| No
smoking Impossible
d'ouvrir une gazette, de regarder un journal télévisé, de rencontrer
une connaissance sans aborder une douloureuse question pourtant résolue : on
ne fume plus dans tous les lieux publics, donc dans les établissements, depuis
le 1er janvier.
Et impossible de jouer la surprise : le décret que vous
avez tous en tête date d'un an, et l'information sur les conditions de
mise en œuvre de l'interdiction de fumer
a été largement relayée. D'ailleurs, votre hebdomadaire
préféré n'a pas ménagé sa peine pour vous expliquer en
détail le dispositif applicable dorénavant, et, faut-il le souligner,
définitivement.
En effet, dans notre beau pays qui se pique parfois de donner
à l'humanité entière de sages conseils, le respect de la loi
n'est pas un réflexe spontané. Or, l'interdiction
du tabac s'inscrit dans une politique très stricte de santé publique,
comme a cru bon de le rappeler Roselyne Bachelot, lundi dernier, en choisissant
pour déjeuner un restaurant de Montparnasse non-fumeurs depuis plus d'un an,
et qui ne s'en porte pas plus mal.
Car cette mesure doit être envisagée sous un angle
positif, d'autant que les professionnels n'ont pas le choix, à moins d'encourir
de coûteuses amendes (si vous laissez un cendrier sur une table ou un comptoir,
c'est 750 E !), et surtout d'entacher la réputation de leur établissement,
les sondages ayant démontré qu'une forte majorité de Français
- plus de 75 %, y compris chez les fumeurs - est favorable à cette
interdiction. Et puis, pour les exploitants et leurs salariés, tout a déjà
été dit, mais il vaut sans doute mieux le répéter une fois encore,
ils ne peuvent qu'en retirer le plus grand bénéfice pour leurs voies
respiratoires, la qualité de l'air de leur lieu de travail, le confort de leur
clientèle. Sans oublier, et c'est loin d'être un détail, la facilité
d'entretien de locaux trop souvent pollués et dégradés par la nicotine
qui n'est vraiment pas une substance amicale pour les fils électriques,
les revêtements muraux et les éléments de décoration, de plus
en plus essentiels pour fidéliser une clientèle sensible à 'l'atmosphère'.
Alors, on va éprouver de la nostalgie en regrettant le bon
vieux temps, Lauren Baccal séduisant Humphrey Bogart en allumant une blonde
dans Le Port de l'Angoisse, Alfred Hitchcock tirant sur son havane devant
toutes les caméras d'Hollywood, sans oublier nos hommes politiques accros
à la gauloise ou à la gitane, ni nos écrivains adeptes de
l'herbe à Nicot.
Mais même si les Malraux et les Camus de demain sont privés
de clopes, cela n'enlèvera rien à leur talent. En revanche, en
offrant à vos clients et à vos salariés un air 'smoke free',
pardon pour cet anglicisme, vous contribuez, soyez-en persuadés, à
une nouvelle convivialité qui, à terme, ne peut qu'être bénéfique
à la profession. zzz80
L.
H.
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