L’histoire des Manoirs de Tourgéville remonte à 1977, lorsque le cinéaste Claude Lelouch en fait l’acquisition pour en faire un club privé, le Club 13. En 1994, l’établissement est transformé en hôtel et géré par une société de gestion, puis en 2009, il est racheté par la famille Floirat qui entérine le projet immobilier en cours, visant à le transformer en resort haut de gamme.
Pour le groupe, c’est aussi l’occasion de lancer un style d’hôtellerie différente de celle du Byblos, son hôtel 5 étoiles de Saint-Tropez : “Cet établissement marque la volonté du groupe de développer en France des hôtels de charme et de caractère”, explique Antoine Chevanne, directeur général de Floirat.
L’investissement global représente 13 millions d’euros : achat des murs et du fonds, rénovation du bâtiment principal et création de 4 manoirs. L’ensemble représente désormais 57 chambres, dont 35 suites. La rénovation, conduite par un architecte local, Patrick Gosles, s’est faite dans le respect des traditions (colombages en chêne, murs en pierres de Creully…). Quelques équipements rappellent que cet établissement se veut résidentiel : mise à disposition de 30 vélos, piscine chauffée, salle de sport, court de tennis. Un spa est également en projet. “L’hôtel souhaite attirer la clientèle parisienne le week-end, mais aussi les étrangers qui viennent à Deauville pour les festivals, les courses de chevaux, les ventes de yearlings, le shopping.” L’hôtel dispose de deux salles de séminaires équipées, de 50 et 150 m2, ainsi que d’une salle de cinéma de 200 places.
Le 1899, restaurant de 270 couverts
Côté restauration, c’est à Patrick Demangel, ancien chef et conseiller culinaire du groupe Floirat, que l’on a confié l’esprit de la carte et la mise en place de la cuisine : “Nous voulons proposer une cuisine généreuse, bonne pour la santé, avec des produits de saison.” Le restaurant, baptisé 1899 (année de naissance de Sylvain Floirat, fondateur du groupe et grand-père d’Antoine Chevanne) comporte 270 places. Une soixantaine de couverts/jour sont prévus. Deux chefs dirigent les cuisines, Samuel Loriot et J. Depeyre.
Pour l’hôtel, la rentrée sera le moment crucial : “Nous saurons à cette date si notre positionnement est le bon”, explique Sylvain Choblet, le directeur de l’hôtel. La barre a été placée haut, à 65 % de taux d’occupation à l’année, avec comme mot d’ordre de ne pas brader les chambres : “Même si nous faisons des promotions, nous serons toujours dans la fourchette haute.”
En attendant, il faudra tenir face à la concurrence locale et parvenir à attirer la clientèle en dehors du centre-ville (l’hôtel étant situé à une dizaine de kilomètres de Deauville). Mais d’ores et déjà, des navettes sont à disposition pour les irréductibles du shopping…