La tendance ‘couture’ se propage dans les hôtels en affichant le nom de marques comme Armani, Missonni ou Gucci, voire deviennent l’incarnation de l’esprit d’un designer tel Christian Galliano. L’hôtel Edouard 7, lui, joue sur un registre différent : il est conçu comme un véritable temple de la mode. Racheté par la famille Bessé en 2009, il a été en partie rénové par Marina Bessé, la belle-sœur de la propriétaire, qui lui a redonné une nouvelle personnalité par son audace dans les alliances de couleurs.
Unique par son emplacement (il est le seul hôtel de l’avenue de l’Opéra) l’Edouard 7 l’est aussi par son style, imaginé par Marina Bessé. Pourtant, créatrice de chapeaux, elle n’avait jamais été décoratrice d’hôtel. Elle a donc fait un vrai travail de recherche iconographique pour retrouver les tons “à la Edouard VII”, en les retravaillant dans un esprit couture. Dans l’hôtel, vont donc se côtoyer vert émeraude épousant l’orange, bleu canard marié au jaune moutarde, rose fuchsia voisinant le mauve, bref, un bouquet de couleurs résolument british. Et cela se voit dès la porte d’entrée franchie.
"Augmenter les prix moyens plutôt que le taux d'occupation"
Le bar est surmonté de gigantesques abat-jour en forme d’entrelacs de ceintures mauves, “que les américains adorent”. La moquette du bar est réalisée en motifs Prince de Galles en harmonie avec les vitraux d’époque. Tout le rez-de-chaussée a été “habillé comme une silhouette”, celle d’Edouard VII, dont on devine le profil au plafond. Dans les chambres, Marina Bessé a mis tout son talent créatif dans la recherche des coloris et des tissus. Ceux-ci viennent de chez Designer Guild, et les velours de chez Pierre Fey. Tout est dans le style couture jusqu’aux chaises redessinées en forme de sacs à main.
D’après Laurence Guinebretière, directrice générale de l’hôtel, l’ensemble de la rénovation représente une première tranche de travaux d’environ 1 M€ et comprend les 30 chambres et suites, le lobby et le rez-de-chaussée. Parallèlement, l’Edouard 7 a changé de clientèle : “Alors qu’auparavant l’hôtel affichait un taux d’occupation de 85 % réalisé uniquement avec des tour opérateurs, désormais, nous allons inverser la tendance pour que leur pourcentage ne représente pas plus de 30 %.” La clientèle, autrefois majoritairement composée de Japonais, de Russes, et d’Espagnols a cédé la place aux la clientèle américaine pour les loisirs et anglaise pour les affaires. Cette nouvelle stratégie a permis d’augmenter les prix de revient : “Une hausse de 20 % que nous avons enregistrée depuis novembre, date de la réouverture, en passant de 175 € à 220 € la nuit, un objectif que nous souhaitons maintenir sur l’ensemble de l’année. En effet, nous préférons augmenter les prix moyens que les taux d’occupation.” Et cela, même si l’hôtel affichait déjà 85 % de TO en juin, résultat des campagnes de promotion efficaces de l’hôtel dont celles réalisées avec Atout France (Maison de la France) aux États-Unis.
Depuis son nouveau lancement il y a neuf mois, l’Edouard 7 a contribué à lancer une nouvelle dynamique dans le quartier. Et l’arrivée du célèbre pâtissier Pierre Hermé, qui prendra ses quartiers en septembre, va également contribuer à créer une vitrine du chic parisien dans ce quartier typiquement affaires.