Après 10 ans de recherche, Pierre Laujon, associé avec le professeur Biele et avec le concours des Arts et Métier, voit aboutir son projet. Leur invention, aux nombreux brevets déposés, reçoit en 2008 le premier Prix Apria Equip’Hôtel de l’innovation et celui de l’Ademe Equip’Innov de l’éco-conception, pour le développement durable.
Après des tentatives avec des équipements mobiles à installer dans le lave-vaisselle c'est désormais des laves-couverts autonomes qui sont proposés avec trois modèles qui permettent de traiter respectivement 450, 750 et 1 050 pièces/heure. Un cycle de 4 minutes (30, 50 ou 70 pièces par passage) sans pré-trempage préalable, lave les couverts, les polis, désoxyde l'argenterie et les essuie en une seule opération.
Comment ça marche ?
Le système repose sur le passage des couverts dans une masse de billes en inox et de petites éponges de mousse. Ces billes sont placées dans une bande transporteuse aérée positionnée dans un cadre en acier inox positionné dans la laveuse. Cette bande est entraînée par un moteur 24 Volts.
Les couverts sales sont déposés sur les billes et vont êtres brassées sous aspersion d’eau de lavage (avec très peu de produits lessiviels) pendant un cycle de 1,30 mn et rincés à l’eau claire durant 30 secondes.
L’appareil continue à tourner à sec durant 2 mn pour un assèchement des pièces, elles sont sorties à l’aide d’un petit râteau et la chaleur résiduelle termine le séchage.
Sous l’effet du mouvement de vague, les résidus alimentaires sont pulvérisés, les billes martèlent le métal afin de le polir et le rénover. Elles permettent aussi l’essorage des petites éponges en mousse. Ces dernières enlèvent les derniers résidus entre les dents des fourchettes par exemple et essuient les couverts en phase de séchage.
Pour les couverts en argent, l'ajout d'une dizaine de galets de zinc les désulférisent (désoxydent) par effet de ionisation. Les galets sont quant à eux nettoyés en permanence sous l’effet de brassage des billes inox. Grâce à ce procédé, la brunisseuse et les produits agressifs sont supprimés.
Les avantages pour le restaurateur
D'abord un gain de temps important en laverie, une restauratrice étoilée à Paris (60 couverts) l’explique : "Ce système nous fait gagner 1 h 15 d’entretien en fin de service."
Mais aussi d’importantes économies, moins de consommation de produits lessiviels (plus de la moitié) de consommation d’eau due aux trempages éventuels des couverts, lavages additionnels, et rinçages. Un lavage et un rinçage maîtrisés donc, consommation électrique réduite de 1/3.
Le polissage permanent des couverts permet de leur conserver un aspect neuf, sans taches, brillants et prolonge leur utilisation en cas de réassortiment. Les nouveaux ne dénotent pas sur la table des clients. Pour les établissements qui utilisent des couverts en métal argenté, l’effet est encore plus saisissant. Ils ressortent polis et désoxydés, comme neuf à chaque lavage. A la grande satisfaction de ce directeur d’un établissement de luxe qui a fait l'économie du remplacement d’une partie de ses couverts, ces derniers après quelques passages en machine avaient retrouvé leur éclat d’antan.
Le procédé rebouche les rayures dans lesquelles les bactéries peuvent s'incruster améliorant ainsi la qualité hygiénique.
Autre point important en matière d’entretien et de rejet des eaux usées, le système pulvérise les denrées en micro particules, formant une mousse très fine qui s’évacue au rinçage et n’obstrue pas les filtres de la machine.
Les avantages pour le personnel :
La manipulation des couverts de la fin de service se réduit à une seule étape, plus de prétrempage, plus d’essuyage manuel. Réduction de la pénibilité, un panier à couvert pèse lourd et lorsque la laveuse à porte frontale est posée au sol il n’est pas toujours aisé de ressortir le panier généralement très chaud, voire brûlant (inférieur ou supérieur à 85°C).
Egalement moins de nuisances sonores si l’établissement utilise une sécheuse à couvert indépendante.
Il est à noter que ces avantages peuvent être reconnus par les CARSAT (ex CRAM) qui peuvent éventuellement ouvrir des droits de subvention.
Le coût moyen d’un tel équipement ?
Les prix du marché sont de l’ordre de 5 000 à 8 500 € HT sachant que la société offre la possibilité d’un financement (ex. : de 4 à 6,50 €/jour suivant le matériel choisi).
www.inovag.com