Aujourd’hui nous vous présentons Christian Groult pour l’Hôtel Château d’Agneaux.
Agneaux est à la périphérie de Saint-Lô en Normandie. Le Château d’Agneaux est un château classé du XIIIème, avec plusieurs bâtiments annexes : une tour carrée, une chapelle et une ferme. Christian Groult a totalement rénové l’ensemble pour en faire un superbe lieu de séjour comportant 11 chambres et 2 restaurants. Indépendant, il est adhérent des Relais du Silence et de Châteaux et Hôtels de Collection pour échanger avec d’autres professionnels et participer à une commercialisation en réseau.
Intimement convaincu de l’importance d’être en harmonie avec son environnement, il a obtenu le premier Ecolabel pour un château et bâtiment de France.
Parmi tous les dispositifs qu’il a mis en place pour un développement durable de son établissement voici ceux qui nous paraissent les plus significatifs :
Économiser l’énergie, l’eau
La décoration est sous le signe de la cohérence et de la sobriété. Elle est simple avec des huisseries en bois de la région et des mûrs recouverts à la chaux grasse, un matériau nettement plus intéressant que le béton sur le plan écologique. Avec un emploi insolite d’objets anciens ou de matériaux récupérés, par exemple le tressage d’une immense liane pour matérialiser un espace ou l’utilisation d’ardoises pour la signalétique.
Le chauffage est assuré par des planchers chauffants alimentés par un système de pompes à chaleur et par une chaudière à condensation au gaz de ville qui a permis une économie de 30 % sur la consommation d’énergie.
Sur le plan énergétique il a souscrit un contrat 100 % énergie propre et constate qu’avec tous ses dispositifs d’économie d’énergie, sa consommation a diminué de 10 % pour un chiffre d’affaires en augmentation de 50 % en 2009.
Bien sûr tous les robinets sont équipés de réducteurs de débit et le personnel fait une chasse vigilante de toutes les fuites d’eau. Dans les chambres il n’y a plus de produits d’accueil à usage unique et c’est le client qui détermine s’il souhaite que ses serviettes soient changées ou non. De même les minis-bars ont été enlevés au profit d’une bouteille d’eau plate et d’une bouteille d’eau gazeuse mises à la disposition du client.
Limiter les produits polluants et trier les déchets
Christian Groult travaille particulièrement avec son équipe sur l’élimination progressive de tous les produits trop agressifs comme les colles, ou par le nettoyage des éponges avec des boules de lavage et par l’utilisation en cuisine de spray avec du vinaigre blanc. Il a formé sa repasseuse pour optimiser l’utilisation des machines en faisant un tri pour alterner les lavages à 30° et 60° et en limitant les temps de séchage.
Il réussit à faire faire à son équipe, avec quelques rappels parfois, le tri des déchets en 6 catégories : cartons, papiers, verre, acier, piles et produits ménagers pour le compostage. Et il constate que transformant beaucoup ses produits, il limite considérablement les emballages.
Avec 8 hectares de terrain, il limite les tontes (en muchling) au strict minimum et pour la biodiversité, l’agrément des clients et la décoration il dispose de 3 jachères fleuries. Pour les parterres, il pratique le paillage avec des copeaux de bois provenant du recyclage des haies ce qui préserve l’humidité et évite le désherbage.
Préférer les produits locaux et les circuits courts
Pour le petit-déjeuner il n’y a pas de buffet, ce qui limite les gaspillages, un choix de boissons chaudes et d’excellents produits frais est proposé au client sur une fiche spécifique avec des confitures faites maison et du pain au levain fabriqué spécialement pour l’hôtel par deux boulangers locaux.
Pour les restaurants, il a opté pour un approvisionnement en circuit court. Il considère d’ailleurs être parfaitement privilégié par la proximité de producteurs de produits régionaux de qualité : l’agneau de pré-salé du Mont Saint-Michel, les carottes de Créances, du cidre bio et Normandie oblige les produits de la laiterie Réaux. Il constate d’ailleurs que les clients apprécient une offre, par exemple pour des mariages, avec un menu composé essentiellement de produits locaux.
Chercher des idées en permanence
Enfin Christian Groult s’efforce de faire vivre un état d’esprit où le développement durable est une approche qualitative et surtout pas contraignante ni culpabilisante. Par exemple l’information client est faite avec humour par "le mulo écolo du châto". Et il cherche en permanence ce qu’il pourrait améliorer, par exemple : les produits d’accueil, il aimerait assouplir le dispositif des produits en grands contenants. Il cherche un emballage biodégradable qui permettrait au client de partir avec la savonnette ou le bonnet de douche pour les réutiliser chez lui.