L’Hôtellerie-Restauration : Comment analysez-vous ce résultat ?
Régis Marcon : Je ressens un certain découragement dans la profession et plus particulièrement chez les 2 et 3 étoiles. Et cella m’effraie un peu. Ce n’est pas simple, les familles ont du mal avec les contraintes horaires, vous avez aussi des jeunes qui sont sans repères familiaux ou qui viennent dans le secteur par défaut. L’absentéisme est un vrai souci. D’autre part, je pense que l’abandon de l’agrément d’apprentissage a été une erreur. Vous avez des apprentis qui se retrouvent dans des établissements où l’on ne travaille pas la matière et cela contribue à ternir l’image du métier.
Cette étude met aussi l'accent sur l'inadaptation de l'offre de l'apprentissage aux attentes et aux besoins des chefs d'entreprises ?
R. M. : Je ne suis pas d’accord avec ce raisonnement. En revanche, cela démontre le manque d’informations dont dispose l’entreprise. L’information est pourtant diffusée mais la diversité des métiers, des publics et des dispositifs fait que cela devient complexe. Les professionnels se perdent un peu dans les différents dispositifs. On caricature facilement le système de formation en se renvoyant les responsabilités vous savez…
Les dirigeants d’entreprise reconnaissent toutefois dans l’apprentissage un outil de lutte contre le chômage et d’insertion sociale…
R. M. D’où la nécessité de mieux faire connaître en amont les dispositifs, les fonctions et les attraits des différents métiers. Nous y travaillons dans le cadre de la mission. Nous sommes, aussi, par exemple, favorables à une période de pré-apprentissage pour éviter que les jeunes viennent par défaut dans notre secteur d’activité. Parmi les solutions, il y a les développeurs d’apprentissage, ce sont des personnes qui dépendent des CCI et qui vont expliquer aux entreprises les dispositifs. Nous allons mettre en place des opérations pilotes dans trois régions. Nous voulons que chaque contrat soit associé à un engagement signé par le maître d’apprentissage, l’apprenti ou ses parents et le formateur. Il faut que chacun se sente responsabilisé. Les formateurs doivent aussi êtres formés. Et puis, il est important qu’il y ait des accompagnements individualisés des jeunes pour limiter les ruptures. Nous devons également adapter des parcours d’apprentissage pour les jeunes qui en réorientation.