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Restauration rapide : les banques rassurées par une reprise sous enseigne
samedi 9 avril 2011 23:39

Orléans (45) Pour Century 21 Capital Commerce à Orléans, le marché de la cession de restaurants rapides se porte bien, tout comme celui des bars-tabac, tandis que la restauration traditionnelle et gastronomique a plus de mal à trouver des repreneurs. Explications avec son directeur, Stéphane Lemonnier.

 Stéphane et Sophie Lemonnier, à la tête de Century 21 Capital Commerce à Orléans
 

Pouvez-vous nous présenter votre agence ?
Mon épouse et moi-même avons créé cette agence en février 2008. Aujourd'hui l'équipe est constituée de 10 collaborateurs dont 4 négociateurs dédiés au fonds de commerce. Nous avons 400 mandats de vente dans notre fichier dont 65% concernent des CHR. Nous couvrons le secteur du Loiret et une succursale est en cours d'installation à Blois dans le département du Loir et Cher.

Quels sont les fonds de commerce les plus demandés à l'heure actuelle ?
Malgré la hausse des prix du tabac, et l'interdiction de fumer, les bars-tabacs sont des affaires qui restent rentables dans notre région et qui sont accessibles à des primo-accédants en reconversion, notamment parce que les banques n'exigent pas une expérience ou une formation spécifique - hormis les 3 jours de formation pour obtenir le permis d'exploitation imposé par la loi. Ce segment est donc assez recherché. En deux ans nous avons effectué 15 transactions dans ce secteur.  Le prix est déterminé en fonction des commissions tabac  aux alentours de 3 fois l'EBE. 

Qu'en est-il de la restauration rapide ?
Ce segment est en constant développement surtout lorsque les points de vente sont franchisés. Parmi les enseignes appréciées : Francesca, Subway, et autres franchises à thème. Repris en moyenne pour un prix compris entre 100 et 120% du CA HT, et 3 ou 3,5 fois l'EBE, les commerces de restauration rapide et à emporter sont un produit attractif. Des ouvertures de restaurants rapides se font également par rachat d'emplacement en droit au bail. Dans ce cas, le fonds n'étant plus exploité au moment de l'achat, le prix de cession est fixé au regard de la valeur locative, laquelle dépend essentiellement du secteur d'implantation. Dans les deux cas une reprise sous enseigne facilite l'accès au crédit, car cela rassure les banques. 

De nombreux commerces du type restauration rapide ou à emporter ne répondent pas aux normes d'accessibilité aux personnes handicapées, et parfois leur configuration ne permet pas une mise aux normes complète. Est-ce que cet élément influe sur la valeur du fonds ?
Incontestablement ! Une configuration des lieux non-conforme aux normes de sécurité ou d'accessibilité des personnes à mobilité réduite, diminue la valeur du fonds, d'autant que les banques prêteuses sont de plus en plus vigilantes à cet aspect. Elles estiment que le repreneur aura besoin d'emprunter à nouveau pour mettre son établissement aux normes. L'appréciation des normes d'hygiène et de sécurité pèse également beaucoup dans l'évaluation du prix de cession. Lorsque ces normes ne sont pas entièrement respectées, ce sont autant d'éléments qui tirent le prix de vente vers le bas. Cela est valable également pour les restaurants et hôtels.

Les fonds de commerce de restaurants et brasseries séduisent-ils encore ?
Les restaurants constituent la moitié de notre portefeuille de mandats de vente. Mais force est de constater que dans notre région les secteurs qui séduisent sont les hyper centre ville où l'on touche une clientèle variée (bureaux, touristes et locaux) ou les zones à forte fréquentation routière ou touristique (restaurant ouvrier du midi). Aujourd'hui, face au secteur de la restauration les banques restent frileuses sur les prêts aux professionnels du secteur. En moyenne et dans notre secteur géographique, le prix de vente moyen  des restaurants se situe autour de 180 000€. En général un fonds de restauration traditionnelle se vend 80% du CA et 2,5 fois l'EBE, sauf pour le gastronomique qui est beaucoup plus dur à céder avec une valeur moyenne de 40% du CA HT et 2,5 l'EBE. Par contre, la brasserie de centre-ville  avec terrasses reste toujours mieux valorisée car il y a une garantie de clientèle, donc un potentiel de rentabilité plus grand. On estime qu'une brasserie se vend 80% à 90% du CA HT et en moyenne 3 fois l'EBE. A noter, que dans ce cas de figure l'existence d'un logement de fonction reste  un vrai plus. 

Et qu'en est-il des hôtels-restaurants et des hôtels bureaux ?
Ces commerces se vendent assez bien lorsque la répartition du CA est de l'ordre de 20% pour la restauration et 80% pour les hôtels. Si c'est 50% pour la restauration et l'hôtellerie le produit attire déjà beaucoup moins, sauf  s'il s'agit d'un établissement de charme dont l'emplacement et la configuration peuvent permettre de développer une clientèle touristique et d'affaires ainsi que des séminaires. Ce fut récemment le cas pour le domaine de Valaudran, un hôtel-restaurant à Salbris que nous avons cédé à un jeune couple originaire de Grenoble, ex-salariés du secteur. Leur clientèle se compose de locaux (clientèle d'affaires, repas de famille, repas de chasse), séminaires, touristes. Ils ont développé la partie restauration du midi et sont aujourd'hui tout à fait satisfaits de leur choix.
Tiphaine Beausseron

Comment passer le barrage des banques

Les 5 principaux critères à remplir auprès des banques pour reprendre un fonds de commerce de restauration

1.     Le CV du repreneur : une expérience en tant que salarié ou exploitant est indispensable pour la reprise d'un restaurant traditionnel ou une brasserie.

2.     Sa motivation : le projet de reprise doit s'insérer dans un véritable projet de vie

3.     La qualité de l'emplacement  quelle  que soit l'activité

4.     L'apport : en général, la banque exige un apport de 30%, voire 40% pour les hôtels-bureau.

5.     La conformité de l'établissement aux normes d'hygiène, de sécurité de d'accessibilité aux personnes handicapées.

Century 21 Entreprise et Commerce Capital Commerce
19 avenue des droits de l'Homme
45000 Orléans
capitalcommerce@century21.fr
Tél. : 02 38 83 10 93



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