À force de travail, Michel Baly et son épouse Christine ont développé leur petit réseau de 7 hôtels (soit 356 chambres) en Alsace, sur une bande de terre allant de Strasbourg (67) à Colmar (68) en passant par Molsheim (67) et Obernai (67). “Nous nous sommes développés car nous avons résisté à la compétitivité et nous nous sommes toujours adaptés au marché”, constate le chef d’entreprise. Pour asseoir son réseau, Michel Baly et son épouse décident de reprendre plusieurs établissements dans différentes villes d’Alsace. “Nous ne souhaitions pas grandir dans une seule ville. Nous voulons faire jouer la synergie entre les hôtels et proposer une offre adaptéé à divers types de clientèle.” Pour autant, le réseau reste homogène. En effet, Michel Baly a développé un certain type d’hôtellerie, “[sa] marque de fabrique”, une hôtellerie simple et moderne, qu’il conçoit avec un seul architecte, Bruno Gaertner, “sauf pour la Suisse”.
Autre atout du groupe, le lien familial. “Nous sommes avant tout une affaire familiale. Nous avons commencé à deux, mon épouse et moi, déclare Michel Baly, et successivement nous avons repris des hôtels que nous avons rénovés, en choisissant les meilleures formules juridiques : SA, SNC. En 2010, nous avons fait rentrer dans l’affaire notre fils Julien, qui a fait ses études à l’École hôtelière de Lausanne, et à qui nous avons confié le développement de notre hôtel à Bâle.” Une rénovation lourde avec la restructuration et la rénovation de deux vieux immeubles. “Un investissement de plusieurs millions d’euros”, lâche Michel Baly.
"Une seule réalité, le cash flow"
S’il n’aime pas beaucoup parler chiffres, Michel Baly fait néanmoins preuve d’une grande lucidité : “Il n’existe qu’une seule réalité dans l’entreprise, c’est le ‘cash flow’, se plait-il à répéter. Il faut donc assurer un développement tout en restant réaliste, et calculer ses prix de revient en fonction du marché.” Avec la technique du ‘yield managment’ bien maîtrisée, il déclare se situer dans la partie haute des moyennes régionales pour ses taux d’occupation, d’après les chiffres du cabinet Deloitte, mais avec des prix moyens par chambre légèrement plus bas.
Toujours dans cet esprit de compétitivité et d’innovation, il a créé un spa et édite une newsletter avec les promotions de ses hôtels. “Dans notre métier, ajoute-t-il, il faut s’adapter ou mourir.” Pour réussir, il a su s’entourer de vrais professionnels comme Franck Tascha au département marketing, et Geoffroy Baly (encore un membre de la famille) à la tête de l’hôtel Diana, le fleuron du groupe, un 3 étoiles de 67 chambres avec restaurant.