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COMPTANT 22 000
ÉTABLISSEMENTS
AU BRÉSIL, LE MARCHÉ
HÔTELIER PREND SON ENVOL
Après
quelques années difficiles, l'hôtellerie brésilienne semble avoir
de beaux jours devant elle. Les principaux groupes cherchent à investir sur
ce marché considéré comme un tremplin pour l'Amérique du Sud.

La plage
d'Ipanema, à Rio de Janeiro. |
Rio
et ses plages paradisiaques, Iguaçu et ses chutes classées parmi les
trois plus importantes au monde, l'exubérante Amazonie, le carnaval frénétique…
Toutes ces cartes postales font rêver et attirent les visiteurs dans l'un
des 22 000 établissements hôteliers du pays. 5 millions d'étrangers
se sont rendus au Brésil en 2006 selon l'Organisation mondiale du tourisme
(OMT), générant 4,4 milliards de dollars de recettes. Le Brésil est
ainsi le pays d'Amérique du Sud le plus touristique, devant l'Argentine (4,2 millions
d'étrangers), et occupe le 37e rang des pays les plus visités
au monde.
L'attraction qu'exerce le pays n'aura pas empêché
2006 d'être une année difficile pour l'hôtellerie. Le nombre de
visiteurs a marqué un recul de 6,3 % par rapport à 2005. "Après
une phase de croissance et de rattrapage en 2004, puis d'expansion en 2005, les
segments hôteliers et touristiques ont été affectés indirectement,
en 2006, par l'absence d'investissements en infrastructures, le déclin de la
compagnie qui était le principal opérateur aérien brésilien
(Varig) et le début de la crise aérienne, indique John Auton,
du cabinet d'audit Deloitte. De plus, le dollar dévalorisé a éloigné
les touristes étrangers, qui ont cherché des destinations moins chères
pour leurs vacances." Selon Roland de Bonadona, directeur général
d'Accor Hospitality pour l'Amérique du Sud, "le secteur hôtelier connaît,
depuis 2005, un rattrapage des prix et des taux d'occupation. Mais São Paulo
continue à pratiquer les prix hôteliers les plus bas parmi les dix
principales capitales d'Amérique latine. Avec le développement des affaires
en général, l'hôtellerie urbaine est une priorité. Le segment
économique se développe très bien et le moyen de gamme commence son
rattrapage. La catégorie haut de gamme connaît encore quelques fragilités
et les resorts inspirent de l'inquiétude : la chute du dollar, la compétition
avec les croisières et la crise aérienne ont un impact direct dans ce
secteur."
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Au Brésil, Accor Hospitality s'affiche
comme le leader dans les segments du tourisme d'affaires et de loisirs. |
117 projets hôteliers
en cours
L'expansion de l'économie
brésilienne réussit au tourisme d'affaires, et le potentiel de développement
est important. "Le Brésil est la onzième économie mondiale. C'est
le troisième pays par sa taille et sa population en Amérique, et le cinquième au niveau mondial, rappelle-t-on au cabinet
Deloitte. Les investissements étrangers devraient s'élever à
3 milliards de dollars d'ici à fin 2008. Parmi les principaux investisseurs,
figure le groupe Pestana qui a huit hôtels au Brésil et qui prévoit
d'investir environ 115 millions de dollars dans un resort dans le nord-est du pays,
à Porto de Galinhas. Au Brésil, il y a 117 projets hôteliers d'importance
en cours, dont 47 dans le nord-est et 39 dans le sud-est." Le secteur hôtelier
prend ses marques, même si les difficultés ne manquent pas : "des
impôts lourds, des infrastructures très pauvres (notamment routières),
une bureaucratie excessive et un manque de sécurité", énumère
le cabinet Deloitte.
Un
marché convoité
Implanté depuis trente
et un ans au Brésil, Accor Hospitality s'affiche comme le leader dans les segments
du tourisme d'affaires et de loisir. Ce sont au total 8 000 collaborateurs, 134 hôtels
(le quatrième parc hôtelier du groupe, derrière la France, les États-Unis
et l'Allemagne) et plus de 23 000 appartements sous les enseignes Sofitel, Novotel,
Mercure, Ibis et Formule 1. Ce pays bénéficiera d'investissements supérieurs
à 500 millions de dollars d'ici à 2012, et mettra l'accent sur les
franchises, considérées comme "stratégiques pour le développement
d'Accor Hospitality". "27 % des hôtels Accor dans le monde sont franchisés,
souligne Roland de Bonadona. Aujourd'hui, l'entreprise a 9 hôtels franchisés
en fonctionnement au Brésil : 5 de la marque Ibis, 2 Mercure et 2 Novotel.
L'objectif est d'augmenter le nombre d'hôtels en fonctionnement par le moyen
des franchises dans les prochaines années. Nous sommes d'ailleurs en train
d'étudier près de 100 villes brésiliennes ayant un potentiel pour
l'ouverture d'unités franchisées."
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À l'instar d'Accor Hospitality,
nombre de groupes hôteliers considèrent le Brésil comme un marché
attractif et un tremplin pour l'Amérique du Sud. Disposant actuellement de
16 adresses, InterContinental Hotels Group a annoncé la construction de 4 nouveaux
établissements Holiday Inn et Holiday Inn Express d'ici à la fin 2008,
à Manaus, Natal, Foz do Iguaçu et Aparecida do Norte. "Le développement
économique continu de ce pays alimente les secteurs des affaires et du tourisme,
ce qui offre une place énorme pour la croissance de toutes nos marques",
estime Alvaro Diago, président d'IHG en Amérique latine. Le groupe Hilton
Hotels s'est, pour l'instant, positionné sur le marché 'corporate' en
implantant 2 établissements dans les villes de Belém et São Paulo,
et le vice-président Hilton pour l'Amérique latine, Tom Potter,
prévoit que "l'introduction de Doubletree, Embassy Suites, Hilton Garden
Inn et Hampton Inn, remportera un grand succès sur les différents marchés
à travers le pays." Douglas M. Smith, managing director de Wyndham
International Hotel Group, décrit quant à lui le Brésil comme un
"marché crucial" dans un avenir proche, dans le cadre du plan de développement
spécifique du groupe en Amérique latine : "Nous envisageons un mélange
de propriétés 'upper midscale' et 'upscale' dans les marchés clés
des affaires et des loisirs."
Il faut dire que l'Embratur (Institut brésilien de tourisme) fait son maximum
pour inspirer confiance. Depuis 2005, l'Institut promeut activement la
destination brésilienne au travers de son plan Aquarela. L'ambition est
d'atteindre les 7,9 millions de visiteurs étrangers d'ici à 2010 et de rejoindre
le top 20 des pays récepteurs.
Violaine
Brissart
zzz99
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Une troisième adresse pour Orient-Express
Hotels Ltd
 
Le
légendaire Copacabana Palace, à Rio de Janeiro, propose 222 chambres
et suites, fait partie du groupe Orient-Express Hotels Ltd depuis 1989.Orient-Express
Hotels Ltd a fait ses premiers pas au Brésil en 1989, avec le rachat du célèbre
Copacabana Palace à Rio. Après une quinzaine d'années sans nouveautés,
2007 a été marqué par deux annonces. "Notre développement
à l'échelle mondiale repose sur une stratégie d'opportunités.
Nous nous déployons uniquement si un hôtel ou un terrain exceptionnel
est à vendre", explique Yann Guezennec, directeur commercial et
marketing France. En juin, le groupe de luxe a signé un contrat pour l'acquisition
d'un terrain de 185 000 m2 en bord de mer dans le Saint-Tropez local :
Buzios, à 180 km au nord de Rio. Après vingt mois de travaux s'élèveront
un hôtel de 40 chambres et 17 villas privées, d'une superficie allant
de 200 à 400 m2. En octobre, le groupe a également signé
sa troisième adresse brésilienne en acquérant l'Hotel das Cataratas,
seul établissement situé dans le parc national d'Iguaçu (classé
au patrimoine mondial de l'Unesco). Construit dans le style colonial portugais,
le bâtiment compte 200 chambres dont la plupart ont vue sur les chutes. "Nous
cherchons à travailler les destinations de façon complète, intégrée,
en étant présent sur les principaux axes touristiques de cette région",
souligne Yann Guezennec.
Qui
visite le Brésil ?
En 2006, le Brésil a principalement accueilli les visiteurs
issus des dix pays suivants : l'Argentine (921 061), les États-Unis (721 633),
le Portugal (312 521), l'Italie (291 898), l'Uruguay (290 240), l'Allemagne (277 182),
la France (275 913), l'Espagne (211 741), le Paraguay (198 958) et le Royaume-Uni
(169 627). Depuis 2003, les Français occupent le 7e rang. Leur
nombre est allé crescendo entre 2005 et 2006, marquant une hausse de 4,58 %.
"Depuis l'année du Brésil en France (en 2005, NDLR), les Français
ont été sensibilisés à ce pays et ne le réduisent plus
à Rio seulement", observe Yann Guezennec, directeur commercial
et marketing France d'Orient-Express Hotels Ltd. Selon l'Embratur (Institut brésilien
de tourisme), 42,4 % des Français vont au Brésil pour leurs loisirs,
29,7 % pour participer à des événements, des conventions ou d'autres
voyages d'affaires, et 25,6 % pour rendre visite à des connaissances.
Un
Mercure au milieu des vignes brésiliennes

La
Villa Europa, ouverte en septembre, aura nécessité un investissement de
près de 13 millions d'euros. |
Fin
septembre, le réseau Mercure a inauguré une nouvelle adresse dans le sud
du Brésil : la Villa Europa. L'hôtel franchisé, qui aura nécessité
un investissement de près de 13 millions d'euros, s'élève dans le
Vale dos Vinhedos, région viticole la plus visitée du pays. Outre un spa
de vinothérapie Caudalie, l'établissement devrait bientôt proposer
des cours de gastronomie et de dégustation à ses clients.
La décoration des 104 appartements et 24 suites fait écho
à l'histoire de la région et aux immigrants italiens qui, dès le
XIXe siècle, s'installèrent dans la vallée et y cultivèrent
des pieds de vigne. Le mobilier d'époque côtoie des pièces inspirées
de l'ébénisterie d'antan.
Concernant la gastronomie, les influences oscillent entre l'Italie
(Trattoria Damigiàna) et la France : le chef Philippe Remondeau a
signé le menu du restaurant Leopoldina, et Fabrice Le Nud les pâtisseries
des brunchs.
Le complexe aura suscité un fort engouement : 3 500 CV ont
été reçus pour les 100 postes proposés, "un chiffre record
dans les hôtels nationaux", assure Accor Hospitality.
Implanté au Brésil depuis 1998, le réseau Mercure
compte aujourd'hui 68 établissements présents dans 32 villes.
Rio 180° vise le haut de gamme
Récemment ouvert à Rio de Janeiro,
le Rio 180° tire son nom de sa vue panoramique englobant la baie, le Pain-de-Sucre
et le Christ Rédempteur. "C'est tout d'abord un hommage à Rio. Pour
l'aménagement des huit chambres et de l'ensemble des espaces communs, nous
avons laissé une totale liberté à 23 architectes et designers autour
d'un seul thème, Rio, décliné autour de ses quartiers (Ipanema, Copacabana…)
ou de sa culture", explique le directeur général, Saïd Mimouni.
Cet établissement de luxe (entre 250 et 340 euros la chambre) s'est inspiré
des palaces pour son programme My Suite : les clients remplissent un formulaire
avant leur séjour et choisissent les fruits qu'ils auront au petit-déjeuner,
le parfum de leurs savons, leur type d'oreillers… Le Rio 180° propose
des services personnalisés à ses clients, notamment en mettant à
leur disposition un majordome qui peut les accompagner dans leurs déplacements
et à la découverte de la ville. "Le luxe en général, et
les petits hôtels de charme design en particulier, représentent un marché
en train d'exploser au Brésil", remarque Saïd Mimouni, ancien consultant
en management dans l'hôtellerie de luxe.
Néanmoins, il n'est pas facile pour un Français de
créer une telle structure. "Les procédures administratives sont lourdes.
Concernant les ressources humaines, on rencontre des difficultés pour trouver
du personnel opérationnel parlant plusieurs langues. Il est aussi dur de trouver
des fournisseurs efficaces et disponibles. Mieux vaut, pour faire le bon choix,
suivre les recommandations d'autres professionnels, résume le directeur général.
Il faut vraiment bien préparer son projet et s'adapter au maximum. La culture
d'affaires et le management des salariés sont très différents de
la France. Au Brésil, pour des raisons historiques comme par exemple les périodes
de forte inflation d'avant le Plan real, la vision est toujours le court terme,
ce qui n'est pas toujours facile à gérer pour nous."
Le Blé Noir persiste et signe

Alain Caro. |
Le Breton Alain Caro a ouvert une crêperie,
Le Blé noir, à Rio. Expatrié au Brésil en 1997, cet agent
EDF demande un congé 'création d'entreprise', ce qui lui permet de lancer
son activité et d'avoir pendant cinq ans la possibilité de revenir chez
EDF. Son affaire tourne, il démissionne de l'entreprise en 2005 et prévoit
d'ouvrir une seconde adresse.
L'Hôtellerie Restauration : Vos débuts
dans la restauration ont-ils été difficiles ?
Alain Caro
:
Oui, plutôt. En 1999, j'ai monté une crêperie dans un village à
l'est de Bahia. Cette première expérience a duré huit mois, car les
touristes ne venaient que deux ou trois mois par an. Le reste du temps, c'était
morne plaine. Puis je me suis installé à Rio, dans le quartier de Copacabana,
en 2000. Pendant six mois, c'est resté vide. Personne ne connaissait les crêpes
au blé noir, et le cidre avait mauvaise réputation… Puis le bouche
à oreille et des reportages ont commencé à faire leur effet.
Et aujourd'hui ?
J'emploie neuf personnes. La salle de 30 couverts est trop
petite, et on va déménager d'ici peu pour accueillir 50 couverts. Avec
mon associé, on va aussi ouvrir une autre crêperie à São
Paulo en 2008.
Quelle est votre clientèle ?
On vise les Brésiliens avec un certain pouvoir d'achat. Nos
prix sont élevés par rapport au revenu moyen, car la plupart de nos produits
sont importés : les crêpes salées sont proposées entre 7 et
18 euros, et les sucrées entre 2 et 10 euros.
Quels conseils donneriez-vous à un Français qui
compte s'installer au Brésil ?
Il faut s'installer dans une grande ville et bien choisir son
quartier en fonction de la clientèle visée. Contrairement à ce
qu'on pourrait penser, un certain capital est nécessaire pour s'installer.
Dans un quartier chic comme Ipanema ou Leblon, le pas de porte pour un local de
60 m2 s'élève à 150 000 euros. Il faut aussi savoir
qu'un Français ne peut pas ouvrir un commerce tout seul. Il doit s'associer
à un Brésilien, épouser une Brésilienne ou investir un certain
montant. Il faut aussi être très patient. Par exemple, ici, les virements
existent très peu. Alors il faut être prêt à perdre deux
heures par jour à la banque pour payer ses factures… |
Pour retrouver d'autres conseils et
reportages sur le Brésil :
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L'Hôtellerie Restauration n° 3063 Hebdo 10 janvier 2008 Copyright © - REPRODUCTION
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