Après une croisière, préparer son retour en France jeudi 15 janvier 2009
Avant même de monter à bord d’un bateau de croisière, pensez à ce qui vous attendra après votre débarquement.
Tout d'abord il faut savoir que vous n'avez aucune chance d'obtenir des allocations chômage à votre retour. Pour toucher des prestations, il faut cotiser. Vos revenus maritimes seront théoriquement exonérés de l'impôt, mais en contrepartie vous n'aurez pas de droits. La seule exception concerne les compagnies dont les bateaux sont sous pavillon français, vos droits et vos devoirs en mer et à terre seront les mêmes. Si au moment de partir travailler sur une compagnie de croisières vous étiez demandeur d'emploi et qu'il vous restait des jours d'indemnisation, vous ne pourrez prétendre à les récupérer à votre retour. Pour être à nouveau couvert par l'assurance chômage, vous devrez justifier de 910 heures de travail sur une période de 22 mois précédant votre dernier contrat de travail. Du côté de l’assurance maladie, vos salaires ne seront pas reconnus, vous ne justifierez donc pas de revenus et vous pourrez obtenir la CMU pour un an. Vous pourrez aussi récupérer les droits restant à votre départ. Pour la suite, il suffira de travailler 60 heures en un mois ou 120 heures sur trois mois, pour obtenir une ouverture de droits de 4 ans. En cas de reprise d'activité sur le territoire, vous ne pourrez prétendre à une indemnité journalière en cas d'arrêt ou d'accident du travail, qu’à la seule condition d'avoir travaillé plus de 200 heures dans les trois derniers mois.
François Pont, auteur du Guide des jobs à bord*
Et la retraite ?
Les navigants prévoyants ont la possibilité de cotiser à la retraite de base auprès de la Caisse des Français de l'Etranger. Ces cotisations, calculées en fonction de votre salaire, sont reversées à l'assurance vieillesse et se cumulent avec le système de retraite français. Vos trimestres de travail en mer seront pris en compte pour le calcul de votre retraite. Seuls les expatriés salariés, avec un contrat de travail et des feuilles de paie, peuvent s'inscrire à la Caisse des Français de l'Etranger. Pour les autres, il est possible et parfois moins onéreux de souscrire auprès d'un organisme privé une retraite par capitalisation ou « assurance au premier franc ».
Pour tout départ de plus d’un an, il est indispensable de songer à toutes ces questions. De nombreuses autres informations concernant les droits des expatriés sont disponibles sur le site www.expatries.org