« Une affaire se vend en moyenne 15% de moins que le prix affiché »
jeudi 29 avril 2010 10:45
Bordeaux (33) A Bordeaux, les prix du marché de ventes de fonds devraient rester stables en 2010 sur un marché fragilisé par la crise économique. Explications avec Philippe Platon, d.g. de Century 21 Immo Pro Commerce.
Quels sont les prix de ventes moyens des CHR à Bordeaux ? Les prix de ventes de bars-brasseries et des restaurants traditionnels de petites et moyennes capacités se situent aux alentours de 150 000 € euros. Généralement, ces produits se vendent entre 70 et 80% du CA HT à Bordeaux et sa communauté urbaine. Cela grimpe à 100% du CA HT sur la côte balnéaire.
Ces prix sont-ils stables et y-a-t-il un grand décalage entre le prix de vente affiché et le prix de vente réel ? Nous tablons sur une stabilité des prix en 2010 pour les activités de restauration. Le décalage entre le prix de vente affiché et le prix de cession réel est de l’ordre de 15 %. Ainsi, une affaire affichée à 150 000 euros sera en réalité vendue 130 000 euros.
Comment la crise a-t-elle affecté le marché ? En ce qui concerne notre agence, nous avons vendu plus de petites affaires. Cela reflète d’ailleurs la tendance actuelle : les petites affaires du type restauration rapide avec terminal de cuisson, changent de main plus rapidement. Ainsi, le taux de rotation qui était précédemment de 4 à 5 ans, semble se réduire à 2 à 3 ans. A l’inverse, le marché des hôtels bureaux ou hôtels-restaurants s’est fortement ralenti, de part la connaissance par les acquéreurs des mises aux normes à venir. Ainsi les acheteurs ayant le profil correspondant se sont orientés sur d’autres types de projets. A noter que la crise a pour effet positif de stopper la démesure qui avait marqué ces dernières années dans l’évaluation des hôtels murs et fonds.
Et s’agissant du segment des restaurants ? Les restaurants situés dans les zones d’affaires et qui restreignent l’ouverture au service du midi, restent des produits attractifs et demandés. En revanche, les restaurants traditionnels semblent de plus en plus affectés par l’irrégularité de la clientèle du midi et le développement de l’usage des tickets restaurants le soir. Ce phénomène, que nous espérons ponctuel et lié à la crise, pourrait cependant affecter négativement la valeur du fonds dans son évaluation.
La baisse de la TVA aura-t-elle selon vous une incidence sur l’évaluation du fonds ? Oui, cela devrait avoir une incidence positive, même s’il est encore un peu tôt pour l’affirmer. Il faut à mon sens attendre 2011 pour le mesurer.
Etes-vous optimiste pour 2010 ? 2010 s’annonce à l’identique de 2009. Cependant, je pense que la crise que nous traversons fait partie d’un cycle dont la fin devrait intervenir pour la fin d’année. Nous pouvons souligner le rôle particulièrement paralysant des banques à l’égard du marché de cessions de fonds de commerce, car l’obtention de crédits est devenue particulièrement difficile pour les acquéreurs potentiels.
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