Lors de cette réunion dirigée par Margie Sudre à Bastia, la chambre de commerce et d’industrie de la commune a rappelé que le tourisme corse est une activité économique prépondérante, qui a enregistré 3 millions de séjours en 2008 pour 30 millions de nuitées. Et de s’interroger sur les moyens à mettre en place pour profiter au maximum de l’arrivée d’Easy Jet sur Bastia et de la multiplication des dessertes maritimes par de nouvelles compagnies privées.
Concernant le tourisme en Corse, difficile d’avoir un point de vue juste tant les statistiques restent floues. “Entre le port de Bastia, l’aéroport, et les hébergements, nous n’avons pas les mêmes données”, précise M . Acquaviva, le chef du service économique de la CCI de Haute-Corse. Néanmoins, l’augmentation des dessertes rend plus pertinente la question de l’allongement des saisons. En effet, si le tourisme représente “32 % du PIB corse”, devait rappeler un élu, 45 % de la fréquentation sur l’île se fait en été. Par ailleurs, “si le littoral accueille de préférence un tourisme de séjours (10 nuits environ), les villes, ainsi que l’arrière-pays dont Bastia, restent un lieu de transit avec des durées de 2 jours maximum”, précise Alain Pieri, propriétaire de l’hôtel Castel Brando. Dans ce contexte soumis à la saisonnalité et à des séjours différents, le secteur hôtelier a choisi la qualité en créant un club qualité avec la CCI de Bastia. “Aujourd’hui, 27 hôtels sur les 258 recensés en Haute-Corse sont certifiés”, déclare Erick Berlin, de la CCI, qui précise que “le département possède le plus grand nombre de certifiés à ce jour”.
Un positionnement basé sur la qualité sans 4 étoiles
En terme de services, la certification ne répond pas toujours à la demande qualitative des clients. Or, le positionnement actuel de la Corse reste encore flou. Pour certains, le tourisme insulaire devrait passer par la mise en place de produits touristiques plutôt haut de gamme et la création d’hébergements en 4 étoiles. Pour d’autres, c’est la clientèle de proximité qu’il faut prospecter, notamment celle du continent, qui permettrait d’étaler les saisons. Enfin, l’ouverture des low-costs sur l’aéroport devrait attirer de nouveaux touristes, anglo-saxons, à la recherche d’une hôtellerie haut de gamme et de qualité. Or si l’hôtellerie de charme existe en Haute-Corse, l’île de beauté manque cruellement de 4 étoiles. “La situation a été gelée pendant de nombreuses années, déclare la présidente du club hôtelier Agathe Albertini, présidente de l’Umih Corse, car les prêts avantageux étaient uniquement réservés aux 2 et 3 étoiles.”
Le tourisme, un nouvel enjeu avec l’arrivée des low-costs
Aujourd’hui plus que jamais le tourisme reste un enjeu économique. Les hôteliers, mobilisés autour de la qualité, vont profiter de l’arrivée des nouvelles normes pour moderniser leurs équipements, et qui sait peut-être passer en 4 étoiles. Quant à penser ‘environnement’ ou ‘tourisme durable’, pourtant indispensable sur une île vite saturée en termes de flux touristiques, la réflexion reste timide. Les premières actions en termes d’économie d’énergie restent limitées, et surtout centrées sur les bonnes pratiques recommandées par les hôteliers aux clients. Le club qualité servira donc de laboratoire à toutes ces nouvelles initiatives qui vont apparaître avec les nouveaux visiteurs. Elle permettra de montrer que l’hôtellerie corse est aussi moderne et responsable.