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Reprendre un hôtel : évitez les embûches
lundi 6 septembre 2010 17:23


1/3 des reprises en hôtellerie échouent

Avez-vous conscience des 10 causes d’échec les plus fréquentes ?
- Précipitation, attention au ‘COUP DE CŒUR’.
- Une évaluation non réalisée de ses compétences et de ses capacités.
- La méconnaissance du marché de l’hôtellerie et de ses acteurs, un nouveau métier mal appréhendé.
- Des diagnostics bâclés ou non réalisés (sur la structure physique de l’établissement ou l’organisation du travail de l’établissement).
- Une négociation réalisée sur des bases irréalistes.
- Une installation dans de mauvaises conditions (compromis de vente non rigoureux).
- Un prévisionnel trop optimiste.
- Un apport personnel et des fonds propres insuffisants.
- La séparation des exploitants (associés, couples).
- Une mauvaise gestion.

1re embûche : le coup de cœur qui aveugle 

Qu’est ce qu’un coup de cœur ?
Le "Larousse" définit le "COUP DE CŒUR" comme un choc rapide et brutal qui résulte d’un brusque emballement pour quelque chose, quelqu’un, ici dans notre contexte pour un établissement hôtelier. Un "COUP DE CŒUR" c’est un défi.  

Le "COUP DE CŒUR", c’est l’affaire qui correspond à notre idéal, à l’affaire que l’on s’est imaginée, c’est celle dont nous avions rêvé. Le rêve devient donc réalité, mais attention DANGER ! 

Comment le coup de cœur vous rend négligent ?
Le repreneur a une idée fixe, exploiter son affaire absolument. Le "COUP DE CŒUR" peut être un déclic, mais attention, faut-il encore savoir gérer ce fameux "COUP DE CŒUR", car une décision trop rapide et non réfléchie peut être lourde de conséquences. 

Lorsque l’on a le "COUP DE CŒUR" pour une affaire, on est alors plus du tout objectif, "on ne voit plus rien", on n’est plus aussi attentif aux particularités de l’affaire, on est plus négligent sur certains points, on est plus souple dans la négociation… Bref, on est complètement absorbé par l’affaire, on se projette sans se rendre compte des nombreux pièges et surprises que peut nous réserver une reprise. 

Euphorie de la liberté, quand on est employé dans une hiérarchie contraignante, le nouveau propriétaire-exploitant se sent pousser des ailes, euphorique à l’idée d’être aux commandes et de n’avoir plus à rendre de comptes à personne. Grave erreur. L’euphorie peut conduire à des décisions en chaîne erronées et à une approche de la reprise bâclée ou mal appréhendée. Le "COUP DE CŒUR" peut vite se transformer en "COUP DE MASSUE". 

Quelles peuvent être les conséquences d’un coup de cœur non maîtrisé ?

Une multitude d’imprévues à gérer prioritairement et, auxquels il va falloir faire face absolument comme :

- Des agencements à réaliser.
- Du matériel à réparer, à remplacer.
- Du mobilier à acheter.
- Manager différemment les équipes.
- Des recrutements à réaliser dans l’urgence.
- Régler des litiges avec des fournisseurs, avec des clients… 

Ce qui peut entraîner, plus dramatiquement :
- Des problèmes financiers.
- La perte de son patrimoine.
-
Un stress permanent qui peut engendrer des problèmes de santé.
- La séparation des associés dans le cas d’une exploitation sous forme de société.
- Le divorce si c’est un couple d’exploitants.
- Le redressement judiciaire.
- La liquidation de l’affaire…

 

Par Stéphane Corre, directeur de l’agence Michel Simond de Brest



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