L’année 2009 restera, dans les secteurs du tourisme, de l’hébergement et de l’immobilier hôtelier, une année de fortes baisses. Les chiffres présentés par BNP Paribas dans une étude récente dressent un bilan détaillé pour les 5 plus grands marchés européens : France, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Espagne (68 % de l’offre). Pour la première fois depuis quinze ans, les arrivées de touristes internationaux ont décliné très fortement, de 4 % dans le monde et de 6 % en Europe (exception faite de 2003 où elles avaient affiché - 1,5 %).
Soutenu par le marché domestique, le tourisme de loisirs a mieux résisté que celui d’affaires, les entreprises ayant en effet drastiquement réduit leurs budgets voyages. Profitant d’une livre sterling moins forte, les touristes se sont davantage rendus au Royaume-Uni (+ 4 %), ce qui n’a toutefois pas compensé la chute du tourisme d’affaires (- 22 %). En Espagne, les arrivées ont baissé de 9 %, en Allemagne de 3 %, en France de 8 %.
Situation difficile dans les hôtels
Les indicateurs hôteliers ne sont pas non plus au beau fixe. Les RevPAR ont chuté de 21 % en Espagne, 15 % en Italie, de 11 % au Royaume-Uni, de 13 % en Allemagne. La France s’en sort le mieux, avec une baisse de 9 %, toutefois, les résultats sont très différents selon les villes et les catégories. Les baisses ont été les plus fortes dans les agglomérations très liées au tourisme international, haut de gamme et d’affaires, (Cannes : - 11 %, Nice : -9 %, Paris : -5 %), alors que Lyon, Bordeaux, Marseille et Strasbourg ont réussi à tirer leur épingle du jeu grâce à l’augmentation de la clientèle française. Le segment 4 étoiles a été le plus touché avec un RevPAR à - 16 % et un taux d’occupation à - 9 % par rapport à 2008.
Le taux de pénétration des chaînes des 5 pays de l’étude de BNP Paribas Real Estate n’a lui guère augmenté, avec + 3 % en 2009, présentant toujours des variations très grandes d’un pays à l’autre (7 % seulement en l’Italie, mais 40 % en Espagne). En France, il est de 41 %, mais de 60 % sur le segment économique. À Paris, trois ouvertures devraient marquer les prochains mois : le Shangri-La (109 chambres), le Mandarin Oriental (138 chambres) et le W (en 2011).
Des investissements moins nombreux et moins importants
Le montant total des investissements hôteliers réalisés dans les 5 pays de l’étude est de 2,7 milliards d’euros, soit une baisse de 50 % comparé à 2008. Le marché britannique a été le plus affecté au cours de ces trois dernières années mais reste le plus actif avec 25 % du total des investissements (669 millions d’euros). La France arrive en 2e position avec 24 % du marché (646 millions d’euros), soit - 55 % par rapport à 2008. Au second semestre 2009 ont été vendus le Pullman Paris Suffren (150 millions d’euros), le Renaissance Le Parc Trocadéro (35,5 millions d’euros), ainsi que les 157 F1 du groupe Accor (272 millions d’euros) et les 19 Bonsai de Dynamique Hotels.
L’année 2009 a été caractérisée par la vente d’actifs de petits montants. En Grande-Bretagne, la moyenne des transactions tourne autour de 6 M€, et 51 % des transactions n’ont pas dépassé 1,1 M€. En Allemagne, la moyenne s’est située autour de 12 M€ alors qu’en France, Espagne ou Italie, elle a dépassé 20 M€, toujours loin des moyennes à 40 ou 50 M€ des années passées.
En 2010, la reprise des investissements devrait se faire progressivement. On attend toujours la vente des 4 hôtels de Starwood Capital (3 à Paris et 1 à Cannes), évalués à 800 M€. Enfin, conclut l’étude, si l’on ajoute une vente d’actifs prévue de la part du groupe Accor, les transactions immobilières s’élèveraient autour de 1 milliard euros en 2010.