Buenos Aires (ARGENTINE) La soixantaine venue, l’ancien chef du Petit Bedon (2 étoiles au Michelin) prend sa retraite, mais ne rend pas pour autant son tablier. En 2006, Pierre Marchesseau s’envole vers l’Argentine où il développe un projet de plats cuisinés haut de gamme pour le compte d’un tiers. Un an après, sa mission touche à sa fin. On lui propose alors d’élaborer du saumon fumé pour une petite fabrique locale, puis du caviar en Uruguay. Parallèlement, il enseigne à l’École Vatel de Buenos Aires, et est chargé de relancer le restaurant de l’institution. “Aujourd’hui, on doit refuser du monde, et le nombre de couverts a triplé en un an.” Sa recette ? “En ouvrant le soir et en préparant 300 plats sous vide pour la semaine, le prix de revient s’avère inférieur. La qualité a été améliorée, alors que les prix, modestes, sont restés identiques.”
Pierre Marchesseau est pressenti pour diriger les cuisines du luxueux Automobile Club d’Argentine. Les différences culturelles le font encore hésiter : “Malgré les écoles de cuisine qui fleurissent depuis quelques années, le niveau est encore faible. Par ailleurs, on observe un fort syndicalisme : un jour, j’ai vu tous les employés quitter un restaurant à la suite d’un différend avec le patron et laisser 300 couverts en plan…” Mais l’objectif est tentant : faire de cette future adresse la meilleure table du pays.