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vendredi 12 décembre 2008 Le marché de la croisière est animé à 70 % par des compagnies qui rémunèrent leurs salariés en dollars. La faiblesse actuelle du billet vert a un impact important sur la motivation à l’embarquement et donc le recrutement du personnel européen. « Avec 40% de dépréciation de la monnaie américaine face à l’euro, la situation n’est plus tenable - déclare Marc Chétrit du cabinet de recrutement International Services –, la Seabourn l’a bien compris. Pour faire face à la pénurie de personnel européen, elle a convertit ses salaires en euros. » Du côté de Monaco, on ne cache pas que le problème soit sensible : « Nous ne pourrons régler la pénurie de personnel à bord des navires de nos clients que si des contreparties à la baisse du dollar sont intégrées dans les barèmes de salaire des navigants européens - se désole Raphaël Sauleau du cabinet V.ships – Certaines compagnies sont passées aux salaires en euros, d’autres offrent un « premium », une compensation financière pour être attractif et garder à bord les ressortissants des pays du Vieux Continent. Les employeurs sont disposés à faire des efforts, c’est un des enjeux du moment. »Avant de signer son contrat, il est donc indispensable de savoir dans quelle monnaie sera perçu le salaire. Les bonnes compagnies se distinguent en acceptant d’étudier des modes de rémunération qui intègrent la baisse du billet vert. Ces efforts ont des conséquences financières pour les armateurs. Les croisières continuent d’être commercialisées en dollars avec un important manque à gagner et on ne parle pas de la fluctuation sur les comptes de résultat du prix du pétrole. La crise financière pourrait relancer l’engouement des européens pour le secteur de la croisière Le recruteur Marc Chétrit l’affirmait : « Même en Europe de l’Est, des pays traditionnellement pourvoyeur en main-d’œuvre de qualité pour les navires de croisière, la chute des candidatures a du mal à être enrayée à cause du dollar. Les Polonais et les Tchèques préfèrent désormais aller travailler dans des pubs à Londres ou à Dublin. »Des propos qui pourraient être invalidés par l’actuelle crise financière qui frappe le Vieux Continent, en particulier l’Angleterre et l’Irlande. Ainsi l’île d’Emeraude est le premier pays de la zone Euro à être entré en récession. Les 300 000 Polonais qui résident en Irlande pourraient avoir de nouveau envie de prendre le large à un moment où l’emploi outre-manche pourrait connaître des mois difficiles.
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