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UN DISPOSITIF TRÈS COMPLEXE
Exonération de charges et d'impôt
sur les heures supplémentaires
Depuis le 1er octobre 2007, les
employeurs peuvent bénéficier d'une déduction forfaitaire de cotisations
sur les charges patronales dues au titre des heures supplémentaires. Les salariés
seront, quant à eux, exonérés d'impôt sur le revenu et bénéficieront
aussi d'un allégement de cotisations salariales sur le paiement de ces heures,
ainsi que pour les heures complémentaires dans le cadre d'un temps partiel.
Explications.
L'article
1er de la loi n° 2007-1223 du 21 août 2007 en faveur du travail,
de l'emploi et du pouvoir d'achat, appelé aussi loi Tepa, instaure des dispositions
fiscales et sociales afin de favoriser l'accomplissement d'heures supplémentaires
pour les salariés à temps plein, ou complémentaires, pour les salariés
à temps partiel. Un décret en date du 24 septembre 2007 vient préciser
le montant des déductions forfaitaires de cotisations sociales, et définit
les nouvelles règles de calcul des deux réductions Fillon qui prennent
en compte ce nouveau dispositif. Une circulaire de la direction de la Sécurité
sociale, en date du 1er octobre 2007, apporte les précisions nécessaires
à la mise en oeuvre de cette nouvelle réglementation pour le régime
général. Les principales organisations patronales de la profession ainsi
que les syndicats de salariés ont demandé au ministère une circulaire
d'explication spécifique aux CHR. En attendant sa publication, c'est sur la
base des textes énoncés plus haut que vous devez mettre en oeuvre ce dispositif.
Applicable depuis le 1er
octobre 2007
Le paiement des heures supplémentaires
ou complémentaires sera exonéré d'impôt sur le revenu, et donnera
droit à des allégements de cotisations sociales sous certaines conditions.
La profession continue à
majorer les heures à 10 et 20 %
Les petites entreprises
de moins de 20 salariés bénéficiaient jusqu'au 31 décembre 2008
d'un régime dérogatoire, qui leur permettait de payer les 4 premières
heures supplémentaires avec une majoration de 10 %. Depuis le 1er
octobre, la loi Tepa a abrogé ce régime dérogatoire, qui doit désormais
appliquer des taux de majoration de 25 et 50 %. Mais ne remet nullement en cause les taux de majoration prévus par
l'accord du 5 février 2007.
En effet, le paragraphe II de l'article 1 de cette
loi Tepa prévoit clairement que cette exonération s'applique aux taux
prévus par la convention collective - ou l'accord professionnel - applicable.
Et que c'est à défaut d'un tel accord ou d'une convention que la majoration
des heures supplémentaires doit se voir appliquer les taux de 25 ou 50 %.
Donc, pour la profession et en conformité
avec les dispositions prévues par l'avenant n° 2 du 5 février 2007
à la convention collective des CHR du 30 avril 1997, les taux de majoration
des heures supplémentaires sont fixés à 10 % pour les 4 premières,
puis 20 % pour les 4 suivantes et 50 % au-delà.
Les heures supplémentaires
concernées
Sont concernés par
cette réforme les salaires versés aux salariés au titre des heures
supplémentaires de travail, c'est-à-dire les heures effectuées
au-delà de la durée légale hebdomadaire du travail fixée à
35 heures par semaine.
La durée conventionnelle
de travail de la profession est de 39 heures hebdomadaires, soit 169 heures par
mois, et inclut la réalisation de 4 heures par semaine. Dans la mesure où
cet horaire conventionnel est de 39 heures, l'entreprise peut mensualiser les heures
supplémentaires de 36 à 39 heures, ce qui correspond à 17,33
heures par mois (soit 4 heures supplémentaires par semaine multipliées
par 52 semaines, divisées par 12 mois, ce qui donne 17,33 heures mensualisées).
La circulaire de la Direction de la
Sécurité sociale (DSS) rappelle que seules les heures supplémentaires
réellement effectuées font l'objet d'une exonération.
Ce qui signifie que, pendant les périodes
de congé ou d'absence, durant lesquelles le contrat de travail
est suspendu, aucune heure supplémentaire ne peut faire l'objet d'une exonération.
Toutefois, à titre dérogatoire, dans
les entreprises qui appliquent la mensualisation, les exonérations pourront
être calculées sur la base de la rémunération des 'heures supplémentaires
mensualisées' (soit 17,33 heures pour une entreprise dont la durée collective
est de 39 heures par semaine). Dans ce cas, cette rémunération sera corrigée
en fonction du nombre de jours d'absence sur l'année.
Dans le cadre d'aménagement
de la durée du travail
Sont aussi visées,
les heures supplémentaires considérées comme telles dans le cadre
des différentes formes d'aménagement du temps de travail.
Les heures accomplies
au-delà de 1 607 heures par an dans le cadre de forfait en heures sur
l'année, ou à raison des jours de travail, qui correspondent à
la renonciation à des jours de repos au-delà de la limite annuelle
de 218 jours dans le cadre de forfait annuel en jours.
RTT sous forme de repos :
dans le cadre de la réduction du temps de travail, par l'octroi de jours RTT
sur une période de 4 semaines ou sur l'année, seront exonérés
d'impôt sur le revenu les salaires versés au titre des heures supplémentaires
effectuées chaque semaine au-delà de 39 heures et payées immédiatement,
ainsi que celles effectuées entre 35 et 39 heures, et payées à
l'occasion de la régularisation de fin de période.
Les heures complémentaires
Bénéficieront
aussi d'une partie de ce régime les heures complémentaires effectuées
par un salarié à temps partiel. Il s'agit des heures travaillées
au-delà de la durée fixée par le contrat de travail. En sachant
que ces heures sont limitées
à 10 % de la durée prévue dans le contrat et donne lieu à
une majoration de 5 %. Cependant, l'accord du 5 février 2007 permet à
la profession de demander aux salariés à temps partiel d'augmenter le
nombre de ces heures jusqu'à 1/3 de la durée initiale du contrat, mais
dans ce cas, les heures travaillées au-delà du dixième de la durée
initiale donnent lieu à une majoration de 25 %.
Réduction de cotisations
salariales
Les heures
supplémentaires ou complémentaires effectuées ouvrent droit à une réduction de
cotisations salariales de Sécurité sociale proportionnelle à la rémunération
brute du salarié, dans la limite des cotisations
et contributions d'origine légale ou conventionnelle rendues obligatoires par
la loi, dont le salarié est redevable au titre de ces heures.
Le taux de la réduction
est égal au rapport entre la somme des cotisations et contributions mises à
la charge du salarié au cours du mois où est effectué le paiement
de la durée supplémentaire travaillée, et la rémunération
totale du même mois. Le taux maximum de cette réduction est fixé
à 21,50 %.
Les cotisations salariales concernées
sont : CSG et CRDS, cotisation d'assurance maladie, maternité, invalidité,
décès, la cotisation d'assurance vieillesse plafonnée, cotisation
chômage, et cotisation retraite complémentaire. La circulaire de la DSS
précise que sont visées les cotisations qui résultent d'une obligation
légale et qui sont à la charge du salarié.
Ce qui permettra à un employé
payé en dessous du plafond de la Sécurité sociale (2 682 E par mois)
de bénéficier d'une exonération quasi totale des charges salariales
sur le paiement des heures supplémentaires ou complémentaires.
/font> Déduction forfaitaire
de cotisations pour l'employeur
Cette déduction forfaitaire
de cotisations patronales concerne uniquement les heures supplémentaires. En
effet, les heures complémentaires ne sont pas concernées, afin de ne pas
encourager l'employeur à utiliser davantage de temps partiels.
Le montant de déduction
forfaitaire est égal à 0,50 E par heure supplémentaire. Dans les
entreprises employant au plus 20 salariés, ce montant est porté à
1,50 E. Il s'applique également, jusqu'au 31 décembre 2008, aux entreprises
qui n'occupaient pas plus de 20 salariés
au 31 mars 2005, mais qui ont franchi ce seuil depuis cette date ou qui viendront
à le franchir avant le 31 décembre 2008.
Cette déduction forfaitaire de cotisations
patronales s'impute sur les sommes dues par l'employeur aux Urssaf, pour chaque
salarié concerné, au titre de l'ensemble de la rémunération
versée à l'intéressé au moment du paiement des heures supplémentaires,
sans pouvoir dépasser ce montant, soit : les cotisations patronales de Sécurité
sociale et les contributions recouvrées selon les mêmes règles (Fnal,
versement de transport et CSA). Cette déduction forfaitaire peut être
cumulée avec d'autres mesures d'exonération de cotisations patronales
de Sécurité sociale. Elle s'applique alors après application de ces
autres exonérations.
Nouvelles formules de calcul
de la réduction Fillon
Les nouvelles modalités
de calcul de la réduction générale de cotisations patronales de Sécurité
sociale répondent à 2 objectifs. D'une part, neutraliser l'impact des
heures supplémentaires ou complémentaires sur le calcul du montant de
la réduction générale, et d'autre part, simplifier les modalités
d'application de la réduction générale, désormais calculée
par référence à la rémunération mensuelle brute versée
au salarié, donnée figurant sur chaque bulletin de salaire, et parfaitement
compréhensible pour l'ensemble des employeurs.
Pour le calcul de ce coefficient,
il n'est plus fait référence au salaire horaire du salarié mais à
sa rémunération mensuelle, hors heures supplémentaires et complémentaires,
et à la valeur du Smic pour 151,67 heures mensuelles (35 heures x 52 semaines
/ 12 mois, soit 151,67 E après arrondis) sur la base de la durée légale
du travail (35 heures hebdomadaires). Disparaît ainsi la notion d'heure rémunérée
qui servait précédemment à la détermination du salaire horaire.
Ce nouveau mode de calcul a pour conséquence
de modifier le montant de la réduction lorsqu'une heure ne correspondant pas
à du travail effectif est rémunérée (temps de pause, de repas,
d'habillage ou de déshabillage, d'astreinte…) ou qu'une compensation
financière est accordée en contrepartie d'un temps de repos non pris (indemnité
compensatrice de congés payés, indemnité de repos compensateur…).
En revanche, contrairement à
la situation antérieure, l'accomplissement par un salarié d'heures supplémentaires ou complémentaires n'entraîne
plus de diminution du montant de la réduction.
Du fait de l'exclusion du surcroît de
rémunération afférent à ces heures de la rémunération mensuelle prise en compte
pour le calcul du coefficient, le taux d'exonération de la réduction générale
est désormais identique, que le salarié travaille à temps plein ou à temps
partiel, et qu'il accomplisse ou non des heures supplémentaires ou
complémentaires.
Pascale Carbillet
| Heures supplémentaires : mode d'emploi
Afin de pouvoir bénéficier du
nouveau régime fiscal et social sur les heures supplémentaires, il convient
de rappeler le mode d'emploi des heures supplémentaires ainsi que le nombre
d'heures qui peuvent être demandées aux salariés.
L'avenant n° 2 sur le temps de travail, en date du 5
février 2007, permet à la profession de continuer de travailler sur
la base de 39 heures, mais en contrepartie, les entreprises doivent payer une majoration
sur les heures effectuées à partir de la 36e.
Définition des heures supplémentaires
L'article 5 de l'avenant n° 2 du 5
février 2007 à la convention collective des CHR du 30 avril 1997 rappelle
que sont considérées comme des heures supplémentaires, toutes les
heures de travail effectuées par un salarié, à la demande de l'employeur,
au-delà de la durée hebdomadaire légale de travail, soit 35 heures
par semaine.
En fixant cette durée conventionnelle de travail à
39 heures pour la profession, cela implique plusieurs conséquences : les salariés
ne peuvent refuser de travailler sur cette base hebdomadaire, et par conséquent,
refuser d'accomplir ces 4 heures supplémentaires par semaine. De même,
un employeur qui souhaite réduire le temps de travail d'un salarié de
39 à 35 heures ne peut le faire sans l'accord de ce dernier.
Comment les apprécier ?
Les heures supplémentaires se calculent
dans le cadre de la semaine civile et non pas au mois. La semaine civile
débute le lundi à minuit et se termine le dimanche à minuit.
Ce qui signifie que l'on ne peut pas compenser les heures faites une semaine
par les heures en moins qui sont effectuées la semaine suivante, sauf, bien
sûr, si le temps de travail est aménagé selon certains dispositifs.
En effet, l'article 5 de l'avenant n° 2 du 5 février rappelle que les
heures supplémentaires ne se calculent pas dans le cadre de la semaine civile
en cas d'aménagement du temps de travail prévu par l'article 10. Ce qui
concerne la modulation, l'organisation sous forme de cycle ou l'aménagement
du temps de travail sous forme de journées ou de demi-journées de repos.
Taux de majoration des heures supplémentaires
Ces heures supplémentaires donnent
lieu à un paiement à un taux majoré déterminé selon
l'article 4 de l'avenant du 5 février 2007 ou à un repos compensateur
de remplacement.
Les heures effectuées entre la 36e et la 39e heure sont
majorées de 10 % ;
Les heures effectuées entre la 40e et la 43e heure sont
majorées de 20 % ;
Les heures effectuées à partir de la 44e heure sont majorées
de 50 %.
Les heures supplémentaires des salariés
au pourcentage service
L'accord prévoit que pour les salariés
au pourcentage service, il est établi de façon définitive que lorsque
l'on est rémunéré au pourcentage service, toutes les heures effectuées
sont réputées payées par la masse.
Par contre, la majoration des heures supplémentaires devra
être payée par l'entreprise et ne pourra pas être imputée
sur la masse. Autrement dit, l'entreprise devra payer les taux de majoration de
10, 20 ou 50 %.
Durées maximales de travail
Vous pouvez faire effectuer des heures supplémentaires
à un salarié à condition que son temps de présence au travail
ne soit pas supérieur aux durées suivantes :
Durée maximale journalière :
Personnel administratif hors site d'exploitation : 10 heures
Cuisinier : 11 heures
Autre personnel : 11 h 30
Personnel de réception : 12 heures
Durées maximales hebdomadaires
La durée maximale hebdomadaire sur
une période quelconque de 12 semaines consécutives est fixée à
46 heures.
La durée maximale hebdomadaire absolue est fixée à
48 heures.
Contingent d'heures supplémentaires
Le contingent d'heures supplémentaires,
excluant les heures supplémentaires compensées en temps, et utilisables
sans avoir recours à l'autorisation de l'inspection du travail, est fixé
à :
360 heures par an pour les établissements permanents ;
90 heures par trimestre civil pour les établissements saisonniers.
Ce contingent d'heures
supplémentaires a été fixé en prenant en compte le fait que les entreprises ont
déjà besoin de 4 heures supplémentaires par semaine pour pouvoir continuer à
travailler sur la base de 39 heures. En fixant ce contingent à 360 heures par
an, cela permet aux entreprises du secteur de pouvoir faire travailler leurs
salariés sur la base de 43 heures par semaine sans avoir besoin de demander
l'autorisation de l'inspection du travail. Mais à la condition, bien sûr, de
payer ces heures supplémentaires et de respecter les durées maximales de
travail.
P. C. zzz60r
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| Les deux formules
Les deux formules à appliquer à
compter du 1er octobre selon la taille de l'entreprise sont les suivantes
:
Entreprises de 1 à 19 salariés :
(0,281 : 0,6) x (1,6 x montant mensuel du Smic/rémunération
mensuelle brute hors heures supplémentaires et complémentaires - 1)
Entreprises de plus de 19 salariés :
(0,260 : 0,6) x (1,6 x montant mensuel du Smic/rémunération
mensuelle brute hors heures supplémentaires et complémentaires - 1).
zzz60r |
Voir l'article qui suit sur le sujet :
Exonération de charges et de cotisations sociales, tout sur la loi 'travail,
emploi, pouvoir d'achat' (n° 3056 du 22 novembre 2007)
Voir l'article qui précède sur le sujet :
Exonération de charges et d'impôt sur les heures supplémentaires,
publication du décret et de la circulaire (n° 3049 du 4 octobre 2007)
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L'Hôtellerie Restauration n° 3050 Hebdo 11 octobre 2007 Copyright © - REPRODUCTION
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