![]() |
|
|
Aménager des espaces contraignants, améliorer la circulation, créer des volumes
Ballyroan
Le
village montmartrois accueille une clientèle majoritairement étrangère
dans un dédale de ruelles escarpées. Pas facile d'y disposer une terrasse,
encore moins de déroger au style 'poulbot' qui fonde l'identité du lieu.
Surtout quand on s'affiche pub irlandais. Pari pourtant tenu pour cet établissement
situé aux abords du Sacré-Coeur qui bénéficie d'un droit de terrasse
limité, contigu au local couvert et très peu profond. La rue est piétonne
et très fréquentée : en guise de terrasse, le pub a choisi de marquer son espace extérieur en le
surélevant avec une estrade, couverte d'un store fixe rétractable avec
luminaires suspendus et parasols chauffants classiques. L'atout : la porte du pub
qui communique directement avec la terrasse. Pour l'ambiance irlandaise, un bandeau
publicitaire panoramique fait office
de produit d'appel. Efficace et peu coûteux, l'aménagement séduit
d'abord les fumeurs mais profite à l'ensemble de la clientèle dès
qu'il fait beau.
À
la Bonne Franquette
La
terrasse de ce restaurant fait l'effet d'un long couloir étroit où la
circulation parait difficile. L'atout du lieu : il surplombe la rue et permet à
la clientèle une certaine intimité en plein Montmartre. Pour mettre en
valeur cette terrasse, deux petites pergolas ont été montées : l'une
à l'entrée, en guise d'espace d'accueil, l'autre au fond. La réalisation
s'apparente à celle d'une tonnelle avec lierre grimpant et clématites.
L'espace rond et partiellement couvert permet d'accueillir environ 6 couverts. Sur
toute la longueur, le nombre de tables a été volontairement réduit,
chacune de 2 à 3 couverts. Côté déco et ambiance, des bacs
à fleurs de balcon ont été suspendus et cachent partiellement aux
yeux extérieurs l'intimité du lieu. Le restaurant mise ainsi sur une fréquentation
de couples et d'amoureux. RESPECTER UN PATRIMOINE HISTORIQUE
Café
Hugo
Le
café brasserie bénéficie d'un droit de terrasse de deux mètres
d'avancée au sol pour ne pas entraver la circulation sous les arcades. Pour
y installer deux terrasses distinctes, il a fallu concevoir l'espace de part et
d'autre de l'entrée de l'immeuble où est sis l'établissement. À
droite, l'espace fumeurs prolonge directement une petite salle de 10 couverts dont
la porte vitrée est laissée systématiquement ouverte. À gauche
se trouve la terrasse non-fumeurs qui prolonge le gros de la salle de restaurant.
Pour délimiter ces espaces extérieurs sans les fermer complètement,
la structure des auvents a été prolongée par des bâches translucides
amovibles. Pour chauffer, des parasols chauffants suspendus au plafond ont été
reliés directement au gaz de ville. Pour l'éclairage, des spots pointés
vers le haut illuminent les arcades des voûtes tout en assurant l'appoint
de clarté pour la clientèle. Nectarine
Ce
restaurant, contrairement au précédent, a choisi des claustras fixes en
verre Securit de 1,70 m de hauteur et qui n'ont pas été prolongés
jusqu'au plafond : une façon de délimiter l'espace sans le fermer au
regard et de préserver la clientèle du passage des arcades tout en maintenant
une grande clarté. Le choix d'un espace totalement ouvert permet de ne pas
dissocier espaces fumeurs et non-fumeurs. Un des atouts de la formule : avec des
structures rigides et transparentes de ce type, il est possible de communiquer sur
l'identité de l'établissement en se servant de ce support comme écritoire
: le nom du restaurant, son style de cuisine..., peuvent y être indiqués
par des lettres à coller, un système peu cher et amovible. L'ensemble
crée un beau volume où la circulation est simple et qui utilise les perspectives
des arcades pour agrandir encore l'espace. L'établissement dispose en outre
d'un droit de terrasse supplémentaire au bord de la rue ce qui lui permet de
disposer deux tables directement sous l'ogive d'arcade, pour compléter l'ensemble. Hôtel
d'Aubusson
Cet
hôtel du coeur de Saint-Germain-des-Prés possède une cour intérieure
de 50 m2 aménagée en patio. Un endroit très prisé
de la clientèle de l'hôtel comme des visiteurs extérieurs, nombreux
dans ce quartier qui a su mettre en valeur son capital touristique. L'endroit attire
autant les fumeurs du Café Laurent, le bar de l'hôtel célèbre
pour ses soirées jazz, qu'une clientèle sensible au décor et souhaitant
organiser cocktails, séminaires ou dîners dans le calme serein de cette
cour du XVIIe siècle. Pour la rendre incontournable, l'hôtel
a misé sur un parasol rétractable de très grande taille Marzin tout
équipé : il couvre la totalité de la surface au sol et ses quatre
lampes chauffantes radiantes suspendues aux coins assurent seules le chauffage de
cet espace. Les tables ont été volontairement espacées et la décoration
florale mise en valeur. Bambous d'eau, treillis avec lierre grimpant, jardinières
de buis ronds pour le végétal fixe. Dès que l'été revient,
on sort les fleurs de saison. Enfin, la fontaine en pierres a repris du service
: actionnée par une pompe et reliée à l'électricité par
un disjoncteur pour faire couler l'eau sans interruption, son bruissement continu
est très populaire auprès de la clientèle, tout en lui garantissant
la sérénité digne d'un coin de nature préservé. Le bruyant
pont Saint-Michel n'est qu'à 100 mètres mais il semble difficile de
se croire à Paris. AMÉNAGER DES LIEUX ATYPIQUES
Chalet des Îles
Bois de Vincennes : au bord du lac de Dausmesnil,
les beaux jours perdurent au Chalet des Îles qui sert en extérieur pratiquement
huit mois par an. L'établissement de concession dispose d'un vaste terrain
: pas besoin de gagner de l'espace mais plutôt de meubler de beaux volumes
avec vue sur le lac. Les propriétaires ont fait le choix d'investir dans un
mobilier d'extérieur résistant, vu l'impossibilité de le stocker
pendant l'hiver. Sachant qu'en été la capacité d'accueil grimpe jusqu'à
250 couverts, ils ont opté pour des éléments à prix réduit.
Jean-Baptiste Aubertin et Jean-Michel Calvert se sont rendus aux Philippines où
ils ont trouvé une ligne de mobilier fabriquée sur place : des éléments
en polymère teinté ardoise déclinant toute une gamme de produits
assortis, du siège simple à la torchère en passant par le parasol.
Les fauteuils club cubiques et leurs tables basses carrées permettent une ambiance
lounge et ont été disposés sur le devant de l'établissement,
sur une terrasse surélevée, au plancher en bois. Pour éclairer cette
partie moins bien exposée du jardin, flambeaux et lampadaires assortis complètent
l'ensemble. Côté lac, les espaces ont été divisés en deux.
Sous la tonnelle et directement au bord de l'eau, fauteuils et chaises axées
restauration avec rafraîchissoirs assortis occupent l'espace. Derrière,
un grand carré de plancher en bois délimite un autre espace, habillé
de coussins, chaises longues et parasols quand arrive l'été. Un coin de
plage au coeur du bois de Vincennes pour cet établissement qui connaît
une très forte fréquentation au moindre rayon de soleil. DÉLIMITER SON ESPACE AVEC DES PLANTES
Buffet
d'Italie
À
Bercy Village, l'affluence de la rue piétonne est grande : l'usage des plantes
en pots de délimitation permet à la fois de décorer l'extérieur
tout en incitant la clientèle à venir s'y installer. Et pour mettre
sa terrasse au vert, il n'est pas toujours nécessaire de planter du vrai. C'est
pourtant le choix qu'a fait Buffet d'Italie. Ce restaurant a choisi de disposer
une douzaine de jardinières d'arbres au feuillage persistant, de yuccas et
d'ifs pour le devant de sa terrasse.
France
Café
À
Fontainebleau, la rue Grande est chaque week-end parcourue de long en large par
les visiteurs du château : une clientèle qui assure 50 % du chiffre d'affaires
des établissements qui y possèdent un droit de terrasse. Les consommateurs
habituels de ces lieux étant en majorité des touristes, leur part au chiffre
d'affaires est primordiale. D'où le soin apporté à la terrasse
qui garantit une stabilité de fréquentation. Un choix qu'ont fait plusieurs
établissements qui investissent chaque année dans leurs espaces extérieurs
une part importante de leurs revenus. À l'image de France Café, qui
compte 2 terrasses séparées par un espace de voirie dédié à
la circulation piétonne devant l'établissement. Le premier espace est
couvert par des parasols traditionnels et des lampes infrarouge suspendues, une
disposition classique. La seconde terrasse a été équipée différemment
: la propriétaire, Mme Girbal, a choisi d'investir dans un système
de paravent central, une structure fixe mais amovible comprenant 2 stores entièrement
rétractables d'une superficie couvrante de 40 m2 au sol. DONNER DU CACHET, S'INVENTER UNE IDENTITÉ
Le
Passage Gourmet
Ce restaurant de cuisine française
a été repris et rénové en mars 2007. Après deux mois intensifs
de travaux et neuf mois d'activité, l'établissement peut s'enorgueillir
d'une moyenne de 4 000 couverts par mois alors qu'il est situé à l'angle
d'un passage piétonnier reliant une voie assez calme du XVe arrondissement
parisien. Le secret d'une telle fréquentation tient, selon son patron Jean-Marc
Perrain, à sa terrasse qui représente, selon lui, les deux tiers de
son chiffre d'affaires. Refaite entièrement et séparée en deux, elle
comprend une partie fermée ouvrante de 47 couverts et une zone complètement
ouverte augmentant de 60 couverts la capacité totale. La partie fermée
a été adossée à la salle de restaurant, les deux espaces communiquant
encore par 4 fenêtres. La terrasse a été cloisonnée de baies
vitrées en verre double vitrage et structure aluminium avec des panneaux non
coulissants mais entièrement démontables.
Quand le soleil tape, la terrasse s'ouvre : on retire les panneaux de verre et il
ne reste que les 5 montants en alu. Pour chauffer, 3 lampes radiantes suffisent.
Quant à l'éclairage, la lumière du jour procure l'essentiel et
pour l'appoint, quelques petits lustres apportent un complément d'ordre décoratif.
Dehors, de grands parasols 6 x 6 s'affichent début mars avec un mobilier en
teck pont de bateau avec cousins assortis, le tout acquis en Belgique. L'investissement
total de la rénovation de l'établissement s'élève à 350
000 euros, dont le tiers dédié à l'équipement des terrasses.
Chez
Janou
Une
ambiance provençale au coeur de la capitale : pari tenu pour ce restaurant
du IIIe arrondissement qui parvient à faire salle comble grâce
à sa terrasse et ce malgré une situation en retrait du quartier très
animé de Bastille. Pourtant, à l'angle de 2 rues, le lieu a une ambiance
'place du village'. Pour utiliser cet avantage et intégrer le restaurant au
décor de la placette pavée, l'identité de la terrasse a été
renforcée à l'aide d'éléments décoratifs simples, pour
un effet visuel immédiat. Résultat : la clientèle s'arrête
au premier coup d'oeil. Les tables vertes en fer forgé et les chaises tressées
assorties rappellent le store rayé blanc et vert et le propriétaire a
complété cette dominante par deux claustras à chaque extrémité.
Pas de fermeture devant les tables pour laisser une vision dégagée. Sur
les treillis et cloisons de bois peintes en vert délimitant la terrasse, on
a fait pousser des plantes grimpantes, lierre et clématites qu'on a complété
par des arbres en pots, oliviers et yuccas. Aux murs, deux menus d'extérieur
en ardoise et quelques spots pour parfaire l'éclairage de nuit. À deux
pas de Bastille, Saint-Rémy-de-Provence vous attend.
4 Pour retrouver les articles déjà publiés sur Equipements et nouvelles technologies : cliquez ici Article précédent - Article suivant Vos questions et vos remarques : Rejoignez le Forum des Blogs des Experts L'Hôtellerie Restauration n° 3071 Hebdo 6 mars 2008 Copyright © - REPRODUCTION INTERDITE | |||||||||||||||||||||