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À PLAN DE CAMPAGNE (13)
Front commun entre les patrons et
les salariés pour l'ouverture le dimanche
Du jamais vu ou presque. Patrons et salariés main dans la
main pour défendre la liberté de travailler le dimanche à Plan
de Campagne, dans les Bouches-du-Rhône. Le 15 février, ils ont défilé
ensemble habillés en noir dans les rues de Marseille. Les 60 cafés et
restaurants concernés ont créé un collectif piloté par Tony
Sessine.

Tony
Sessine, président du collectif de restaurateurs
de Plan de Campagne, et Sébastien Schwartz, président
du collectif de salariés Génération Plan. Ensemble, ils ont manifesté le 15 février pour défendre l'ouverture
le dimanche, sur la base du volontariat. |

La
zone représente aujourd'hui 400 enseignes, dont 380 ouvraient le dimanche,
6 000 salariés, 1 MdE de chiffre d'affaires. |
Tony
Sessine, président du collectif de restaurateurs de Plan de Campagne, patron
d'une grande chaîne de restauration, n'en revient pas : "C'est malheureux,
je ne pensais pas manifester pour demander la liberté de travailler." En
décembre 2006, le jeune patron, adhérent de la Fédération de
l'industrie hôtelière des Bouches-du-Rhône (FIH 13), décide
de faire entendre la voix de la soixantaine de cafés et restaurants de Plan,
et de ses 1 200 à 1 500 salariés. Il crée un collectif auquel tous
ses collègues ou presque adhère. "Nous, les professionnels de la restauration,
nous pouvons ouvrir tous les jours, mais si les autres commerces ferment le dimanche,
nous perdrons 20 à 30 % de notre chiffre d'affaires et serons contraints
de licencier." Il ajoute : "L'interdiction de travailler le dimanche remonte
à 1906. Il faut vivre avec son
temps. Je ne comprends pas pourquoi, alors qu'il y a tant de chômeurs et tant
de gens qui ont des difficultés à boucler leurs fins de mois, que l'on
soit prêt à mettre davantage de gens au chômage."
Fin du système en vigueur
depuis 40 ans
En cause, la CFDT et la
CGT et un collectif de commerçants 'En toute franchise', qui attaquent les
nouveaux arrêtés de dérogation au travail le dimanche signés
en catastrophe par le préfet pour 6 mois. Le 23 janvier en effet, le système
d'exception, en vigueur depuis 40 ans, a pris fin. Ce système a permis la réussite
de Plan de Campagne. La zone représente aujourd'hui 400 enseignes, dont 380
ouvraient le dimanche, 6 000 salariés, 1 MdE de chiffre d'affaires. Une fermeture
dominicale serait un véritable tsunami, selon une récente enquête
MKo. Elle entraînerait 1 000 suppressions d'emploi, dont 600 équivalents
temps plein, la fermeture de 40 enseignes. 62 % des clients interrogés viendraient
moins souvent, 38 % plus du tout. 96 % des commerçants estiment leur perte
de CA entre 20 et 40 % (28 % du CA est effectué le dimanche).
Les salariés se sont regroupés
en collectif 'Génération Plan', présidé par Sébastien Schwartz.
Il revendique 1 000 signatures. "Nous voulons la liberté du travail. 97
% des salariés veulent continuer à travailler le dimanche (N.D.L.R.
: le salaire est doublé ce jour). Les syndicats ne représentent que
3 % des salariés. Nous soutenons les patrons qui défendent la zone."
Jeudi 15, les rideaux ont été
tirés à Plan. 1 500 salariés et patrons ont défilé tout
de noir vêtu dans les rues de Marseille pour défendre leur zone.
Dominique
Fonsèque-Nathan
zzz74v
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L'Hôtellerie Restauration n° 3017 Hebdo 22 février 2007 Copyright © - REPRODUCTION
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