A Brest, performances hôtelières très contrastées
vendredi 3 avril 2009
Brest (29) Vous avez le projet de reprendre ou d’exploiter un hôtel à Brest ? Le cabinet Headlight Consulting, résume ce qu’il faut savoir sur ce marché avant de se lancer.
L'Hôtellerie Restauration : Comment définissez-vous l’offre hôtelière de Brest ? Headlight Consulting : La destination Brest peut s’appuyer sur une offre hôtelière bien structurée sur le segment 3*** (26% de la capacité hôtelière de l’agglomération). Le groupe Océania, qui possède 4 établissements (2 Océania, L’Amirauté ancien Holiday Inn et Le Continental) tient le marché de l’hôtellerie classée 3*** de Brest. Il garantit des produits de bon niveau et tire toute l’hôtellerie locale vers le haut. Les chaînes nationales ne sont pas en reste et ont investi le segment 2** qui représente 52% de l’offre globale (dont 44% de chaînes) et maîtrisent la quasi-totalité du marché de l’hôtellerie super économique. Malgré tout, l’hôtellerie dite « indépendante » reste maître sur ce marché cumulant 54% de la capacité hôtelière de l’agglomération.
Quel est le type de clientèle ? L’agglomération Brestoise est majoritairement une ville « d’affaires ». Les clients, fournisseurs et collaborateurs d’entreprises locales consomment 51% des nuitées enregistrées dans les hôtels du Pays de Brest. Ce ratio monte à 60% hors période estivale (et est encore plus important sur le seul marché Brestois).
Qu’en est-il des taux d’occupation ? Avec un TO moyen de 63% , les performances sont satisfaisantes mais très contrastées. Ainsi, dans le nord Finistère, l’hôtellerie affiche, en 2008, un taux d’occupation (TO) moyen de 55.4% (en baisse de 3 points par rapport à 2007). L’activité très saisonnière des établissements implantés sur la côte au nord et dans l’intérieur des terres tire ce ratio vers le bas. Deux pôles hôteliers tirent leur épingle du jeu : l’hypercentre de Brest qui concentre un grand nombre d’équipements structurants et la zone de Kergaradec qui s’appuie sur un fort potentiel « affaires » et une clientèle « de passage » (autoroute, aéroport…). Les chaînes hôtelières affichent quant à elles un bon TO moyen (67.1%) en augmentation de 2.5 points par rapport à 2007.
Quelles sont les perspectives de développement de l’offre hôtelière en 2009 ? Après 10 années de stagnation voire de diminution de la capacité hôtelière de la métropole Brestoise, des projets se concrétisent. Ainsi, le marché devrait accueillir au cours de l’année 2009 un nouvel établissement de 36 chambres, sur la zone de Kergaradec, sous l’enseigne Best Western. Le groupe Accor envisage par ailleurs le développement d’une offre mixte sur le Port de Commerce : un Etap Hotel de 53 chambres et un All Seasons de 53 chambres. L’évolution quantitative de l’offre vient dynamiser un marché sur lequel les hôtels notamment indépendants réagissent peu à peu en rénovant et en modernisant leurs outils.
Comment positionnez-vous Brest par rapport aux autres villes françaises ? La métropole Brestoise amorce un virage qui devrait lui permettre de rattraper son retard sur des agglomérations de taille comparable. La 27ème agglomération Française (hors Ile de France) rétrograde de 8 places si on la classe en fonction de sa capacité hôtelière. Avec un ratio de 7.9 chambres pour 1 000 habitants, elle est en queue de peloton des agglomérations de 200 000 à 300 000 habitants juste devant Le Havre et Dunkerque.


| Cabinet Headlight avec Tiphaine Beausseron |
| Brest a besoin d’une politique touristique ambitieuse | Sous-préfecture d’un département à très forte identité culturelle et résolument tournée vers la mer, Brest Métropole Océane jouit d’atouts qui ne se traduisent pas véritablement dans les chiffres de l’économie touristique. Les professionnels de l’hôtellerie de l’agglomération déplorent ce constat quand d’autres secteurs du Finistère constatent un développement conséquent des séjours touristiques, notamment en saison. L’hôtellerie brestoise souffre en effet d’une politique touristique et événementielle pas assez ambitieuse qui freine les flux de touristes et le développement des courts séjours, notamment en dehors de la saison touristique. L’enjeu de l’hôtellerie de la métropole Brestoise, dans les années à venir, tient dans sa capacité à développer sa clientèle les week-ends, ce qu’elle ne pourra engager qu’avec l’appui d’une politique de promotion ambitieuse. L’amélioration de la qualité globale de l’offre sera en parallèle une nécessité, en particulier dans le centre-ville de Brest.
Le tissu économique : moteur du développement hôtelier S’appuyant sur une industrie traditionnellement forte (DCNS, THALES, SDMO…) et aujourd’hui sur un développement soutenu des activités tertiaires (technopôle de Brest-Iroise, IFREMER, de nombreux sièges d’entreprises nationales…) qui garantissent le maintien de l’emploi, Brest devient un pôle économique majeur du Grand Ouest. En pleine mutation économique, l’agglomération compte aujourd’hui 72% d’activités tertiaires. L’enseignement supérieur et la recherche sont des secteurs clés et le nombre de cadres augmente. Autant d’indices favorables pour un développement de l’activité hôtelière. Tout laisse aujourd’hui à penser que le tissu économique va continuer de se densifier : l’agglomération a battu des records de ventes de terrains en zones d’activités. Une nouvelle zone commerciale, le Froutven, est en cours de développement.. Elle accueille depuis 2008 des enseignes telles que Ikea, Decathlon… Enfin, soutenue par l’investissement public, Brest se transforme en une véritable Métropole de l’Ouest Bretagne. Elle offre des infrastructures et des services (marine nationale, centre hospitalier universitaire, université de Bretagne) qui garantissent une attractivité pérenne et un flux permanent, ce qui profite indéniablement aux activités commerciales et particulièrement aux hôtels et restaurants. Avec un tissu économique en constante évolution et le développement de nouveaux outils structurants (tels qu’un nouveau port de plaisance, la nouvelle Aérogare en vue du développement du trafic Low Costs) l’offre hôtelière est indéniablement amenée à se développer.
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Headlight Consulting 11 A, rue de Courtalin 77000 Magny Le Hongre www.headlight.fr Tél. : 01 60 42 71 71
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