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Coût de la rentrée : le grand écart d’un lycée à l’autre
mercredi 8 septembre 2010 16:30

Paris (75) Le coût moyen d’un trousseau n’est pas le même à Paris, Lyon ou Marseille. Il diffère d’un lycée à l’autre. Nous avons mené l’enquête auprès d’une quinzaine d’établissements à travers l’Hexagone. Résultat : on passe du simple au double entre la Provence-Alpes-Côte d’Azur et la région Midi-Pyrénées.

 

Combien coûte la rentrée dans un lycée hôtelier pour un élève de bac pro ? En voilà une question pertinente. Car d’un établissement à l’autre, les tarifs varient. Parfois, d’ailleurs, dans des proportions qui n’ont rien d’anodin. C’est ce qu’ont révélé nos investigations menées auprès d’une quinzaine de lycées à travers l’Hexagone. Ainsi, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, avons-nous trouvé un trousseau, avec mallette à couteaux, tenue de salle et tenue de cuisine, proposé à 300 euros contre 660 euros dans un lycée de la région Midi-Pyrénées. Soit un rapport de 1 à 2 : ce qui change la donne.

Un coût moyen de 400 euros

En dépouillant l’ensemble des données récoltées durant notre mini tour de France, le coût moyen d’un trousseau flirte le plus souvent avec les 400 euros. Avec de bonnes surprises non seulement en Provence-Alpes-Côte d’Azur, mais aussi en Rhône-Alpes et dans le Sud-Ouest, où nous avons trouvé des trousseaux à 300 euros. En Alsace, en revanche, un trousseau peut s’acheter 480 euros et jusqu’à 590 euros en Ile-de-France. L’explication de ces écarts de prix ? Elle tient essentiellement aux accords passés avec les fournisseurs et aux négociations, parfois âpres, que mènent avec eux les associations de parents d’élèves. « Le tarif le plus bas que nous avons obtenu pour une mallette à couteaux est de 127 euros », confie Philippe Landureau, vice-président de la Fédération nationale de parents d’élèves de l’enseignement technique hôtelier et touristique (Fnapeetht). Une fédération très active puisqu’elle consulte les principaux fournisseurs d’un trousseau tous les trois ans, « afin de les mettre régulièrement en concurrence ». Un travail de titan pour parvenir aux prix les plus justes, « nos critères de sélection étant la longévité du matériel, sa qualité et sa sécurité », souligne Philippe Landureau.

Les conseils régionaux mettent la main au porte-monnaie

Parallèlement, des aides existent. Elles viennent des Conseils régionaux, véritables partenaires des lycées hôteliers sur le front du financement des trousseaux. En règle générale, ils interviennent à hauteur de 50% du prix de la mallette et des deux tenues exigées. Mais certains vont plus loin. A l’image  de la région Rhône-Alpes qui finance l’intégralité du trousseau. La Basse-Normandie, pour sa part, prête la mallette à couteaux et offre les tenues. Quant à la Bourgogne, elle offre la mallette.
Pour percevoir ces aides, le dispositif mis en place n’a rien de sorcier. Bien au contraire. En pratique, les élèves essaient leurs tenues en juin. Ils les récupèrent dans leur lycée fin août, au plus tard début septembre. Et ce n’est qu’à la rentrée qu’ils font leur demande de bourse. Ils remplissent alors un formulaire pour obtenir la subvention du Conseil régional. Puis, la somme allouée est soit remise sous forme de chéquier, soit directement déduite du coût total du trousseau. Un bémol toutefois dans ce processus : si, dans certaines régions, la bourse est accordée d’emblée, dans d’autres elle peut dépendre des conditions de ressources de la famille de l’élève.

Cinq nouveaux livres par an et par élève

Une fois la mallette et les tenues achetées, c’est déjà un premier pas vers la rentrée. Mais la liste des fournitures scolaires n’est pas terminée pour autant. Car, au trousseau, s’ajoute les livres. Il en faut cinq nouveaux en moyenne pour une année scolaire. Et le montant de ces ouvrages est estimé à près de 100 euros. Une somme qui peut facilement être divisée par deux si on a la bonne idée de racheter ces livres aux élèves de l’année précédente. Par ailleurs, en Basse-Normandie, le Conseil régional rembourse 50 euros sur l’achat des ouvrages et dans le Sud-Ouest on peut bénéficier d’un « chéquier lecture » d’un montant de 60 euros. Mieux encore : les livres sont prêtés par certains lycées de Bourgogne, des Pays de Loire, d’Ile-de-France et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. 

Toques et cahiers : des accessoires obligatoires

Dans la foulée des livres, il faut aussi penser à la toque. Pas question, en effet, de faire une rentrée sans cette coiffe à la fois pratique et si emblématique. Mais, une fois encore, les prix fluctuent selon les régions et, bien sûr, la qualité de la toque. A titre d’exemples, une toque en tissus est facturée 10 euros dans un lycée de Bourgogne, quand un lot de cinq toques jetables vaut 5,50 euros dans un établissement alsacien. Autre scénario : en Rhône-Alpes, une toque peut varier de 50 centimes à 3 euros selon sa hauteur et sa sérigraphie. Enfin, le cartable du futur élève est complet avec des cahiers et des crayons pour une valeur voisine d’une vingtaine d’euros.

Au total, le coût de la rentrée en lycée hôtelier atteint une moyenne de 525 euros par élève -trousseau, livres et toques compris-. Un montant qui peut chuter à quelque 275 euros si l’on tient compte des subventions des Conseils régionaux. A titre de comparaison, l’an dernier, la Confédération syndicale des familles avait estimé à 562 euros le coût moyen de la rentrée d’un élève en classe de 2nde dans un lycée d’enseignement général.
Hélène Binet et Victoire Malet

Assurance scolaire : des garanties en plus
L’assurance scolaire garantit les dommages causés par les jeunes scolarisés. Elle couvre la responsabilité civile et tout accident corporel. La plupart des contrats proposent, en outre, des garanties contre le vol, le racket ou encore un service d’assistance qui permet à l’élève malade de poursuivre sa scolarité à domicile. Pour souscrire une assurance scolaire, il suffit de s’adresser à un assureur ou d’adhérer à un contrat proposé par une association de parents d’élèves.

Côté tarifs, les contrats négociés par les parents d’élèves excèdent rarement les 7 euros par an. A titre d’exemple, la Fédération nationale de parents d’élèves de l’enseignement technique hôtelier et touristique (Fnapeetht) propose un contrat –avec Gan- à 5 euros par an. Celui-ci couvre le vol et les stages de quatre mois dans le monde entier.

Les tarifs pratiqués par les compagnies d’assurance, en revanche, sont un peu plus chers : chez Axa notamment, les élèves sont protégés à partir de 10 euros par an. Quant à la MAE, elle innove à partir de cette rentrée 2010-2011 avec le « Contrat dommages aux biens ». Ce nouveau contrat assure le matériel utilisé et nécessaire dans certains cursus, comme ceux dispensés en lycée hôtelier. Les garanties interviennent en toutes circonstances, aussi bien au lycée qu’à la maison, sur le trajet ou en vacances. Le prix de ce contrat ? Il varie selon la valeur à neuf des biens déclarés. Ainsi, pour un trousseau d’une valeur inférieure à 500 euros, la cotisation est-elle de 12 euros par an. Et pour un trousseau estimé entre 501 et 1 000 euros, la cotisation annuelle passe à 21 euros.


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