A bord des bateaux de croisières, sombrer dans le travail mais pas dans les excès lundi 19 janvier 2009
Commettre une infraction à bord d’un bateau de croisières peut vous coûter cher. Le sujet est rarement abordé. Il est pourtant utile d'être prévenu et certaines compagnies de croisières n'hésitent pas, dès les sessions collectives de recrutement, à informer les candidats des risques encourus. L'édition 2008 du Guide des jobs à bord aborde ce thème. Extrait.
'Le Guide des Jobs à bord' fait le tour du monde des principales compagnies qui recrutent, liste les formalités avant l'embauche, et tout ce qu'il faut savoir après le contrat signé : visas, fiscalité, impôts et droits sociaux au retour
L'usage de drogues n'est certes pas une règle dans le monde de la croisière, mais le sujet mérite d'être abordé. Faire la fête et assurer un rythme de travail soutenu sans journée de repos, demande une solide résistance. La consommation de stupéfiants, facilité par certaines escales (en Jamaïque par exemple), peut être interprétée comme un moyen d'augmenter ses performances. Les officiers sont attentifs à ce problème. A l'approche des ports US, les descentes des Coast Guards accompagnés de chiens sont courantes. Pour le bon déroulement de votre séjour sur ces compagnies et pour votre santé, ne vous exposez pas à ce type de tentation, elle pourrait vous coûter cher. En outre, les « cabines-parties » ont la réputation d'être bien arrosées. Vous éprouverez probablement le besoin de vous lâcher un peu pendant votre séjour, une légère ivresse pourra y contribuer à condition de ne pas vomir dans la piscine des clients et d'assurer au travail le lendemain. N'oubliez pas que l'éthylisme et les retards au travail sont des motifs de renvoi.
François Pont, auteur du Guide des jobs à bord*
Infraction à bord d’un bateau de croisière
Arnaud Mathieu est attaché d'administration centrale du bureau de l'Inspection du Travail Maritime. À ce titre, il est spécialiste du droit pénal en mer : « Si un Français commet un délit sur un bateau de croisière battant pavillon panaméen, il dépend de la juridiction du Panama. Si le délit a été commis dans les eaux territoriales du Brésil, son sort dépend des tribunaux brésiliens. Si le délit à été commis sur un bateau navigant sous pavillon français, le présumé coupable sera extradé vers la France ou un territoire d'Outre Mer pour être jugé et purger sa peine. La théorie n'est déjà pas simple, mais dans la pratique ce type de situation peut se révéler être un véritable sac de nœuds juridique. Ainsi, si un ressortissant français est convaincu de trafic de drogue sur un bateau norvégien, sous pavillon chypriote, mais exploité par une compagnie américaine dans les eaux internationales aux Caraïbes, il est fort probable que l'accusé sera remis entre les mains de la justice US. »