L'Hôtellerie Restauration : Quelles sont les caractéristiques du parc hôtelier du bassin touristique gapençais/val de Durance ?
Jean-Yves Proust : Le bassin touristique gapençais/val de Durance intègre les cantons de Barcelonnette, Gap, La Bâthie-Neuve et Tallard. Son parc hôtelier compte 22 établissements cumulant 765 chambres et se distingue par la présence de quelques établissements familiaux de faible capacité mais surtout par l'absence d'un établissement haut de gamme. Le parc hôtelier de la ville de Gap se porte correctement et offre un rapport qualité/prix satisfaisant.
Hormis l'absence d'un établissement haut de gamme, l'ensemble des segments de clientèle sont couverts, avec une prédominance de l'hôtellerie milieu de gamme correspondant à l'ancien classement 2 étoiles. Néanmoins, ce parc n'est pas à l'image de celui des Hautes-Alpes, qui accueille une clientèle familiale plutôt aisée ainsi que des retraités recherchant un certain niveau de confort et de services. La ville de Gap est davantage tournée vers une clientèle à dominante affaires présente en semaine. Le parc a peu évolué depuis dix ans avec une disparition des petits hôtels qui n'a pas été compensée par des reconstructions majeures. Parallèlement, le parc ne s'est pas beaucoup rénové malgré les efforts de certains hôteliers pour augmenter le niveau de service et de confort.
Quelle est la saisonnalité de la demande ?
L'hôtellerie du bassin gapençais/val de Durance présente une saisonnalité beaucoup plus marquée l'été que l'hiver, avec un taux d'occupation moyen de 59 % contre 39 %. À partir du mois de mai et jusqu'au mois d'août, la progression est constante et les taux d'occupation ne descendent jamais en dessous de 45 %. Les mois de juillet et août sont les mois les plus fastes en termes de fréquentation. De décembre à mars, l'hôtellerie est marquée par de fortes variations de fréquentation avec le meilleur score pour le mois de février, à 45 %. La durée moyenne de séjour des touristes de passage est relativement faible et dépasse rarement 1 nuitée.
Comment se comportent les différents segments hôteliers ?
L'analyse des taux d'occupation selon les différents segments hôteliers montre que, sur l'année 2010, c'est l'hôtellerie milieu de gamme - taux d'occupation de 56 % en 2 étoiles - et super économique - TO de 54 % en 0 étoile - qui est la plus dynamique. L'hôtellerie de chaîne volontaire et intégrée affiche également de meilleurs taux d'occupation que les hôteliers indépendants, notamment sur le mois d'août avec plus de 16 points de différence.
Quel a été l'impact de la crise économique sur l'activité hôtelière ?
Nous relevons une légère baisse de la fréquentation (- 4 points) dans les hôtels du bassin touristique gapençais/val de Durance entre 2009 et 2010, mais cette tendance ne se vérifie pas sur Gap, puisque la majorité des hôtels de la ville ont enregistré une activité similaire voire en progression pour certains, notamment au cours du mois d'août (avec près de 2 points d'augmentation). De même, la saison estivale 2011 apparaît satisfaisante pour l'hôtellerie de gapençaise, au regard de 2010, avec une augmentation de 7 points sur le mois de juillet - et plus de 79 % de taux d'occupation - et de 0,5 point en août - pour un TO de 76 % - par rapport à 2010.
Dans quelle mesure les nouvelles normes de classement peuvent-elles faire évoluer le paysage hôtelier gapençais ?
Une vingtaine d'établissements sont déjà classés. Les hôteliers sont partagés entre la volonté de monter en gamme avec la réalisation de travaux et celle de rester dans la même catégorie. Le parc va donc subir une légère mutation, en tout cas au niveau du classement affiché.