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Frédéric
Anton - Le Pré Catelan
- Paris (XVIe) En cuisine, Frédéric
Anton revendique la spontanéité. Dans l'assiette, c'est un travail d'orfèvre
: des plats qui ont évolué dans le temps, des produits déclinés
en 2 ou 3 versions.
Nadine Lemoine
La 'cuisine spontanée' de Frédéric
Anton

"Les deux hommes qui ont le plus compté
pour moi, c'est Patrick Scicard, président du directoire de Lenôtre,
qui m'a donné ma chance, une totale liberté et son soutien indéfectible.
Le second, c'est Joël Robuchon, qui m'a tout appris et m'a fait partager sa
passion." |

Sur la base de 30 couverts/jour, le restaurant
affiche complet 3 semaines à l'avance en temps ordinaire. Sur l'année,
il y a quelques creux, d'un jour à l'autre, qui devraient profiter de l'effet
Michelin. |
La
chose la plus 'énorme', c'est de voir pour la première fois la page du guide
avec ton nom, celui du restaurant et les 3 étoiles à côté. Ça te donne des
frissons. Il n'y a pas de mots pour ça", confie
Frédéric Anton. Ce moment, il l'a vécu sur le plateau de télé
de la chaîne d'infos LCI où il était convié aux côtés
de Jean-Luc Naret, directeur des guides Michelin, le jour de l'annonce officielle
du 'millésime 2007'. Alors que le guide n'était pas encore en vente, Jean-Luc
Naret tend son exemplaire à Frédéric Anton afin qu'il voit la fameuse page. Depuis plusieurs
semaines, les rumeurs courraient, mais il ne voulait pas y croire tant que la confirmation
officielle n'était pas tombée. Le guide entre les mains, il peut y croire.
"Les 72 premières heures, je ne les ai pas vues passer. J'ai enchaîné
les interviews pour la radio, la presse, l'internet et la télé. Tu passes
d'un taxi à un studio à un autre taxi. Tous les copains te téléphonent.
Tu reçois des montagnes de fax, de mails, de lettres de gens que tu ne connais
pas et qui te félicitent. Tu es sur une vague. C'est Alexandra Peyromaure,
directrice de la communication de Lenôtre qui a géré cette période
incroyable", explique le jeune chef. Il a pu être sur tous les fronts,
répondant à toutes les demandes, parce que c'est la période de
fermeture annuelle du restaurant. Mais la médaille a un revers. "J'aurais
voulu vivre ce moment avec mon équipe. On ne le vit qu'une fois dans sa vie.
En étant fermé, on a loupé pleins de choses", regrette Frédéric.
Son second depuis 12 ans, Stéphane Ory, confirme ce regret, mais le bonheur
de cette 3e étoile est bien sur tous les visages, y compris celui
de Jean-Jacques Chauveau qui dirige la salle.
"Je me suis appuyé sur
mes best-sellers que j'ai fait évoluer"
"Toute ma carte a changé
en 2 ans. Je me suis appuyé sur mes best-sellers que j'ai fait évoluer.
Quasiment tous les produits sont déclinés en 2 ou 3 plats aux textures
et saveurs différentes. Sauf l'os à moelle qui ne va pas tarder",
promet le chef. Quelques exemples : La Langoustine préparée en ravioli,
servie dans un bouillon à l'huile d'olive vierge au parfum poivre et menthe,
nems de langoustines frits, jus de romaine et cacahuètes torréfiées
; l'Oursin : petit flan, fumet léger de céleri, fine gelée au paprika,
le 'test' moelleux, pomme et avocat acidulés ; le Ris de veau cuit en casserole,
truffe en copeaux, fine purée de céleri à la cannelle, petites
fleurs de capucine et d'ail en tempura. Une cuisine de saison, bien sûr, qu'il
qualifie lui-même de "spontanée". "Je fais une cuisine spontanée.
Il n'y a pas de réflexion. Je suis mon intuition, mes envies et j'ai de la chance : à 95 %,
c'est bingo !, dit simplement Frédéric. J'aime travailler dans l'urgence.
Ça ne s'explique pas." Ça ne s'explique peut-être
pas, mais son expérience couronnée en 2000 par le titre de MOF ou encore
son parcours dont les 7 ans passés auprès de Joël Robuchon au Jamin
lui ont donné la colonne vertébrale qui lui permet aujourd'hui de laisser
s'exprimer son talent. Tout comme il s'exprime aussi au travers de la peinture ou
en redonnant une allure aux meubles design des années 1970 qu'il retape à ses rares moments perdus.
Il a le goût du beau, du travail avec les mains, de la création intuitive,
et ça lui réussit.
Cette 3e étoile a déjà
eu un bel impact sur la fréquentation. Sur la base de 30 couverts/jour, le
restaurant affiche complet 3 semaines à l'avance en temps ordinaire. Sur
l'année, il y a quelques creux, d'un jour à l'autre, qui devraient profiter
de l'effet Michelin. Pour Frédéric Anton, pas question de toucher
aux prix. Un menu à 75 E (entrée + plat + dessert) a même fait
son apparition le midi. Côté projets, "Nous menons une réflexion
sur des investissements concernant la salle, la décoration et sur le réaménagement
de la cuisine", indique le chef. Au mur, sa collection de guides Michelin,
chacun recouvert pour être bien protégé. Sur le bureau, un exemplaire
du guide 2000 (sa 2e étoile) coulé dans une brique en plastique
transparent. L'édition 2007 devrait le rejoindre très vite. Sous quelle
forme ? L'artiste suivra son intuition.
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Pré Catelan
Route de Suresnes
75016 Paris
www.lenotre.fr
CA 2006
: 3 350 722 E
Ticket moyen/jour
: 180 E
Nbre de couverts/jour
: 90
Places assises
: 45
Effectif
: 27 personnes en cuisine, 23 en salle (apprentis et stagiaires inclus)
Fermeture annuelle
: 3 semaines en février, 1 en novembre
Repos hebdomadaire
: dimanche et lundi de novembre à avril, dimanche soir et lundi de
mai à octobre
Bio express
1999
: 2e étoile Michelin
2000
: titre de Meilleur ouvrier de France
2005
: adhésion aux Relais & Châteaux, Relais Gourmands
2006
: chevalier dans l'ordre national du Mérite
2007
: 3e étoile Michelin
Vêtements professionnels
: Bragard, Clément
Piano utilisé
: Molteni
Arts de la table
: Bernardaud
Secteurs d'investissement dans les 6
prochains mois ?
Matériel de cuisine, mobilier de salle, caféterie, décoration |
Complément d'article
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Les
carottes nouvelles confites en cocotte, caramel au pain d'épices
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L'Hôtellerie Restauration n° 3027 Magazine 3 mai 2007 Copyright © - REPRODUCTION
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