Alors que les Assises
nationales du tourisme viennent d'avoir lieu, il faut souligner - une fois n'est
pas coutume - l'unanimité affichée par les organisations professionnelles
de l'hôtellerie-restauration dans le dossier de la réforme des normes
hôtelières, dont la dernière version date de… 1986.
Comme l'indique dans une interview qu'il a accordée à
L'Hôtellerie Restauration,
Jean-François Girault, président de la commission chargée de
formuler des propositions aux pouvoirs publics, le document qui vient d'être
rédigé a pour but essentiel de rendre plus attractive l'offre française
d'hébergement en introduisant des critères qualitatifs d'homologation,
ainsi qu'un contrôle plus régulier des établissements.
Certes, il ne s'agissait pas de faire la révolution, et le
remplacement de la catégorie '4 étoiles luxe' - une bizarrerie comme seule
l'administration française est capable d'en produire - par la catégorie
'5 étoiles' ne bouleversera pas davantage le monde de l'hôtellerie que
la disparition du 'zéro étoile', autre curiosité typiquement
hexagonale.
On n'a pas évité quelques subtilités bureaucratiques
qui promettent de joyeuses controverses en proposant pas moins de 50 critères
de qualité, dont certains sont obligatoires et d'autres optionnels ! Le professionnel
aura intérêt à bien déterminer les atouts de son établissement
avant de finaliser son dossier.
Mais l'essentiel est bien d'aboutir à une homologation
rénovée qui tient compte des évolutions d'exigence du client,
des normes de confort qui étaient inconnues il y a quelque vingt-deux ans comme
de l'invasion technologique des moyens de communication et de commercialisation.
Sur tous ces points, il faut le souligner, les organisations professionnelles
ont su parvenir à un accord qui n'était pas acquis d'avance, car il
est évident que les préoccupations de l'Ibis d'un aéroport ne sont
pas forcément celles d'une auberge de montagne.
Si certains critères s'appliquent bien évidement à
tous les hôtels, en matière de confort sanitaire, d'accessibilité,
d'isolation phonique ou de moyens de communication, il a fallu tenir compte également
des particularismes qui caractérisent une activité de plus en plus segmentée.
Mais comme rien n'est parfait, il faut espérer que la mise en œuvre des propositions
formulées au terme d'un travail concerté de qualité tiendra compte
des indispensables ajustements à définir en matière de contrôles,
de critères d'attribution du classement postulé,
et de garanties d'objectivité
de la part de l'autorité chargée de délivrer le précieux panonceau.
Car il en va surtout de l'avenir de l'hôtellerie indépendante, et
plus particulièrement de celle dont l'identification par le client n'est pas
spontanée. Tout le monde voit à peu près ce qu'est un Novotel
ou un Relais & Châteaux, mais pour l'Auberge du Vallon à Salles-la-Source,
c'est plus dur…C'est pourquoi il est important que les organisations professionnelles
gardent la maîtrise d'un dossier où l'interventionnisme étatique
a été, à ce jour, un facteur d'immobilisme qui a surtout handicapé
les plus isolés.
zzz80
L. H.