“Je ne travaille pas dans l’hôtellerie. Mon secteur, c’est le luxe”, affirme le Français Oliver Bottois, directeur général du St-James. Maître d’hôtel particulier de François Mitterrand dans les années 1980, Olivier Bottois a œuvré dans les plus beaux palaces dont le Connaught à Londres, le Ritz à Paris, le Peninsula New York puis il a passé une dizaine d’années au sein du prestigieux groupe Four Seasons en Amérique du Nord. En 2002, il met ses talents de gestionnaire au service du Relais & Châteaux Lake Placid Lodge puis ouvre le White Face Logde (LHW) dans l’État de New York avant de prendre la direction du prestigieux St-James en 2008. “Ces expériences ont raffiné ma vision des attentes de clients très connaisseurs”, explique celui qui, dans sa jeunesse, vendait champagnes et fourrures à une clientèle qu’il connaît bien.
À contre-courant
La crise économique n’a pas entamé son enthousiasme. “Les hôteliers ont tendance à diminuer leurs prix pour remplir leurs établissements. Cela signifie une baisse des marges et une diminution du niveau de service qu’il est difficile de remonter à la faveur d’une embellie”, affirme-t-il. Pour lui, le succès d’un hôtel ne se mesure pas à son taux d’occupation mais à ses profits nets. “Pour un établissement comme le nôtre, il est impensable de réduire la qualité de nos prestations. Le service est la clef ! J’ai préféré offrir de la valeur ajoutée à nos clients, miser sur une expérience unique et un rapport qualité prix exceptionnel”. Et cela marche : les résultats du St-James n’ont jamais été aussi bons. Après seulement huit années d’existence, il est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs hôtels du monde.
Miser sur le local
Depuis l’an dernier, la destination favorite du showbiz ne tient plus du rêve inaccessible au commun des mortels, du moins pour son restaurant lounge le XO. Avec le chef Michele Mercuri, Olivier Bottois s’évertue à ouvrir ses portes : nouveaux petits-déjeuners santé, table d’hôte à 26 CAD (18 €) le midi, un brunch dégustation unique à Montréal... “À l’heure d’internet, tout va très vite et nous devons nous adapter. Un client du midi dispose d’une heure maximum pour profiter d’un bon repas”, assure-t-il. Le XO a ainsi été classé meilleur restaurant de Montréal l’an dernier, d’après le journal La Gazette. Ces bons résultats ont ainsi convaincu ses propriétaires de rénover entièrement les lieux et de doubler la taille des cuisines. “Le nouveau décor avec un système de lumière et de son très haut de gamme renouvelle l’image du St-James, désormais plus contemporaine mais toujours chic, tout en préservant les touches historiques de l’hôtel.”
La conquête de la clientèle locale est au centre de son action. “Je souhaitais que les Montréalais redécouvrent le St-James.” Un souci de proximité qui se retrouve jusque dans la plupart des produits proposés, tous issus de producteur locaux. Le point commun de ces initiatives : la poursuite de l’excellence. Et d’après Olivier Bottois, ce n’est pas un acquis. “Il faut innover, se réinventer en permanence et avoir l’ambition d’être imité.”