Vitrine orange, et rutilante Triumph 1050 du même orange garée devant, bienvenue au Wash Bar by Orange Mecanick. Cette laverie tout droit sortie de l’underground new-yorkais doit son nom bien sûr son nom au chef d’œuvre de Stanley Kubrick, Orange Mécanique, mais aussi à la couleur de la première moto de Johnny Fournier, propriétaire du singulier établissement où il est possible de laver son linge tout en sirotant un jus de fruit (2,30 €), un thé ou un café (1 €).
Ici, l’équipement high-tech est de mise. Johnny Fournier a investi dans 4 machines de 6,5 kg, une machine américaine Speed Queen et 2 séchoirs dont un Renzacci. L’investissement total s’élève à 88 500 € dont 13 500 € d’apport personnel.
Photomaton, accès internet et bibliothèque
Volontaire au licenciement économique dans une société lyonnaise où il travaillait de nuit, Johnny souhaitait se mettre à son compte : “Je voulais créer ma propre entreprise et j’ai découvert ce concept encore très peu répandu en France.” S’associant avec son épouse, qui continue à travailler, Johnny lance son Wash Bar en février 2010 tambour battant. Exempt de licence IV, le bar ne délivre pas d’alcool, ce qui permet de trier la clientèle. À l’arrière, un salon design et chaud, doté d’un photomaton, de deux accès internet et d’une mini-bibliothèque alimentée par les fidèles, peut également se louer pour des soirées privées à 150 € (200 € ménage compris). Le Wash Bar prend aussi le linge en dépôt (lavé, séché, plié) pour 1 € hors tarifs lavage.
“Ce concept rassure les gens, notamment les femmes contraintes de venir tard, en sortant du travail, constate Johnny, elles ne sont pas seules comme dans les autres laveries.” Pourtant, avec des charges qui le prennent à la gorge (800 € d’électricité et d’eau tous les deux mois et un loyer mensuel de 1 500 €) et malgré une bonne fréquentation, le Wash Bar, ouvert en pleine crise, reste une affaire fragile. À ce jour, Johnny vit toujours sans salaire Fournier.