Pour Deloitte, l’année 2010 s’est bien terminée et a surtout réussi aux catégories haut de gamme, grâce au retour de la reprise de la clientèle internationale, et à la stabilisation des marchés et des monnaies dans le monde. Ainsi les catégories 4* plus et les 5* ont des RevPar HT qui progressent de + 5 à + 9% , notamment à Paris qui enregistre + 11% de Revpar et sur la Cote d’Azur avec +7%. Cette hausse sur Paris, due surtout à l'augmentation des taux d'occupation, intervient malgré l’arrivée des « nouveaux hôtels asiatiques dont l’ouverture était crainte par les palaces existants. Ils ont su créer un appel d’air et provoquer l’arrivée de nouvelles clientèles sans en prendre aux hôtels existants « précisait Philippe Gauguier. La province en revanche, qui ne bénéficie pas de l'attractivité de Paris, est restée quasiment stable avec un léger 1% d’augmentation ce qui traduit les disparités entre territoires et entre agglomérations où divers paramètres s'ajoutent comme la qualité du parc , l’ offre concurrentielle, et notamment celle des résidences qui lissent la tendance, même si l’activité est à la hausse sur certaines destinations.
Les hôtels 3 étoiles gagnent sur la distance
Les hôtels 3 étoiles semblent la catégorie ayant le mieux tiré profit de l’après crise grâce au retour de la clientèle d ‘affaires et de congrès . Ils ont enregistré des TO en hausse,et, grâce à une offre renouvelée et des prix moyens stables qui avaient très peu baissé, ils présentent une augmentation des Revpar de + 5,0% . Par ailleurs cette évolution se confirme également au cours de ces 5 dernières années. Ainsi, entre 2006 et 2010, les RevPar pour cette catégorie présentent une augmentation de 10,1%, signe de l’amélioration constante de l’offre sur ce créneau.
Peu de marge de manoeuvre pour l'hôtellerie économique
En revanche, l’hôtellerie économique, très sensible à l’ activité globale, et dont la marge de manœuvre est très faible en termes de prix moyens , a peu varieé ses prix entre 2009 et 2010, qui oscillent de + 2,2% et de + 1,6% en 2 étoiles. En raison des baisses d'activité , leurs taux d’occupation ont coonu la même tendance, et présentent des RevPar quasiment plats, soit de 0,3% dans l’économique 0 et 1* et de + 0,8% en 2 étoiles.
Pas de rattrapage des Revpar avant la crise
En conclusion, le retour de l’activité en 2010 n’a pas permis , devait rappeler Deloitte, de rattraper les résultats avant la crise. Ainsi, la comparaison avec une année moyenne comme 2006 choisie comme référence en raison de ses similitudes avec l’année 2010, montre que les RevPAR des catégories supérieures sont en baisse de 10% .
Des RevPar toujours en hausse mais qui diminuent avec les catégories
Enfin en 2011 les RevPar restent toujours avantageux pour les hôtels haut de gamme mais la hausse des chiffres d'affaires sera moins forte à mesure que l'on diminuera de catégorie. Ainsi, alors que les 5* vont enregistrer entre + 6 à +8% de RevPar , les hôtels 4* , qui restent très liés par le tourisme d'affaires, et malgré l" Air Show qui se tiendra en juin, auront des amplitudes moins fortes, qui seront de + 5 à + 8%. Les hôtels 3* , en revanche, qui ont bénéficié de la reprise de l'investissement pour se faire une santé, et de la consommation des ménages, vont en revanche se heurter au repli de certaines clientèles européennes. Leur chiffre d'affaires ne devrait donc logiquement augmenter que de 4 à 5%. En revanche, les hôtels 2* d'après Deloitte " vont subir de plein fouet la conccurrence des produits alternatifs " . Leurs prix moyens ne pouvant augmenter, la hausse de 1 à 3% de leur chiffre d'affaires sera due à la légère aumgmentation de leur taux d'occupation tout comme les hôtels économiques qui " bien qu' épargnés par la crise", mais ne pouvant augmenter leurs prix enregistreront une très faible hausse de 0,5 à 1,5%.
Avec des prévisions mesurées, ( qui peuvent toujours être influencées précise Deloitte , par des évènements géo politiques ) l'hôtellerie française semble avoir de belles perspectives pour 2011. Ce qui devrait lui permettre de planifier avec sérénité les rénovations à réaliser en fonction des nouvelles règlementations (sécurité incendie et accessibilité ) qui interviendront dès 2011.