Certes, malgré son ouverture, les travaux ne sont pas tout à fait achevés, en particulier sur la partie spa Les Thermes des Oliviers, ou sur le restaurant gastronomique à l’étage avec sa vue panoramique ouvert sur le haut Atlas enneigé. Mais l’essentiel est là, à l’abri des regards derrière les hautes murailles ocre dressées le long de l’avenue MohamedVI, à une demi-heure à pied de la place Djemaa el Fna. Trois ans de travaux et un budget d’environ 26 ME auront été nécessaires pour que cet hôtel-club sorte de terre. Car du temps, il en a fallu pour trouver les plus beaux matériaux du pays et les artisans experts en la matière. Le complexe les Jardins de l’Agdal s’inscrit dans le style traditionnel des riads marocains marqué par la variété infinie des matériaux. Marbre, tadelack, bois de cèdre et plâtres sculptés, zelliges, stucs, briques de Safi, lustres et heurtoirs en cuivre ouvragés, vastes cheminées, plafonds cathédrales… jusqu’au revêtement des ascenseurs en cuir cloutés, rien que de l’authentique.
Une déco signée Jean-Baptiste Barian
Une fois passé l’accueil flanqué de salons, bars, restaurants et salle polyvalente de 600 places ; longé le patio à ciel ouvert et sa fontaine par d’exquises galeries, nous voilà au cœur du complexe. La vaste piscine chauffée de 1 000 m2 offre un miroir aux chambres qui l’encadrent sur deux ailes. Dressées sur trois niveaux, les 258 unités comptent 86 chambres communicantes, 6 suites familiales, 9 suites juniors, 2 suites de luxe et 2 chambres pour personnes handicapées. Des espaces qui ont été imaginés par Jean-Baptiste Barian; ce disciple d’André Paccard - architecte-décorateur du roi Hassan II- a su mêler la tradition aux dernières innovations, notamment en matière d’éclairage. À la tombée de la nuit quand percent les étoiles, le décor extérieur change du tout au tout par la magie d’une mise en lumière étonnante. Mais c’est également à l’Atlas, le restaurant principal de 480 couverts que l’effet lumière joue à plein, magnifiant mobiliers et lustres contemporains de la maison italienne Slide Design.
Un français, Laurent Faure à la tête de la restauration
Recruté comme chef exécutif pour les quatre restaurants et les deux bars, Laurent Faure, 37 ans, est loin d’être un novice. Apprenti à l’âge de 14 ans, passé par de belles maisons, Jean-Yves Bath à Clermont-Ferrand, La Belle Meunière à Royat, Le Ritz à Paris avec Guy Leguay… puis propriétaire de restaurants dans sa région natale, cet Auvergnat est arrivé à Marrakech il y a dix-huit mois sur un coup de cœur. C’est au Sofitel, où il travaillait aux côtés d’Olivier Caparros - ex-chef de la Mamounia - qu’on est venu le chercher. L’homme n’a pas hésité :
“C’est un beau challenge. Et Fram a mis les moyens. Je dispose de très belles cuisines, d’un matériel dernier cri de la marque Bonnet et Salva pour la boulangerie-pâtisserie. Pour le personnel je n’ai pas eu de problème. À terme l’effectif en cuisine devrait avoisiner les 70personnes.” De beaux moyens en somme pour se faire plaisir : “À l’Atlas, l’idée est faire des buffets thématiques chaque jour, italien, cuisines européennes, asiatiques… et un dîner de gala par semaine.” Mais de tous les restaurants, c’est au gastronomique que Laurent Faure compte se faire le plus plaisir : “Je souhaite surprendre avec une cuisine inventive, à dominante méditerranéenne.”
Reste maintenant au complexe à poursuivre sa mue. Le superbe centre de balnéothérapie et spa devrait ouvrir à la fin décembre. 1 000 m2 sont dévolus au bien-être, à la remise en forme et aux soins du corps avec des équipements ultramodernes dont cette piscine chauffée surmontée d’une verrière escamotable. On nous promet les mêmes délais pour les dernières suites et le restaurant gastronomique. Mais une chose est sûre, l’hôtel affiche quasiment complet pour les fêtes.