“Le monde de la cuisine ne peut pas faire fi de l’environnement ni de la pauvreté”, assure Thémis, enseignant à l’ITHQ (Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec), chef de l’année 2008 pour la région de Montréal et cofondateur de Cuisiniers sans frontière. En 2003, il a décidé de créer cette ONG avec sa défunte épouse, elle aussi du métier. “Nous voulions fournir la canne à pêche plutôt que le poisson”, explique-t-il. C’est à Madagascar, son pays d’origine, que Thémis a débuté son projet. Déjà deux promotions d’élèves y ont été formées et l’ONG dispose désormais de deux écoles, l’une à Antananarivo, la capitale, et l’autre à Majunga. “Chaque année, nous y formons trente-six personnes.”
Sensibiliser à l’environnement
Chaque élève est payé, habillé et dispose de tout le matériel et la nourriture pour travailler. Pour Thémis: “La cuisine est un excellent médium pour aborder les problèmes de manière très concrète. Par exemple, on explique aux élèves que s’ils ne se protègent pas du sida, ils ne pourront plus travailler, car c’est un métier très exigeant physiquement.” Il leur explique également comment économiser l’eau, créer du compost ou limiter les sacs en plastique, véritable fléau pour l’environnement de l’île. “Nous aimerions exporter ce modèle et le diffuser dans d’autres pays, comme au Bénin, au Pérou, au Vietnam ou au Burkina Faso.” Pour continuer à appliquer leur recette, il manque à ces bénévoles l’ingrédient principal : l’argent. “Nous faisons fonctionner nos écoles et l’ONG avec 36 000 dollars par an”, se désole Thémis.