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MICRO-TROTTOIR
Ressentez-vous des difficultés à
vous approvisionner en poissons ? Êtes-vous inquiets ?
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Maïté Garcia et Daniel Gallacher - Philippe Chez Dubern -
Bordeaux
(33)
"Nous sommes très inquiets"
"Le restaurant est surtout réputé
pour son poisson. Nous avons donc pris les devants dès que les premiers problèmes
ont éclaté en appelant nos fournisseurs afin de nous assurer de leurs
approvisionnements. Mais le 27 mai, l'un d'eux nous a annoncé qu'il fermait
à la criée d'Arcachon jusqu'à ce que les mouvements de grève
se terminent. Fort heureusement, Metro nous assure encore l'approvisionnement".
B. D. zzz22v |
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Jacques Le Divellec - Restaurant Le Divellec -
Paris
(75007)
"Profiter de la diversité des espèces"
"Juste autour de l'Hexagone, il y a 300 espèces
comestibles - nous n'en mangeons qu'une vingtaine. De la piballe à la
baleine, il y a tout un monde à découvrir. Lieu jaune, maigre, chiens
et veaux de mer, c'est aussi bon que les meilleurs poissons, mais les gens ne les
achètent pas. J'ai écrit 15 livres pour promouvoir des recettes. Et dans
les restaurants, ce n'est pas facile, il n'y a plus de poissonniers comme dans le
temps, ou de moins en moins de cuisiniers qui savent travailler le produit (…). Je m'approvisionne grâce aux petits bateaux de pêche qui continuent
de sortir parce qu'ils n'ont pas les mêmes dépenses en gazole. Je
crois que cette petite pêche a encore de l'avenir. Les poissons d'élevage
? J'en mets parfois à ma carte. On trouve désormais des poissons de
bonne qualité. Tout dépend de la manière dont ils sont nourris. Mais
pensons qu'il faut 3 kg de poissons sauvages pour produire 1 kg de poisson d'élevage…"
P. F. |
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Gwenaël Lavigne - ô Saveurs - Saint-Brieuc
(22)
"La clientèle est compréhensive"
"Je viens d'avoir mon mareyeur au téléphone
qui a pris ma commande, mais sans aucune garantie… On touche le lieu jaune
en moyenne à 9 E, et là il était à 12 E ! Vendredi
soir et samedi soir, nous avons été à court de bar de ligne. Mais la clientèle se montre compréhensive
; on lui explique. D'ailleurs, pour les déjeuners d'affaires le midi, nous
allons proposer davantage de viande. Auparavant, nous étions à
50/50 poisson/ viande, désormais nous allons aller vers du 20/80."
O. M. |
Complément d'article
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Thierry Seychelles
- Le Roscanvec
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Vannes (56)
“Le coût des poissons s’en ressent”
“On a beaucoup moins de poissons, surtout chez les plus grosses
structures qui s’approvisionnent au Croizic. Les pêcheurs indépendants
résistent pour l’instant, et obligatoirement, le coût s’en ressent. On
touche des maquereaux à 10 E le kilo et des soles à 24 ou 25 E ! Je ne
me pose pas la question de savoir comment cela va évoluer, mais une
chose est sûre, sans les indépendants, on ne pourrait pas proposer de
poisson. Et je remarque également que de plus en plus de restaurateurs
se portent sur l’élevage…”
O. M. |
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M. Martinez - Restaurant
Chez Moss - Lyon (IIe)
“Le blocage ne nous bloque pas”
“On commence à connaître
quelques difficultés en approvisionnement de fruits de mer, de bulots,
de langoustines, mais ce n’est pas encore énorme. Nous ne sommes pas
trop inquiets pour le moment. Pour le poisson, ça va, puisque nous
travaillons sur différentes provenances, océans, mers. Le blocage ne
nous touche donc pas.”
S. D. |
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Fabrice
Bonnot - Cuisines et Dépendances Acte I - Lyon (IIe)
“Pour l’instant, ça va”
Pour l’instant, ça va, mais on se pose des questions. Notre livraison
est journalière et se fait sans intermédiaires, ni par Rungis, ni avec
les Halles de Lyon. Nous commençons à manquer de cabillaud, mais il y a
de la pêche. Si la situation de blocage se prolonge, ça risque de
devenir critique, mais elle a l’air de s’arranger.”
S. D. |
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Alexandre Couillon - La Marine et La
Table d’Élise - Noirmoutier (85)
“On est vite pris à la gorge”
“Oui, nous sommes très inquiets pour l’avenir, car nous travaillons à 98
% avec du poisson. Jusqu’à présent on a réussi à sauver les meubles car
nous avons la criée à 50 m. Il y a toujours un peu d’arrivage, et La
Marine ne fait que 25 couverts. Mais si ça continue, on va vite être
embêtés. On change sans cesse la carte en fonction de l’arrivage.
L’aquaculture fournit toujours aussi, ce qui nous permet de rester dans
le poisson. Pour le bistrot, on a moins de possibilités car on fait le
double de couverts. Dès qu’il y a plus de volumes, on est obligés de
proposer un peu plus de viande. J’espère que ça va se décanter ; on est
vite pris à la gorge.
E. B. |
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L'Hôtellerie Restauration n° 3084 Hebdo 5 juin 2008 Copyright © - REPRODUCTION
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