personnes”. Le groupe, pour l’heure, cherche à positionner ses trois hôtels au milieu des enseignes de luxe et autres palaces qui essaiment dans Paris. À commencer par le futur hôtel Peninsula, dont l’arrière du bâtiment fait face à la Villa Majestic, rue La Pérouse.
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