Emploi dans le secteur de la croisière : C’est le moment d’embarquer mercredi 16 juin 2010 15:21
Marseille (13) L’industrie de la croisière connaît actuellement un pic avec la livraison de nombreux navires. C’est le moment de prendre le large pour les hôteliers français. Les candidats audacieux et polyglottes n’auront que l’embarras du choix.
Les hôteliers sont nombreux sur les bateaux de la Compagnie des îles du Ponant
Lorsque l’on parle de l’âge d’or de la croisière, on songe au France pris dans les brumes transatlantiques. Une évocation purement nostalgique et peu raccord avec l’expansion actuelle du tourisme en mer. Ce sont en effet 25 navires pour une capacité de 52 000 lits qui auront été livrés en 2009 et 2010, dont les plus gros paquebots jamais construits au monde.
D’excellentes tendances en 2010 pour les navigants hôteliers
“Les nouveaux bateaux offrent désormais d’excellentes conditions de vie aux navigants”, explique Marc Chétrit , directeur général du cabinet de recrutement International Services. Les zones de navigation se sont déportées sur l’ensemble de la planète avec un vrai rattrapage sur l’Europe qui flirte avec la barre symbolique des 5 millions de passagers. Il est donc possible d’embarquer à Marseille par exemple. “De toute façon, la modification des conventions maritimes imposent à l’employeur d’un marin de prendre à sa charge les frais de transport. Devoir payer son billet d’avion ne peut plus être un prétexte pour ne pas embarquer”, s’amuse Raphael Sauleau du cabinet monégasque V.Ships. La modernisation des navires a aussi un impact sur la qualité des tâches à bord : “On trouve des buffets, du room-service, du bar à cocktail comme des restaurants gastronomiques. Un contrat de quatre mois en mer équivaut, en expérience, à deux ans à terre”, s’enthousiasme Raphael Sauleau.
L’une des grandes raisons d’intégrer en 2010 le monde de la croisière est d’ordre financier : la hausse du dollar, à condition qu’elle soit durable, est un avantage. “Les salaires en mer sont indexés sur le dollar. Lorsqu’il était trop bas les compagnies ont revu tous les minimums garantis. Le billet vert reprend des couleurs sans que cela remette en cause les avantages. Il faut que les jeunes reprennent le chemin des Caraïbes et de la Floride. Avec un dollar en hausse de 30 % par rapport à l’euro, il va y avoir de l’argent à gagner”, affirme le directeur d’International Services.
Le problème des Français : la pratique de l’anglais
“Il faut bien reconnaître que les Français ont été habitués à autre chose que le travail 7 jours sur 7, pendant quatre mois », constate Raphaël Sauleau qui, comme ses confrères, regrette le manque d’ardeur de certains compatriotes. C’est surtout l’inaptitude aux langues étrangères qui freine les embauches : “Nous travaillons aussi avec des Hongrois qui acceptent plus facilement la vie à bord”, déclare Isabelle Puech, l’assistante du DRH de CroisiEurope, leader européen de la croisière fluviale. “Si voir du pays, rencontrer d’autres nationalités, se perfectionner en langue et dans son métier et bien sûr percevoir des salaires élevés sont de bonnes raisons de partir, les Français ne se bousculent pas. L’image de la croisière n’est pas bonne, alors nous allons dans les lycées expliquer la vie à bord”, explique Raphaël Sauleauqui note une augmentation de la qualité des candidatures spontanées mais pas de leur quantité. Sylvain Posso, le responsable du recrutement de la prestigieuse Compagnie des îles du Ponant (CIP), est soucieux de mieux faire connaître les métiers de la croisière. À l’invitation de Dominique Vlasto, adjointe au maire de Marseille, il participait dernièrement à une conférence : “Beaucoup de croisières sont au départ de Marseille alors la ville et un organisme spécialisé ont lancé une formation de navigants hôteliers. J’ai rencontré les 15 premiers stagiaires pour présenter nos métiers et notre compagnie.”
Francois Pont
Qui embauche en ce moment ?
260 postes à saisir chez International Services :
À Lorient, International Service recherche 260 hôteliers pour la sortie du Disney Dream : “Le restaurant le Remy voudrait être le premier établissement étoilé embarqué. Il sera parrainé par le chef champenois doublement étoilé, Arnaud Lallement. De Dublin à Lisbonne, de Lyon à Rome, nous recherchons des professionnels qui ont soit l’expérience des volumes de la brasserie de luxe soit le profil étoilé Michelin. Un autre programme de recrutement suivra avec la livraison du Disney Fantasy en 2011”, annonce Marc Chétrit qui compte bien achever cette première tranche de recrutement avant l’automne prochain.
90 postes en 2011 chez CIP pour la sortie de L’Austral
À la compagnie des Îles du Ponant, c’est 90 hôteliers qui ont été embauchés pour le lancement du Boréal cette année, un programme qui sera renouvelé en 2011 avec la livraison de L’Austral, son jumeau. “Nous avons de nouveaux navigants pour les postes créés comme celui de sommelier mais les postes de cadres ont été pourvus par promotion interne”, précise Sylvain Posso.
300 CDI chaque année chez le leader de la croisière fluviale en Europe
Chez CroisEurope, basé à Strasbourg, on met en avant le tremplin que représente une expérience dans la croisière fluviale, antichambre de carrières maritimes plus lointaines. “Nous donnons leur chance aux débutants pour les postes de serveur et de femme de cabine en particulier. Le bon moment pour envoyer sa candidature est le mois de février”, mentionne Isabelle Puech des ressources humaines.
100 postes annuels en mer pour de multiples compagnies chez V.Ships
Enfin pour Raphaël Sauleau de V.Ships : “Nous recruterons chaque année, pour le compte de nos clients, une centaine d’hôteliers français pour des postes embarqués et 60 à terre pour des palaces. Les Français sont les 8es, en terme de nationalité, pour notre cabinet en terme de recrutement d’hôteliers embarqués, ce n’est pas si mal.”
François Pont est l’auteur du Nouveau guide des jobs à bord, aux éditions Des Visages. www.embarquer.net